Communiqués de presse

Du conte de Ségur aux mauvais comptes du Ségur

CP Action Praticiens Hôpital du 11 janvier en réponse à la lettre du Ministre Olivier Véran adressée à tous les praticiens hospitaliers en date du 8 janvier 2021.

 

Le Ministre écrit « Dans le cadre du Ségur de la santé, un accord majoritaire a été signé avec trois organisations syndicales représentatives des praticiens hospitaliers le 13 juillet dernier permettant d'acter des mesures fortes, attendues de longue date, pour restaurer l'attractivité de l'hôpital public, et en particulier des carrières de praticiens hospitaliers. »

APH répond que les 2 organisations majoritaires chez les praticiens hospitaliers ont été exclues du dernier round des négociations. Avant cela nous avions indiqué notre vif désaccord sur l’absence de reprise d’ancienneté sur la nouvelle grille proposée avec une demande de 4 années de bonification pour tous les praticiens.

Cette mesure de bonification de l’ancienneté a un coût chiffré à 440 millions d’euros.

Pour rappel, la durée du temps de travail en France pour les salariés ayant des RTT est de 39 heures hebdomadaires. Le temps de travail des praticiens hospitaliers est fixé à 48 heures hebdomadaires, sans valorisation de son travail entre 39 et 48 heures. C’est à dire que chaque semaine travaillée la majorité des PH offre 9 heures de travail à l’État sans la moindre compensation. Cela représente 36 heures par mois et tous les 4 ans le PH « offre » une année de travail à l’État. APH pensait que cette bonification viendrait compenser la volonté du gouvernement de ne pas modifier les grilles de salaire en dehors de la fusion des 3 premiers échelons.

Le Ministre écrit « L'intégralité des praticiens hospitaliers qui a un exercice public exclusif voit sa rémunération augmentée, c'était mon attachement et mon engagement lors du Ségur. D'ores et déjà et depuis le 1er décembre 2020, l'indemnité d'engagement de service public exclusif (IESPE) a été revalorisée à 1010€ bruts par mois pour tous les praticiens hospitaliers éligibles... Le gouvernement a souhaité anticiper cette revalorisation, prévue initialement pour le mois de mars.»

APH fait remarquer une vraie-fausse revalorisation de L’IESPE qui a été revue à la baisse pour tous les praticiens de plus de 15 ans d’ancienneté de septembre à décembre avec 700 euros au lieu des 704,20 euros bruts. 4,20 euros économisés par PH sur 3 mois c’est 900 000 euros de gain pour l’État. Heureusement que le Père Ségur nous a apporté la prime à 1010 euros dès le mois de décembre… Et pour rappel, nous avions préconisé pour que cette mesure soit lisible qu’elle soit appliquée dès juillet ou au plus tard dès septembre.

700 euros au lieu des 704,20 euros bruts donc cette hausse a commencé par une petite baisse de salaire illégale… mais pas vu pas pris comme dit l’adage !

Le Ministre « La création de 3 échelons en fin de carrière des médecins pour « conserver les talents à l’hôpital public » avec 2 échelons à 5 000 € et un 3ème de 7 000 € bruts annuels sur des durées de 4 ans est une mesure juste pour les PH les plus anciens dans la carrière. »

Cette mesure juste pour les 10 751 PH les plus anciens, occulte cependant le fait que pour profiter pleinement de ses droits à la retraite plus de 40 000 PH vont devoir travailler jusqu’à 70 ans !!!

Dans le tableau des émoluments perçus par les PH, un élément a disparu dans la communication grandiloquente du Ministre en date du 13 juillet et du 18 décembre 2020 sur les 11 733 PH de plus de 15 ans d’ancienneté et de moins de 24 ans d’ancienneté qui ont un gain Ségur de 256 euros nets mensuels.

APH, comme les conférences de PCME, demande que tous les praticiens nommés avant octobre 2020 bénéficient d’une reprise de 4 ans d’ancienneté dans la nouvelle grille. Cette mesure simple et lisible permettrait un gain de salaire pour tous les praticiens et viendrait corriger 10 ans de perte de notre pouvoir d’achat.

Quoi qu’il en coûte ? Ou quoiqu’il nous en coûte !
APH défend et défendra le droit de tous les praticiens comme celui de l’Hôpital Public et de ses soignants.

 

Dr Jean-François Cibien
06 07 19 79 83
Président APH, Président AH

Dr Carole Poupon
06 76 36 56 67
Vice-Présidente d’APH, Présidente CPH

 

« QUOI QU’IL EN COÛTE » ? LES PRATICIENS HOSPITALIERS PIÉGÉS ENCORE UNE FOIS PAR LE SÉGUR DE LA SANTÉ

Un décret portant création de 3 nouveaux échelons de fin de carrière pour les praticiens hospitaliers est sur le point d’être publié. Il a été présenté en séance plénière du Conseil Supérieur des Professions Médicales (CSPM), et ne recueille pas le plein vote des organisations syndicales signataires des accords du Ségur, ni celui d’Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins, non signataires, représentants majoritaires des praticiens hospitaliers. Pourtant, aucune virgule de ce décret ne sera modifiée suite aux écueils soulevés par les praticiens hospitaliers : « il y a urgence à respecter le calendrier » !

La promesse du Ségur pour l’hôpital public était de définir les conditions d’un choc d’attractivité pour les carrières hospitalières. C’est un fiasco, dont on mesure l’ampleur devant la pénurie de ressources humaines en pleine deuxième vague du COVID.

Le décret du 28 septembre 2020 supprimant les 3 premiers échelons et le décret à venir, qui en crée trois nouveaux en fin de carrière, sont un trompe-l’œil : leur application fait perdre 4 années d’ancienneté à l’ensemble des praticiens hospitaliers par rapport aux praticiens nommés à partir de 2020. Reconnaissance de notre engagement et de notre fidélité au service public : circulez, il n’y a rien à voir !

Ainsi, pour tous ces praticiens, l’accession au dernier des échelons nécessite 36 années d'activité en tant que PH (soit au-delà de 66 ans). Est-ce une incitation à ce que les praticiens hospitaliers – qui travaillent souvent plus de 60 heures par semaine, le week-end, la nuit – prennent en charge des patients au-delà de leurs limites physiologiques ? Quel citoyen accepterait de se faire soigner pour une urgence vitale par un praticien de 70 ans qui vient de passer 20 heures debout ?

Cette mesure est non seulement injuste, portant une rupture d’équité entre les praticiens – raison pour laquelle APH et Jeunes Médecins ont déposé des recours en Conseil d’État – mais aussi complètement hors sol, mettant en danger la santé des praticiens comme celles de nos concitoyens.

Le CSPM, réuni le jeudi 26 novembre, ne s’y est pas trompé : pour le collège des praticiens hospitaliers : seule l’INPH, très minoritaire, vote « pour » le décret ; pour le collège de la Fédération Hospitalière de France : le seul praticien de ce collège s’abstient par solidarité avec ses collègues. Le Centre National de Gestion, aux abois, tente en catastrophe une explication de texte un vendredi soir, éclipsant avec un semblant de magie ces deux problèmes : c’est un échec.

Publier, sans mesures complémentaires, un décret « pour l’attractivité des PH » qui n’est pas approuvé par la grande majorité des PH n’a pas de sens.

L’argument de l’urgence calendaire est une insulte aux praticiens hospitaliers, un mépris pour la reconnaissance de leurs métiers et de leur investissement au service de nos concitoyens.

APH et Jeunes Médecins s’insurgent contre une politique qui impose un calendrier à marche forcée plutôt que la prise en considération d’un dialogue social constructif à la recherche de ce qui est bien pour l’hôpital public et ses usagers. Surtout quand les propositions des composantes d’APH et de Jeunes Médecins sont sur la table du ministre.

APH et Jeunes Médecins ont demandé, par une note envoyée aux plus hautes instances, que des dispositions compensatoires soient appliquées à l’ensemble des PH nommés avant 2020, c’est-à-dire que l’ancienneté de l’ensemble des PH soit recalculée de manière égale, selon l’article R6152-15 du Code de Santé Publique, afin d’envoyer réellement un message d’attractivité et de reconnaissance pour la fidélité de leur engagement permanent au service public des praticiens hospitaliers.

Après avoir bafoué le respect du dialogue social en excluant APH et Jeunes Médecins du dernier round des négociations du Ségur, après s’être vu condamné déjà par deux fois par le Conseil d’État au sujet du Ségur, il est temps de ne pas se précipiter vers la césure de trop. C’est aujourd’hui le seul moyen de calmer la colère et la déception immense des praticiens hospitaliers, et d’accéder à un des objectifs du Ségur, la revalorisation tant attendue de la grille salariale des PH « quoi qu’il en coûte ».

APH et Jeunes Médecins alertent : cette colère gronde très fort et ne cesse de s’amplifier. Il faut agir vite dans le sens que nous préconisons comme l’indique également les Conférences de PCME avec les motions qui sont signées dans de nombreux hôpitaux généraux ou psychiatriques.

Sans praticien engagé dans le service public, il n’y aura pourtant plus d’hôpital public !

 

Covid ou Cofrac : le Ministre s’engage mais l’intendance ne suit pas !

 

Communiqué de presse du 13 novembre 2020

Les syndicats de biologie médicale ont adressé un courrier au Ministre des Solidarités et de la Santé le 28 octobre dernier lui demandant la suspension du processus d’accréditation des laboratoires en raison de la crise sanitaire.

Le Ministre a répondu oralement qu’il y était favorable afin que les biologistes médicaux puissent se consacrer entièrement à leur mission de santé.

Depuis et malgré les relances des syndicats, c’est le silence. Aucun retour officiel du ministère.

Pendant ce temps les audits se poursuivent et les biologistes médicaux qui demandent le report de leur évaluation doivent s'engager dans des bras de fer récurrents avec des administratifs du Cofrac menaçant d’une suspension de leur accréditation sous prétexte « d'impératifs formels issus des référentiels internationaux en vigueur ». En tant que client, la section Santé Humaine et la Biologie Médicale sont considérées comme des domaines industriels comme les autres clients du Cofrac et seule compte la conformité des engagements internationaux.

À l’heure où dans nos hôpitaux nous déprogrammons les opérations chirurgicales, sur l’injonction des pouvoirs publics et/ou par nécessité, et où on diffère des traitements pour des patients atteints de pathologies lourdes et/ou chroniques, l’accréditation se poursuit envers et contre tous les biologistes médicaux avec un double discours qui n'est plus acceptable.

Devant l’urgence et l’incohérence de cette situation, nos syndicats appellent les biologistes médicaux à refuser toute procédure en lien avec l’accréditation et les assurent de leur plein soutien. Si l’administration et les organismes accréditeurs veulent suspendre des laboratoires qu’ils osent, nous attaquerons en justice devant un tel déni de notre charge de travail et de l’incohérence de la situation !!!

Dans cette crise sanitaire sans précédent, les Biologistes Médicaux font leur travail et assument jour après jour toutes leurs responsabilités.

Il est temps que le Ministère et le Cofrac assument les leurs, conformément aux propos tenus par le Ministre des Solidarités et de la Santé, et dans l'intérêt de la population.

La maison brûle, il ne faut pas regarder ailleurs pendant que les biologistes et le personnel des laboratoires donnent le meilleur d’eux-mêmes pour faire leur travail et répondre à leurs missions de soin!

PROJET DE LOI RIST : LA TRAHISON DU SÉGUR EST EN MARCHE

Communiqué Action Praticiens Hôpital & Jeunes Médecins du 24 novembre 2020



L’union syndicale Action Praticiens Hôpital (APH), regroupant les intersyndicales Avenir Hospitalier et la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, et Jeunes Médecins ont été auditionnés le 6 novembre 2020 par la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale au sujet de la « proposition de loi visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification, n°3457 », portée par le députée LREM Stéphanie Rist, et destinée à donner un cadre législatif aux mesures du Ségur. Cette loi suit, pour une raison que nous ignorons, une procédure accélérée (une seule navette).
 
À l’issue de cette audition, APH adresse une contribution (à télécharger ici) à l’ensemble des parlementaires, Assemblée Nationale et Sénat.
 
APH et JM s’étonnent d’un projet de loi dit « issu des recommandations du Ségur » totalement en décalage avec le contenu des discussions ayant eu lieu pendant cette concertation, qu’il s’agisse de gouvernance, d’attractivité ou de création de nouveaux métiers. Il amoindrit le rôle essentiel du praticien (« sans praticien, pas d’hôpital ») tant dans sa mission de soins que dans la gouvernance. Il n’apporte ni simplification des conditions d’exercice, ni confiance, contrairement à son titre.
 
APH et JM s’interrogent  sur la réelle volonté du gouvernement de maintenir un service public hospitalier dans notre pays.
 
APH et JM s’inquiètent encore une fois du respect du dialogue social. Après un Ségur raté, qui n’a eu de négociations que le nom, les rares mesures positives sont rayées d’un trait par le projet de loi destiné à donner un cadre législatif.
 
APH et JM demandent le retrait de ce projet de loi qui, d’une part, est très insuffisant quant aux sujets traités dans le Ségur, et, d’autre part, n’est ni conforme aux discussions du Ségur, ni conforme aux attentes des praticiens hospitaliers pour la prise en charge de nos concitoyens à l’hôpital public.

 


Ce n’est pas un projet de loi qui détruit l’hôpital public dont les Français ont besoin, mais d’un vrai projet d’attractivité de l’hôpital pour les professionnels de santé.
Il est urgent de rouvrir les chantiers trop tôt fermés du temps de travail, de la permanence des soins, du rôle des médecins dans l’hôpital et dans l’offre de soins dans les territoires.

 

Le gouvernement pêche sur la PECH

L'arrêté du 14 mars 2017, qui désignait les spécialités en tension et donc éligibles à une prime d'engagement de carrière hospitalière (PECH) était caduc depuis le 14  mars 2020. Si la crise sanitaire peut expliquer le retard à la constitution de la nouvelle liste des spécialités éligibles, la publication en catimini le 23 octobre du nouvel arrêté, identique au précédent, a été fait sans consultation du CSPM - pourtant réuni le 9 octobre 2020 - et sans prendre le temps, comme cela avait été le cas en 2017, d'une concertation avec les organisations syndicales.


L'hôpital se dépeuple de ses personnels, y compris de ses médecins. Le nombre de spécialités en tension a augmenté drastiquement en trois ans. A l'heure de la deuxième vague COVID, et alors que nous sommes dans un besoin chronique de personnels supplémentaires pour gérer cette crise sanitaire qui va durer mais également pour les prises en charge des autres malades, il est urgent de pouvoir recruter de manière pérenne, c'est à dire statutaire, des médecins dans toutes les spécialités en tension.
 

APH et JM demandent que la liste des spécialités en tension et les modalités de constitution de cette liste soit revue, conformément aux protocoles d’accord et à ce qui était initialement prévu en CSPM. Cette construction doit se faire dans une véritable concertation avec les organisations syndicales, afin de permettre la prise en charge optimale de l'ensemble de nos concitoyens.

APH et JM se réservent la possibilité de faire valoir la défense des droits des praticiens hospitaliers devant les tribunaux compétents.


Il en va de la santé du dialogue social entre les praticiens hospitaliers et le gouvernement.


Il en va de la sécurité et de la qualité des soins de nos concitoyens pris en charge à l’hôpital public.

 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

Retrouvez toute l'information dans le communiqué de presse (cliquez ici)

www.cfar.org/didoc/ 

 

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octobre 2022

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Les dernières actus

75 % DES MEDECINS HOSPITALIERS RISQUENT DE QUITTER L’HOPITAL PUBLIC DANS LES 5 ANS… … PARCE QUE PERSONNE NE PREND SOIN DES MEDECINS HOSPITALIERS.

MISSION-FLASH : UN NOUVEAU RATAGE GOUVERNEMENTAL (PREVISIBLE) !

Ce vendredi 1er juillet, Action Praticiens Hôpital dévoilait à la presse les résultats complets de l’enquête « Nuits Blanches » sur la permanence médicale des soins à l’hôpital public : 75 % des praticiens hospitaliers risquent de quitter l’hôpital public dans les 5 ans à cause de la permanence des soins. En parallèle, le rapport de la mission-flash sur les urgences était remis à la Première Ministre. Un rapport sans doute amoindri à la demande de la Première Ministre, puisque seules 41 des multiples propositions [CP1] [WA2] envisagées par la mission ont pu figurer dans le rapport.

le dossier de presse

Lettre aux élus De La République

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Paris, le 22 juin 2022

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Président, Madame la rapporteure de la commission d’enquête sur la situation de l’hôpital et le système de santé en France

Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,


Action Praticiens Hôpital, union d’Avenir Hospitalier et de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, organisation majoritaire aux dernières élections professionnelles pour le Conseil Supérieur des Personnels Médicaux vous remercie pour l’écoute attentive lors de notre audition au Sénat du 9 décembre 2021. Nous vous remercions pour le rapport que vous avez publié le 29 mars 2022 et nous nous permettons de vous rappeler notre proposition de réfléchir ensemble sur les modalités législatives à mettre en œuvre pour faire évoluer la situation de l’Hôpital Public et de l’accès à un juste soin qui se dégradent sur l’ensemble du territoire national.

Nous représentons les médecins, pharmaciens, odontologistes des hôpitaux et faisons partie des corps intermédiaires élus. Nous sommes issus du terrain et des terroirs de notre Nation. Nous appartenons à l’Hôpital Public pour lequel nous œuvrons jour et nuit pour permettre un accès aux soins à tous nos concitoyens, vos électrices et vos électeurs, pour qu’en France vivre en bonne santé soit et reste une réalité.

Dans cette lettre nous vous résumons une partie de notre analyse sur les points de blocage et les leviers que la Loi devra changer pour que demain le pilier Santé retrouve sa juste place dans notre société. Pour que l’ensemble des praticiens et soignants des établissements de santé, du médico-social comme de la ville puissent retrouver la sérénité d’exercice dont ils ont besoin pour répondre aux attentes des patients et de leur famille.

Nous avons subi depuis des décennies le dogme de la rationalisation fiduciaire et notre système est à bout de souffle, au bord d’une rupture irrémédiable. La France qui dans les années 2000 était à la pointe de la médecine dans le monde se retrouve aujourd’hui au 23ème rang.

Notre rôle de corps intermédiaire a été trop souvent ignoré et parfois maltraité par une gangue administrative qui a parfois perdu le sens des valeurs de notre société. Nous connaissons bien les territoires et ce que nous avons à faire pour le bien commun. Nous vous l’avons démontré depuis longtemps et encore plus lors de la première vague Covid. Nous avons alerté également maintes fois pour que les choses évoluent…

Il semble temps aujourd’hui de changer de méthode et de retrouver des objectifs quantitatifs acceptables mais surtout qualitatifs en termes de juste soin pour les patients et d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle pour nous vos soignants. Ces conditions sont indispensables pour que nos concitoyens puissent retrouver une espérance de vie en bonne santé superposable à celle des autres pays et que les acteurs du soin que nous sommes puissent également retrouver le sens de leurs métiers.

Nous ne sommes pas abstentionnistes ou spectateurs passifs mais des acteurs engagés pour construire le renouveau tant attendu par les Françaises et les Français et clairement exprimé ces dernières semaines. Nous sommes et serons là pour vous aider à reconstruire et à moderniser l’existant pour que le vivre ensemble en bonne santé ne soit plus un mirage mais redevienne une réalité pour toutes et tous en tout point du territoire.

APH est à votre disposition pour travailler dans cette direction dans un respect mutuel et autour des valeurs de notre République.

Prenez soin de vous, des vôtres et de la santé de vos administrés comme celle de l’Hôpital Public et de notre système de soin.

 

APH REAGIT A LA « NOTE AU GOUVERNEMENT » DE MARTIN HIRSCH

 

Tribune APH du 9 mai 2022

 

Martin Hirsch, directeur général de l’APHP, s’est autorisé à envoyer une « note au gouvernement » [1] qui ressemble à un acte de candidature au poste de ministre chargé de la Santé. Dans cette note, adressée en copie à la presse, il étale ses réflexions et ses propositions pour l’hôpital public… Nous nous limiterons ici à commenter ses propositions, exposées comme une profession de foi.

Faire le constat du naufrage de l’hôpital public, annoncé par les syndicats depuis longtemps, fait désormais l’unanimité. Les discours des politiques et des administratifs assurant que l’hôpital tient toujours debout, qu’il a tenu pendant la pandémie, que la résilience des hospitaliers est inaltérable ne sont que façade. La réalité de notre quotidien est tout autre : la souffrance des hospitaliers explose, déprogrammations et fermetures de services résultent du manque de professionnels paramédicaux et médicaux, qui fuient en nombre le service public hospitalier. Nombre de celles et ceux qui restent encore sur le front sont rongés par un épuisement professionnel et personnel.

Cependant, les angles de vue proposés par Martin Hirsch sont inquiétants, en profond décalage avec les métiers du soin et la notion de service public.

  • Considérer que le soin se résume à une productivité mesurable est d’une cruelle indécence pour tous ceux dont on salue la vocation, l’humanisme et tout simplement le professionnalisme. Dans quelque secteur du soin que ce soit, le geste technique – qui rapporte à l’hôpital – n’est rien sans la relation du soignant avec le patient, sans le travail d’équipe, sans la réflexion sur son propre travail. C’est pourtant bien cette perte de sens qui fait fuir ou qui épuise les professionnels de santé.
  • Considérer que le professionnel de santé est un pion qui joue individuellement et que l’on peut balader d’un service à l’autre, d’un établissement à l’autre, d’une région à l’autre est encore une fois oublier le sens du soin à l’hôpital. Une équipe se construit, a une histoire, un projet, elle se renouvelle, mais doit savoir garder ceux qui s’investissent pour elle et doit donner la possibilité à chacun de s’investir, pour se sentir partie prenante de l’œuvre commune de soigner, d’accompagner et du vivre ensemble.
  • Considérer l’hôpital sans la ville oublie que le système de santé doit être centré autour du patient, et de son médecin traitant, et non du CHU parisien. Le champ du médico-social semblerait aussi avoir été omis… Le passage à l’hôpital d’un patient ne devrait se faire que lorsque les moyens de la ville et du premier recours sont dépassés : compétences spécialisées, plateaux techniques et maternités.
  • Défier les corps intermédiaires élus et donc légitimes, c’est-à-dire les syndicats – ce terme n’est même pas mentionné dans sa note – comme ne défendant pas les intérêts des praticiens est particulièrement déplacé. L’exemple de la discussion lors du Ségur sur la permanence des soins… à laquelle il n’a pas participé, contrairement à nous ! – en dit long sur sa vision du dialogue social…

Ainsi, ses propositions sont-elles également en décalage avec les métiers du soin hospitalier.

  • L’attractivité (jamais nommée dans la « note ») ne peut se résumer au problème des rémunérations. Il est si facile d’occulter les réelles difficultés : permanence des soins, temps de travail, reconnaissance de la pénibilité, équilibre vie professionnelle et personnelle, adaptation des contraintes à la parentalité… Le Ségur a été insuffisant, quand il n’a pas été insultant pour les praticiens hospitaliers. Le chantier de l’attractivité est à ouvrir réellement, courageusement : c’est une des priorités à mettre en œuvre immédiatement.
  • La mobilité versus la carrière à vie ? Destructrice de l’équipe et de tout projet professionnel, la perpétuelle mobilité contribuerait à envoyer les praticiens vers des carrières « à vie » dans les établissements qui le proposent : les établissements privés. Si nous sommes d’accord sur le fait que la concentration des prérogatives « clinique, enseignement, recherche et management » sur les seuls hospitalo-universitaires n’a pas de sens, il n’y a en revanche aucune honte à être praticien hospitalier toute sa vie, ou pendant un temps long, dans un même établissement. Il n’y a aucune honte à y travailler sans aspiration hospitalo-universitaire. Le travail hospitalier des praticiens implique la constitution de projets à long terme, d’investissements financiers, mais aussi de création de réseaux avec la ville, le médico-social et de suivi des patients porteurs de pathologies chroniques complexes. Monsieur Hirsch sait-il seulement ce qu’est le travail d’un praticien hospitalier, d’un soignant ?
  • La casse du statut ? Oui, les professionnels de santé gagneraient à être reconnus ou assimilés à des fonctionnaires « régaliens », plutôt que de poursuivre leur engagement dans l’hôpital public tout en voyant des collègues faire de l’intérim pour des rémunérations qui vont jusqu’à dix fois la leur, pour produire de l’acte sans contribuer aux piliers essentiels de l’hôpital que sont l’équipe, les liens entre services et la vie institutionnelle. Tous ces nouveaux contrats dont rêve Monsieur Hirsch ne font pas avancer l’hôpital : ils continuent à le détruire davantage. Les professionnels de santé engagés dans l’hôpital public demandent seulement à être rémunérés en fonction du travail qu’ils réalisent, où pénibilité et responsabilité doivent être prises en compte.
  • La gouvernance souffre en tout premier lieu de démocratie, notamment dans la désignation des chefs de service et de pôle. Aucun projet de réforme de gouvernance ne peut voir le jour sans ce prérequis. L’évocation des instances médicales et paramédicales des instances de gouvernance n’appelle pas la comparaison suggérée par Martin Hirsch : ni leur composition ni leurs missions ne sont comparables, ce d’autant qu’aucune représentation syndicale médicale locale n’est actée dans les établissements publics de santé. Cette absence d’implication des syndicats de praticiens hospitaliers à l’échelon du territoire de santé est une anomalie qui interroge…

Action Praticien Hôpital ne cesse d’appeler à réformer le système de santé et continuera à porter les principes de la qualité de vie des praticiens hospitaliers ; c’est l’intérêt de l’hôpital public : ceux qui y travaillent, ceux qui y sont soignés. Pour nous, le statut de praticiens est un gage de sûreté pour ce corps mais également d’équité sur l’ensemble du territoire national. Contrairement aux propos de Monsieur Hirsch, le cadre qu’il définit comme « rigide » de l’hôpital public ne l’empêche pas d’évoluer. Au contraire, il sécurise une réforme nécessaire, tout en gardant les prérogatives du service public comme les valeurs de la République pour défendre notre système solidaire de santé.

Nous défendrons des actions pour promouvoir un renouveau du système hospitalier et de celui de la santé en conservant les fondamentaux comme ceux des statuts, des engagements par conviction au service des patients et dans un esprit d’équipe et avec une rémunération revalorisée mais sans lien avec de l’intéressement et de la spéculation.

Cette réforme sera coûteuse mais elle est nécessaire, et elle sera efficace.

Ayons le courage de définir la place de l’hôpital public dans le système de santé : il n’est en concurrence ni avec la médecine de ville, ni avec l’activité des cliniques lucratives dont les missions et les objectifs sont différents.

Ayons le courage de mettre sur la table le problème du temps de travail des praticiens hospitaliers, chantier éludé du Ségur, et mettons en regard les rémunérations avec le volume horaire de travail réalisé par les praticiens.

Ayons le courage de corriger l’erreur du Ségur qui a valorisé l’engagement des jeunes sans considérer celui de ceux qui tiennent l’hôpital public depuis des dizaines d’années : donnons à tous la bonification d’ancienneté de 4 ans.

Ayons le courage de mettre sur la table le chantier de la permanence des soins : pas timidement et de manière insultante comme au Ségur, mais par une revalorisation massive à hauteur de la permanence des soins effectuée par les libéraux (le rapport de l’IGAS sur le sujet n’est toujours pas public…), et par une prise en compte des effets collatéraux du travail de nuit : pénibilité, déséquilibre vie professionnelle – vie personnelle, morbidité induite et réduction de l’espérance de vie.

Ayons le courage d’officialiser les mesures d’attractivité plutôt que de laisser perdurer les petits arrangements opaques, à la limite de la légalité, dont le principe et de nombreux exemples sont pourtant connus des tutelles.

Ayons le courage de réformer la gouvernance en imposant une réelle démocratie sanitaire, dans la désignation des chefs de service et de pôle autour d’un projet médico-soignant. Donnons la possibilité de faire exister les syndicats médicaux dans les établissements au même titre que les syndicats paramédicaux. Les syndicats et leurs représentants ont un rôle à joueur pour faire vivre le dialogue social dans les établissements de soins mais également sur les territoires de santé.

Ayons le courage d’un dialogue social équilibré. Les erreurs de trajectoire pour l’hôpital public, et notamment les plus récentes, sont le fruit de négociations tripartites où directeurs et DGOS ont une connivence à peine voilée, tandis que la parole – et même le vote – des praticiens concernant les évolutions est quasiment ignorée. Écouter le terrain sans le suivre nous a conduit dans le mur. Appliquer les propositions des représentants légitimes que sont les syndicats est la seule planche de salut pour l’hôpital public : Action Praticiens Hôpital, union d’Avenir Hospitalier et de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, et ses composantes, représentant l’ensemble des spécialités médicales, odontologiques et pharmaceutiques, majoritaires chez les praticiens hospitaliers et les contractuels aux dernières élections professionnelles, sera présent et force de propositions.

Jean-François Cibien- Président AH, Président APH, 06 07 19 79 83

Carole Poupon - Présidente CPH, Vice-présidente APH ; 06 76 36 56 67

Yves Rébufat - Président exécutif AH , 06 86 87 62 76

[1] https://www.lesechos.fr/economie-france/social/hopital-le-temps-de-la-refondation-1404467

 

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