Communiqués de presse

Communiqué APH – JM – ISNI du 13 mai 2020

 

Action Praticiens Hôpital, Jeunes Médecins et l’Intersyndicale Nationale des Internes ont pris acte des annonces gouvernementales concernant l'octroi d’une prime ainsi que d'une revalorisation des heures supplémentaires ou des indemnités de sujétion des gardes afin de reconnaître la mobilisation du personnel hospitalier durant la crise sanitaire. Un communiqué diffusé le 17 avril 2020 nous a permis d’exprimer nos réserves sur le fond.

Nous rappelons que cette reconnaissance doit d’abord passer par une revalorisation significative de l’attractivité des carrières hospitalières de façon pérenne, et l’amélioration de nos conditions de travail. Nos organisations seront très attentives à ce que les pouvoirs publics ne l’oublient pas.

Depuis lors, les modalités d’octroi de cette prime qui ont été portées à notre connaissance ne sont absolument pas acceptables. Deux niveaux de prime ont été définis (500 € et 1 500 €) en fonction de critères géographiques ou d’activité exercée. De plus, certains établissements pourront décider que certaines catégories de personnel auront accès à la prime de 1 500 € et d’autres seulement à celle de 500 €.

Cette division artificielle en 2 catégories d’établissements de santé et de personnels est une faute politique, qui trahit une méconnaissance du fonctionnement de l’hôpital public et des principes élémentaires d’équité qui l’anime.

C’est l’ensemble de l’Hôpital Public et de ses personnels qui se sont investis collectivement dans cette crise afin de surmonter les conséquences de cette pandémie pour protéger nos concitoyens, quel que soit son statut, son métier, sa place auprès des patients ou de ses collègues. La reconnaissance  de la Nation ne doit pas les distinguer.

La cohésion sociale est un enjeu essentiel dans la lutte contre le Covid-19. Le gouvernement ne doit pas la mettre en péril par des mesures clivantes entre les différentes catégories de soignants.

Jacques Trévidic

Président APH

Président CPH

Jean-François Cibien

Vice-président APH

Président AH

Emanuel Loeb

Président JM

Justin Breysse

Président ISNI

 

Communiqué d’Action Praticiens Hôpital & Jeunes Médecins du 28 avril 2020

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins ont pris connaissance de la tribune publiée dans le journal « Le Monde » du 24 avril 2020 demandant la mort du caractère public du statut des hôpitaux et de ses personnels.

 

Les auteurs, un duo de hauts-fonctionnaires à la retraite, n’hésitent pas à employer des termes blessants envers les personnels hospitaliers, démontrant ainsi leur propre médiocrité.

 

A l’heure où l’hôpital public a fait la preuve de sa formidable adaptabilité et de la motivation extraordinaire de tous ses personnels, ces propos sont particulièrement indécents et déplacés.

 

Sans doute pris à contre-pied par les marques de reconnaissance de nos concitoyens, de l’attention des pouvoirs publics et même celle de la presse étrangère, ces hiérarques ont-ils pris ombrage que le projet de destruction de l’hôpital public qui les a animés tout au long de leur carrière, soit quelque peu compromis ?

 

Et bien non, la privatisation des hôpitaux publics ne se fera pas, malgré les appels pressants de ceux qui publient des rapports comme dernièrement, celui de la Caisse des Dépôts (désavoué par son directeur) ou des articles de presse appelant en ce sens. L’hôpital public est un bien collectif précieux que les Français ne laisseront pas disparaître au profit de quelques affairistes guidés par leur appât du gain et du pouvoir.

 

APH & JM appellent les pouvoirs publics à ouvrir une grande concertation avec les professionnels de l’hôpital public, organisations et syndicats, et les usagers afin d’entrer dans une démarche audacieuse de reconstruction de notre système de santé et de redonner une attractivité aux carrières médicales, paramédicales, administratives et techniques des personnels hospitaliers.

 

Contacts :
Jacques Trévidic, Président APH
Jean-François Cibien, Vice-président APH
Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins

 

Organisons la Saint Valentin de l’hôpital public !

 

Communiqué commun des organisations syndicales représentatives des personnels médicaux hospitaliers et des internes
Vendredi 7 février 2020
Organisons la Saint Valentin de l'hôpital public !

Depuis des mois, l’hôpital se mobilise. Ses difficultés sont connues de tous, usagers et soignants. Aujourd’hui, l’appauvrissement de son financement, la perte d’attractivité des carrières des personnels hospitaliers et une gouvernance interne trop peu partagée fragilisent sa place pourtant essentielle dans le système de santé.
 
Le 14 février prochain, jour de la Saint Valentin, sera une grande journée de mobilisation pour l’hôpital public. Tous les personnels hospitaliers et les usagers sont invités à participer à de grands rassemblements festifs dans les grandes villes où nous pourrons montrer aux pouvoirs publics notre attachement commun à l’hôpital.
 
Pour se reconnaître, chacun pourra apporter une fleur blanche qui sera déposée près d’un lieu symbolique de notre système de santé. Dans les grandes villes, notamment à Paris, des cortèges seront organisés.
 
Les organisations syndicales des personnels médicaux hospitaliers appellent tous nos collègues praticiens et internes à participer activement à cette journée de mobilisation et déposeront un préavis de grève en ce sens : le 14 février, déclarons notre flamme à l’hôpital public.

Dr Sadek Beloucif, Président SNAM-HP
Dr Rachel Bocher, Présidente INPH
Dr Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins  
Dr Renaud Péquignot, Président AH, Vice-Président APH    
Dr Norbert Skurnik, Président CMH
Dr Jacques Trévidic, Président CPH, Président APH
Jérémie Zerbit, Président d’AJPH
Justin Breysse, Président ISNI
Lucas Denis, Co-président FNSIP-BM
Aurélie Truffot, Co-présidente FNSIP-BM
 
 
PRÉAVIS DE GRÈVE 

 

 

Nomination Olivier Veran

 
Communiqué d’Action Praticiens Hôpital & Jeunes Médecins du 18 février 2020
 
 
Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins prennent acte de la nomination du docteur Olivier Véran au poste de Ministre des Solidarités et de la Santé.
 
La tâche qui attend Olivier Véran est immense : depuis des années, l’Hôpital Public est sous-financé et les soignants épuisés. L’alternance de discours empathiques et de restrictions budgétaires n’a pas été effacée par quelques mesures ciblées, arrachées par la mobilisation des soignants.
 
Plus que le coronavirus qui a hélas fait son premier mort dans notre pays, le problème principal de l’hôpital public est l’insuffisance des effectifs dans de trop nombreux services, au premier rang desquels les Urgences où l’attente sur les brancards est responsable de décès supplémentaires chaque jour.
 
La priorité du nouveau ministre doit être l’Hôpital Public. Il n’est nul besoin d’une enquête pour connaître les raisons du « mal-être » des soignants parce que celles-ci sont décrites depuis des mois dans tous les communiqués de presse des organisations hospitalières, dans tous les articles de la presse spécialisée et exprimés dans tous les espaces de concertation comme sur les banderoles des manifestations qui ne s’arrêteront pas avant d’avoir obtenu gain de cause.
 
Monsieur le Ministre, l’Hôpital Public souffre de sous-financement, de trop de postes vacants par manque d’attractivité, des salaires bloqués depuis dix ans et qui pointent désormais en queue de peloton des pays de l’OCDE. Vous le savez depuis longtemps puisque vous êtes l’auteur d’un rapport remarqué sur l’intérim médical à l’hôpital, d’un autre sur la tarification à l’activité et êtes depuis le début du quinquennat le rapporteur des lois de financement de la sécurité sociale à l’Assemblée nationale. Le « forfait de réorientation »  défendu en tant que parlementaire, qui a pour objectif d'alléger les services d'urgences en incitant les hôpitaux à rediriger les patients vers la médecine libérale ne peut résumer votre future politique hospitalière !
 
APH et JM ont des propositions plus sérieuses et concrètes à vous faire, attendues par tous les hospitaliers. L’enquête que vous avez demandée peut être bouclée en 24 heures et vous pourrez ainsi immédiatement agir sur les dossiers importants : financement, attractivité des carrières et gouvernance interne des hôpitaux publics.
 
 
Contacts :
 
Jacques Trévidic, Président CPH, Président APH
Renaud Péquignot, Président AH, Vice-président APH
Marc Bétremieux, Secrétaire général APH
Raphaël Briot, Trésorier APH
Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins
 

Communiqué commun des organisations syndicales représentatives des directeurs et des personnels médicaux hospitaliers

 

Mercredi 5 février 2020
 
Les organisations syndicales des Praticiens Hospitaliers et de Directeurs ont pris connaissance du projet de décret relatif aux « emplois supérieurs hospitaliers » qui concerne les modalités de nomination des directeurs des établissements de la fonction publique hospitalière.
 
À juste titre, les organisations syndicales des directeurs ont déjà exprimé dans un communiqué commun leur rejet sur le fond et la forme de ces modifications importantes dont elles n’ont eu connaissance qu’au dernier moment. Ce procédé rappelle celui qui prévaut à diverses annonces concernant les PH : il est inacceptable. Le fond l’est également !
 
Les pouvoirs publics organisent la suppression de tout droit de regard sur les nominations dans les emplois majeurs pour l’hôpital qui concernent tant les PH que les directeurs.  De même qu’il est question de supprimer le concours de PH, il s’agit cette fois d’écarter les représentants élus des directeurs de la procédure de choix des candidats.
 
Ce projet de décret supprime les Comités de sélection dans lesquels les organisations syndicales de Directeurs sont représentées et qui proposaient une « short-list » aux agences régionales de santé, après examen partagé du parcours de chaque candidat.
Il supprime également la limite existante au recrutement de contractuels sur les emplois de direction, ce qui rappelle les projets de marginaliser les nominations de PH sur concours au profit de contractuels nommés localement.
Enfin, il instaure une distinction qui ne serait que sémantique entre « autorité de recrutement » qui peut être locale et « autorité de nomination » qui peut être nationale, si elle ne résonnait pas en écho à cet autre projet qui revenait à ramener les nominations de PH au seul échelon local en supprimant la liste d’aptitude nationale.
 
Ainsi la politique à l’œuvre face à chacun des deux corps se révèle une pratique d’atteinte systématique aux statuts et à leurs règles de gestion, favorisant le chacun pour soi et le gré à gré soumis au jeu des connivences locales. Cette politique inadmissible porte gravement atteinte au dialogue social et au respect des acteurs !
 
Par conséquent, les intersyndicales de Praticiens Hospitaliers et les organisations syndicales de Directeurs appellent les pouvoirs publics à retirer ce projet de décret. Dans tous les cas, une véritable négociation avec les organisations syndicales représentatives doit être le préalable à toute réforme statutaire.
 
Dr Sadek Beloucif, Président SNAM-HP
Dr Rachel Bocher, Présidente INPH
Didier Hoeltgen, Secrétaire Général CHFO    
Dr Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins  
Anne Meunier, Secrétaire Générale Syncass-CFDT  
Dr Renaud Péquignot, Président AH, Vice-Président APH    
Dr Jacques Trévidic, Président CPH, Président APH
Jérémie Sécher, Président SMPS
Dr Norbert Skurnik, Président CMH

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
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Les dernières actus

75 % DES MEDECINS HOSPITALIERS RISQUENT DE QUITTER L’HOPITAL PUBLIC DANS LES 5 ANS… … PARCE QUE PERSONNE NE PREND SOIN DES MEDECINS HOSPITALIERS.

MISSION-FLASH : UN NOUVEAU RATAGE GOUVERNEMENTAL (PREVISIBLE) !

Ce vendredi 1er juillet, Action Praticiens Hôpital dévoilait à la presse les résultats complets de l’enquête « Nuits Blanches » sur la permanence médicale des soins à l’hôpital public : 75 % des praticiens hospitaliers risquent de quitter l’hôpital public dans les 5 ans à cause de la permanence des soins. En parallèle, le rapport de la mission-flash sur les urgences était remis à la Première Ministre. Un rapport sans doute amoindri à la demande de la Première Ministre, puisque seules 41 des multiples propositions [CP1] [WA2] envisagées par la mission ont pu figurer dans le rapport.

le dossier de presse

Lettre aux élus De La République

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Paris, le 22 juin 2022

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Président, Madame la rapporteure de la commission d’enquête sur la situation de l’hôpital et le système de santé en France

Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,


Action Praticiens Hôpital, union d’Avenir Hospitalier et de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, organisation majoritaire aux dernières élections professionnelles pour le Conseil Supérieur des Personnels Médicaux vous remercie pour l’écoute attentive lors de notre audition au Sénat du 9 décembre 2021. Nous vous remercions pour le rapport que vous avez publié le 29 mars 2022 et nous nous permettons de vous rappeler notre proposition de réfléchir ensemble sur les modalités législatives à mettre en œuvre pour faire évoluer la situation de l’Hôpital Public et de l’accès à un juste soin qui se dégradent sur l’ensemble du territoire national.

Nous représentons les médecins, pharmaciens, odontologistes des hôpitaux et faisons partie des corps intermédiaires élus. Nous sommes issus du terrain et des terroirs de notre Nation. Nous appartenons à l’Hôpital Public pour lequel nous œuvrons jour et nuit pour permettre un accès aux soins à tous nos concitoyens, vos électrices et vos électeurs, pour qu’en France vivre en bonne santé soit et reste une réalité.

Dans cette lettre nous vous résumons une partie de notre analyse sur les points de blocage et les leviers que la Loi devra changer pour que demain le pilier Santé retrouve sa juste place dans notre société. Pour que l’ensemble des praticiens et soignants des établissements de santé, du médico-social comme de la ville puissent retrouver la sérénité d’exercice dont ils ont besoin pour répondre aux attentes des patients et de leur famille.

Nous avons subi depuis des décennies le dogme de la rationalisation fiduciaire et notre système est à bout de souffle, au bord d’une rupture irrémédiable. La France qui dans les années 2000 était à la pointe de la médecine dans le monde se retrouve aujourd’hui au 23ème rang.

Notre rôle de corps intermédiaire a été trop souvent ignoré et parfois maltraité par une gangue administrative qui a parfois perdu le sens des valeurs de notre société. Nous connaissons bien les territoires et ce que nous avons à faire pour le bien commun. Nous vous l’avons démontré depuis longtemps et encore plus lors de la première vague Covid. Nous avons alerté également maintes fois pour que les choses évoluent…

Il semble temps aujourd’hui de changer de méthode et de retrouver des objectifs quantitatifs acceptables mais surtout qualitatifs en termes de juste soin pour les patients et d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle pour nous vos soignants. Ces conditions sont indispensables pour que nos concitoyens puissent retrouver une espérance de vie en bonne santé superposable à celle des autres pays et que les acteurs du soin que nous sommes puissent également retrouver le sens de leurs métiers.

Nous ne sommes pas abstentionnistes ou spectateurs passifs mais des acteurs engagés pour construire le renouveau tant attendu par les Françaises et les Français et clairement exprimé ces dernières semaines. Nous sommes et serons là pour vous aider à reconstruire et à moderniser l’existant pour que le vivre ensemble en bonne santé ne soit plus un mirage mais redevienne une réalité pour toutes et tous en tout point du territoire.

APH est à votre disposition pour travailler dans cette direction dans un respect mutuel et autour des valeurs de notre République.

Prenez soin de vous, des vôtres et de la santé de vos administrés comme celle de l’Hôpital Public et de notre système de soin.

 

APH REAGIT A LA « NOTE AU GOUVERNEMENT » DE MARTIN HIRSCH

 

Tribune APH du 9 mai 2022

 

Martin Hirsch, directeur général de l’APHP, s’est autorisé à envoyer une « note au gouvernement » [1] qui ressemble à un acte de candidature au poste de ministre chargé de la Santé. Dans cette note, adressée en copie à la presse, il étale ses réflexions et ses propositions pour l’hôpital public… Nous nous limiterons ici à commenter ses propositions, exposées comme une profession de foi.

Faire le constat du naufrage de l’hôpital public, annoncé par les syndicats depuis longtemps, fait désormais l’unanimité. Les discours des politiques et des administratifs assurant que l’hôpital tient toujours debout, qu’il a tenu pendant la pandémie, que la résilience des hospitaliers est inaltérable ne sont que façade. La réalité de notre quotidien est tout autre : la souffrance des hospitaliers explose, déprogrammations et fermetures de services résultent du manque de professionnels paramédicaux et médicaux, qui fuient en nombre le service public hospitalier. Nombre de celles et ceux qui restent encore sur le front sont rongés par un épuisement professionnel et personnel.

Cependant, les angles de vue proposés par Martin Hirsch sont inquiétants, en profond décalage avec les métiers du soin et la notion de service public.

  • Considérer que le soin se résume à une productivité mesurable est d’une cruelle indécence pour tous ceux dont on salue la vocation, l’humanisme et tout simplement le professionnalisme. Dans quelque secteur du soin que ce soit, le geste technique – qui rapporte à l’hôpital – n’est rien sans la relation du soignant avec le patient, sans le travail d’équipe, sans la réflexion sur son propre travail. C’est pourtant bien cette perte de sens qui fait fuir ou qui épuise les professionnels de santé.
  • Considérer que le professionnel de santé est un pion qui joue individuellement et que l’on peut balader d’un service à l’autre, d’un établissement à l’autre, d’une région à l’autre est encore une fois oublier le sens du soin à l’hôpital. Une équipe se construit, a une histoire, un projet, elle se renouvelle, mais doit savoir garder ceux qui s’investissent pour elle et doit donner la possibilité à chacun de s’investir, pour se sentir partie prenante de l’œuvre commune de soigner, d’accompagner et du vivre ensemble.
  • Considérer l’hôpital sans la ville oublie que le système de santé doit être centré autour du patient, et de son médecin traitant, et non du CHU parisien. Le champ du médico-social semblerait aussi avoir été omis… Le passage à l’hôpital d’un patient ne devrait se faire que lorsque les moyens de la ville et du premier recours sont dépassés : compétences spécialisées, plateaux techniques et maternités.
  • Défier les corps intermédiaires élus et donc légitimes, c’est-à-dire les syndicats – ce terme n’est même pas mentionné dans sa note – comme ne défendant pas les intérêts des praticiens est particulièrement déplacé. L’exemple de la discussion lors du Ségur sur la permanence des soins… à laquelle il n’a pas participé, contrairement à nous ! – en dit long sur sa vision du dialogue social…

Ainsi, ses propositions sont-elles également en décalage avec les métiers du soin hospitalier.

  • L’attractivité (jamais nommée dans la « note ») ne peut se résumer au problème des rémunérations. Il est si facile d’occulter les réelles difficultés : permanence des soins, temps de travail, reconnaissance de la pénibilité, équilibre vie professionnelle et personnelle, adaptation des contraintes à la parentalité… Le Ségur a été insuffisant, quand il n’a pas été insultant pour les praticiens hospitaliers. Le chantier de l’attractivité est à ouvrir réellement, courageusement : c’est une des priorités à mettre en œuvre immédiatement.
  • La mobilité versus la carrière à vie ? Destructrice de l’équipe et de tout projet professionnel, la perpétuelle mobilité contribuerait à envoyer les praticiens vers des carrières « à vie » dans les établissements qui le proposent : les établissements privés. Si nous sommes d’accord sur le fait que la concentration des prérogatives « clinique, enseignement, recherche et management » sur les seuls hospitalo-universitaires n’a pas de sens, il n’y a en revanche aucune honte à être praticien hospitalier toute sa vie, ou pendant un temps long, dans un même établissement. Il n’y a aucune honte à y travailler sans aspiration hospitalo-universitaire. Le travail hospitalier des praticiens implique la constitution de projets à long terme, d’investissements financiers, mais aussi de création de réseaux avec la ville, le médico-social et de suivi des patients porteurs de pathologies chroniques complexes. Monsieur Hirsch sait-il seulement ce qu’est le travail d’un praticien hospitalier, d’un soignant ?
  • La casse du statut ? Oui, les professionnels de santé gagneraient à être reconnus ou assimilés à des fonctionnaires « régaliens », plutôt que de poursuivre leur engagement dans l’hôpital public tout en voyant des collègues faire de l’intérim pour des rémunérations qui vont jusqu’à dix fois la leur, pour produire de l’acte sans contribuer aux piliers essentiels de l’hôpital que sont l’équipe, les liens entre services et la vie institutionnelle. Tous ces nouveaux contrats dont rêve Monsieur Hirsch ne font pas avancer l’hôpital : ils continuent à le détruire davantage. Les professionnels de santé engagés dans l’hôpital public demandent seulement à être rémunérés en fonction du travail qu’ils réalisent, où pénibilité et responsabilité doivent être prises en compte.
  • La gouvernance souffre en tout premier lieu de démocratie, notamment dans la désignation des chefs de service et de pôle. Aucun projet de réforme de gouvernance ne peut voir le jour sans ce prérequis. L’évocation des instances médicales et paramédicales des instances de gouvernance n’appelle pas la comparaison suggérée par Martin Hirsch : ni leur composition ni leurs missions ne sont comparables, ce d’autant qu’aucune représentation syndicale médicale locale n’est actée dans les établissements publics de santé. Cette absence d’implication des syndicats de praticiens hospitaliers à l’échelon du territoire de santé est une anomalie qui interroge…

Action Praticien Hôpital ne cesse d’appeler à réformer le système de santé et continuera à porter les principes de la qualité de vie des praticiens hospitaliers ; c’est l’intérêt de l’hôpital public : ceux qui y travaillent, ceux qui y sont soignés. Pour nous, le statut de praticiens est un gage de sûreté pour ce corps mais également d’équité sur l’ensemble du territoire national. Contrairement aux propos de Monsieur Hirsch, le cadre qu’il définit comme « rigide » de l’hôpital public ne l’empêche pas d’évoluer. Au contraire, il sécurise une réforme nécessaire, tout en gardant les prérogatives du service public comme les valeurs de la République pour défendre notre système solidaire de santé.

Nous défendrons des actions pour promouvoir un renouveau du système hospitalier et de celui de la santé en conservant les fondamentaux comme ceux des statuts, des engagements par conviction au service des patients et dans un esprit d’équipe et avec une rémunération revalorisée mais sans lien avec de l’intéressement et de la spéculation.

Cette réforme sera coûteuse mais elle est nécessaire, et elle sera efficace.

Ayons le courage de définir la place de l’hôpital public dans le système de santé : il n’est en concurrence ni avec la médecine de ville, ni avec l’activité des cliniques lucratives dont les missions et les objectifs sont différents.

Ayons le courage de mettre sur la table le problème du temps de travail des praticiens hospitaliers, chantier éludé du Ségur, et mettons en regard les rémunérations avec le volume horaire de travail réalisé par les praticiens.

Ayons le courage de corriger l’erreur du Ségur qui a valorisé l’engagement des jeunes sans considérer celui de ceux qui tiennent l’hôpital public depuis des dizaines d’années : donnons à tous la bonification d’ancienneté de 4 ans.

Ayons le courage de mettre sur la table le chantier de la permanence des soins : pas timidement et de manière insultante comme au Ségur, mais par une revalorisation massive à hauteur de la permanence des soins effectuée par les libéraux (le rapport de l’IGAS sur le sujet n’est toujours pas public…), et par une prise en compte des effets collatéraux du travail de nuit : pénibilité, déséquilibre vie professionnelle – vie personnelle, morbidité induite et réduction de l’espérance de vie.

Ayons le courage d’officialiser les mesures d’attractivité plutôt que de laisser perdurer les petits arrangements opaques, à la limite de la légalité, dont le principe et de nombreux exemples sont pourtant connus des tutelles.

Ayons le courage de réformer la gouvernance en imposant une réelle démocratie sanitaire, dans la désignation des chefs de service et de pôle autour d’un projet médico-soignant. Donnons la possibilité de faire exister les syndicats médicaux dans les établissements au même titre que les syndicats paramédicaux. Les syndicats et leurs représentants ont un rôle à joueur pour faire vivre le dialogue social dans les établissements de soins mais également sur les territoires de santé.

Ayons le courage d’un dialogue social équilibré. Les erreurs de trajectoire pour l’hôpital public, et notamment les plus récentes, sont le fruit de négociations tripartites où directeurs et DGOS ont une connivence à peine voilée, tandis que la parole – et même le vote – des praticiens concernant les évolutions est quasiment ignorée. Écouter le terrain sans le suivre nous a conduit dans le mur. Appliquer les propositions des représentants légitimes que sont les syndicats est la seule planche de salut pour l’hôpital public : Action Praticiens Hôpital, union d’Avenir Hospitalier et de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, et ses composantes, représentant l’ensemble des spécialités médicales, odontologiques et pharmaceutiques, majoritaires chez les praticiens hospitaliers et les contractuels aux dernières élections professionnelles, sera présent et force de propositions.

Jean-François Cibien- Président AH, Président APH, 06 07 19 79 83

Carole Poupon - Présidente CPH, Vice-présidente APH ; 06 76 36 56 67

Yves Rébufat - Président exécutif AH , 06 86 87 62 76

[1] https://www.lesechos.fr/economie-france/social/hopital-le-temps-de-la-refondation-1404467

 

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