Dialogue social

Merci et bravo à tous!

Avenir Hospitalier remercie tous les collègues de toutes spécialités qui ont suivi la journée de grève du 14 octobre. Tous les témoignages, (bientôt envoyés à la tutelle telles que vous avez souhaité les exprimer) convergent sur l'absolue nécessité de regarder en face la vérité :

Les médecins hospitaliers ne veulent plus être les instruments au détriment de leur santé d'une politique managériale vers plus d'activité pour plus de rentabilité.
C'est la première fois qu'autant d'atteintes au droit de grève sont notées : intoxication au retrait du préavis, intimidations pour empêcher la grève, réquisitions de 100% des grévistes pour ne pas toucher l'activité. Cette obstruction est significative des enjeux et des oppositions.


C'est un premier jour de mobilisation via une grève organisée en 3J qui montre l'exaspération (litote) des médecins hospitaliers.
Si besoin nous saurons montrer encore plus fort notre détermination. Ceux qui se disent "mobilisés" en ne bougeant pas verront se creuser le fossé entre eux et les collègues.
Nous sommes très attachés à l'hôpital et au service public ainsi qu'aux patients. Mais que peut être un hôpital sans médecins?

 

 

Avenir Hospitalier maintient son préavis de grève

Nous avons été reçus par la Ministre hier soir. Le préavis a servi à faire bouger les lignes concernant la gouvernance au sein des hôpitaux, redonnant aux médecins la place que HPST leur avait enlevé, et les moyens de redonner un versant plus médical et moins managérial. Nous nous en félicitons. La Loi de santé, qui n’est pas une Loi hospitalière, devient plus en phase avec les annonces de la ministre contre HPST.
 
Nous avons toutefois exprimé le profond mécontentement et la grande insatisfaction des PH, qui vivent au quotidien la dégradation de leurs conditions de travail, l’intensification du travail (+ 7% d’activité sur les hôpitaux alors que nous sommes de moins en moins nombreux), et le mépris institutionnel quotidien.
 
La proposition d’une mission parlementaire est intéressante, mais va encore reculer les nécessaires décisions à prendre de toute urgence pour l’attractivité des carrières. Les solutions sont connues, plusieurs rapports sont à disposition qui convergent ; notre déception est grande de ne pas avoir pu les négocier depuis 2 ans. La seule possible avancée sur astreintes et temps de travail n’est pas appliquée, avec maintenant un an de recul.
 
Nous avons rappelé à la Ministre la nécessité impérieuse de travailler sur les points suivants :

  • Le temps de travail et le respect nécessaire de la réglementation ;
  • les pénibilités du travail ;
  • la revalorisation de la permanence des soins ;
  • une refonte de la grille salariale avec suppression des 1ers échelons ;
  • les conditions de travail et la protection de la santé des médecins.

25% des postes ne sont pas pourvus, bien plus dans les spécialités à forte permanence des soins et dans certaines zones sinistrées. L’intérim médical amplifie ses ravages dans de nombreux endroits, et pour payer ces intérimaires il y a de l’argent !
 
Nous n’avons pas été entendus.
 
Avenir Hospitalier et l’ensemble de ses syndicats constitutifs appelent donc les médecins hospitaliers à faire entendre leur voix par le seul moyen qui nous reste, à savoir l’arrêt des soins non urgents le 14 octobre. Nous regrettons qu’il n’y ais pas de convergence syndicale quand il s’agit de la défense des PH.

Préavis de grève 14 octobre 2014

L'intersyndicale Avenir Hospitalier et le SNPHARE conjoitement aux autres intersyndicales, appelent l'ensemble des PH à la grève (couvert par le préavis suivant).

Nous exigeons des négociations avec vos services sur les points suivants :
 

  • L’attractivité des carrières médicales hospitalières, avec plusieurs volets : un volet temps de travail, un volet formation continue et DPC, un volet pénibilités, un volet grille salariale, un volet conditions de travail, un volet fins de carrières.

 

  • Le respect du Code du Travail ainsi que pour tout salarié, afin que nous puissions bénéficier du CHSCT pour tout ce qui concerne notre exercice de médecin salarié. Cette possibilité de dialogue social local doit être sanctuarisée dans la nouvelle loi de Santé avec place pour la représentation syndicale.
     

Lire le préavis complet, que vous pouvez dès maintenant transmettre à votre administration.

 

 

Grève du 14 octobre: Des avancées? Oui... peut-être...

Avenir Hospitalier était présent à la rencontre du 30 septembre avec le Cabinet de Mme Marisol Touraine et la DGOS.
Nous prenons note du fait que le préavis de grève posé par les 5 Intersyndicales a permis de faire bouger les lignes sur deux points :

L’attractivité des carrières et les conditions de travail. Pour rappel, nous exigeons de vraies négociations devant aboutir à un renouveau de la confiance et de la sérénité au sein des hôpitaux, principalement sur les points suivants : le temps de travail (les discussions en cours partout pour ne pas appliquer les principes de l’arrêté de novembre 2013 sont un excellent exemple de la mesquinerie régnant dans les hôpitaux). Les principes du temps de travail des médecins doivent être totalement remises à plat. La pénibilité telle que définie par le Code du Travail, mais aussi celles spécifiques à nos métiers. La refonte de la grille salariale: l’intérim médical ne sera vaincu que si l’argent est redistribué pour une meilleure attractivité du public. Le DPC et la FMC puisque les médecins salariés sont les grands perdants du dispositif, sans oublier la gestion des fins de carrière. On nous a dit que Mme Touraine avait conscience que les conditions de travail des médecins avaient changé et qu’il était temps d’agir. Nous allons donc voir ses propositions.

La gouvernance des hôpitaux. Il semble que nos exigences d’une gouvernance équilibrée redonnant plus de place aux médecins et aux équipes autour du soin aient été entendues sur le fond. Les discussions ne sont pas finies, mais nous avons été entendus ; encore faut-il qu'elles se concrétisent, nous connaissons tous les rapports de force en jeu et les oppositions.


Madame Marisol Touraine nous reçoit le 9 octobre, nous la remercions par avance. Mais les avancées sur la place des médecins à l’hôpital devront être garanties, et nous attendons d’elle un engagement fort sur de vraies négociations sur les sujets qui tiennent à cœur tous les médecins hospitaliers, avec un cadre, un mandat, et un calendrier.
Enfin, nous ne pouvons plus accepter d’être exclus des droits élémentaires dont disposent tous les salariés concernant la protection de notre santé au travail. Les CME n’ont jamais été le lieu de ces débats, sinon nous n’en serions pas là où nous en sommes. Ce qui impose notre présence au CHSCT


Nous préviendrons les collègues des propositions et de leur contenu dès la fin de l’entretien du 9 octobre. En espérant qu’il ne soit pas trop tard après 2 ans et demi d’attentes et donc de dégradation des conditions de travail et des situations locales.

 

LES RAISONS DE AH DE SE JOINDRE AU MOUVEMENT DE GREVE DES PH DU 14 OCTOBRE

Le Conseil d’Administration de Avenir Hospitalier a décidé de se joindre au mouvement de grève de 24 heures du 14 Octobre 2014, avec les autres intersyndicales.
 
Les engagements pris par la Ministre lors de sa nomination n’ont pas été respectés, notamment la fin proclamée de la loi HPST. Nous nous sommes largement impliqués dans le Pacte de confiance, et nous sommes trahis par la Loi de santé en cours.
 
Les acteurs de l’hôpital devaient retrouver confiance, or la loi qui est proposée est une version étendue de HPST : plus de technocratie et de bureaucratie, rien pour la démocratie au sein de l’hôpital, rien n’est proposé pour entendre et améliorer la vie des acteurs du soin que nous sommes.
Nous avons beaucoup été reçus, mais très peu entendus.
Les dossiers vitaux tels que l’attractivité des carrières seul moyen de combattre l’intérim médical, la révision du temps de travail, les pénibilités, notre formation médicale continue bradée via le DPC, la possibilité pour les médecins de bénéficier de protection de leur santé au travail, sont en souffrance depuis 2 ans.
La loi ne reprend aucune des propositions sur la gouvernance qui permette de laisser une place aux médecins au sein de l’hôpital, malgré une enquête dont les résultats assassinent l’organisation polaire actuelle. On espérait de la démocratie, on assiste à un renforcement des pouvoirs des potentats locaux.
 
Les PH sont très mécontents, car ils ont été bernés, et assistent à une arnaque à la démocratie sanitaire. Qu’est ce qu’un hôpital loin du soin, où les médecins se sentent bafoués méprisés et où la gouvernance n’a pour objectif que le seul le critère de rentabilité et de retour à l’équilibre, quitte à prendre des libertés avec la loi notamment sur les emplois médicaux.
 
L’hôpital doit rester le lieu du soin, au juste coût, mais qui fait une place à ses acteurs.
 
Nous exigeons donc des négociations, des vraies, portant sur :
 
- la place des médecins à l’hôpital, avec notamment une gouvernance équilibrée et juste, et des règles de démocratie interne.
- l’attractivité des carrières médicales hospitalières, comportant un volet temps de travail, un volet formation continue, un volet pénibilités, un volet grille salariale, un volet conditions de travail, un volet fins de carrières.


La Loi n’est pas votée, elle doit prendre en compte les aspirations des acteurs du soin hospitalier.
 
Nous appelons donc les collègues dont nous connaissons le fort mécontentement à faire grève le 14 octobre.
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

Retrouvez toute l'information dans le communiqué de presse (cliquez ici)

www.cfar.org/didoc/ 

 

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octobre 2022

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Les dernières actus

75 % DES MEDECINS HOSPITALIERS RISQUENT DE QUITTER L’HOPITAL PUBLIC DANS LES 5 ANS… … PARCE QUE PERSONNE NE PREND SOIN DES MEDECINS HOSPITALIERS.

MISSION-FLASH : UN NOUVEAU RATAGE GOUVERNEMENTAL (PREVISIBLE) !

Ce vendredi 1er juillet, Action Praticiens Hôpital dévoilait à la presse les résultats complets de l’enquête « Nuits Blanches » sur la permanence médicale des soins à l’hôpital public : 75 % des praticiens hospitaliers risquent de quitter l’hôpital public dans les 5 ans à cause de la permanence des soins. En parallèle, le rapport de la mission-flash sur les urgences était remis à la Première Ministre. Un rapport sans doute amoindri à la demande de la Première Ministre, puisque seules 41 des multiples propositions [CP1] [WA2] envisagées par la mission ont pu figurer dans le rapport.

le dossier de presse

Lettre aux élus De La République

Cliquez ici pour télécharger le numéro spécial d'Actu'APH

Paris, le 22 juin 2022

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Président, Madame la rapporteure de la commission d’enquête sur la situation de l’hôpital et le système de santé en France

Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,


Action Praticiens Hôpital, union d’Avenir Hospitalier et de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, organisation majoritaire aux dernières élections professionnelles pour le Conseil Supérieur des Personnels Médicaux vous remercie pour l’écoute attentive lors de notre audition au Sénat du 9 décembre 2021. Nous vous remercions pour le rapport que vous avez publié le 29 mars 2022 et nous nous permettons de vous rappeler notre proposition de réfléchir ensemble sur les modalités législatives à mettre en œuvre pour faire évoluer la situation de l’Hôpital Public et de l’accès à un juste soin qui se dégradent sur l’ensemble du territoire national.

Nous représentons les médecins, pharmaciens, odontologistes des hôpitaux et faisons partie des corps intermédiaires élus. Nous sommes issus du terrain et des terroirs de notre Nation. Nous appartenons à l’Hôpital Public pour lequel nous œuvrons jour et nuit pour permettre un accès aux soins à tous nos concitoyens, vos électrices et vos électeurs, pour qu’en France vivre en bonne santé soit et reste une réalité.

Dans cette lettre nous vous résumons une partie de notre analyse sur les points de blocage et les leviers que la Loi devra changer pour que demain le pilier Santé retrouve sa juste place dans notre société. Pour que l’ensemble des praticiens et soignants des établissements de santé, du médico-social comme de la ville puissent retrouver la sérénité d’exercice dont ils ont besoin pour répondre aux attentes des patients et de leur famille.

Nous avons subi depuis des décennies le dogme de la rationalisation fiduciaire et notre système est à bout de souffle, au bord d’une rupture irrémédiable. La France qui dans les années 2000 était à la pointe de la médecine dans le monde se retrouve aujourd’hui au 23ème rang.

Notre rôle de corps intermédiaire a été trop souvent ignoré et parfois maltraité par une gangue administrative qui a parfois perdu le sens des valeurs de notre société. Nous connaissons bien les territoires et ce que nous avons à faire pour le bien commun. Nous vous l’avons démontré depuis longtemps et encore plus lors de la première vague Covid. Nous avons alerté également maintes fois pour que les choses évoluent…

Il semble temps aujourd’hui de changer de méthode et de retrouver des objectifs quantitatifs acceptables mais surtout qualitatifs en termes de juste soin pour les patients et d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle pour nous vos soignants. Ces conditions sont indispensables pour que nos concitoyens puissent retrouver une espérance de vie en bonne santé superposable à celle des autres pays et que les acteurs du soin que nous sommes puissent également retrouver le sens de leurs métiers.

Nous ne sommes pas abstentionnistes ou spectateurs passifs mais des acteurs engagés pour construire le renouveau tant attendu par les Françaises et les Français et clairement exprimé ces dernières semaines. Nous sommes et serons là pour vous aider à reconstruire et à moderniser l’existant pour que le vivre ensemble en bonne santé ne soit plus un mirage mais redevienne une réalité pour toutes et tous en tout point du territoire.

APH est à votre disposition pour travailler dans cette direction dans un respect mutuel et autour des valeurs de notre République.

Prenez soin de vous, des vôtres et de la santé de vos administrés comme celle de l’Hôpital Public et de notre système de soin.

 

APH REAGIT A LA « NOTE AU GOUVERNEMENT » DE MARTIN HIRSCH

 

Tribune APH du 9 mai 2022

 

Martin Hirsch, directeur général de l’APHP, s’est autorisé à envoyer une « note au gouvernement » [1] qui ressemble à un acte de candidature au poste de ministre chargé de la Santé. Dans cette note, adressée en copie à la presse, il étale ses réflexions et ses propositions pour l’hôpital public… Nous nous limiterons ici à commenter ses propositions, exposées comme une profession de foi.

Faire le constat du naufrage de l’hôpital public, annoncé par les syndicats depuis longtemps, fait désormais l’unanimité. Les discours des politiques et des administratifs assurant que l’hôpital tient toujours debout, qu’il a tenu pendant la pandémie, que la résilience des hospitaliers est inaltérable ne sont que façade. La réalité de notre quotidien est tout autre : la souffrance des hospitaliers explose, déprogrammations et fermetures de services résultent du manque de professionnels paramédicaux et médicaux, qui fuient en nombre le service public hospitalier. Nombre de celles et ceux qui restent encore sur le front sont rongés par un épuisement professionnel et personnel.

Cependant, les angles de vue proposés par Martin Hirsch sont inquiétants, en profond décalage avec les métiers du soin et la notion de service public.

  • Considérer que le soin se résume à une productivité mesurable est d’une cruelle indécence pour tous ceux dont on salue la vocation, l’humanisme et tout simplement le professionnalisme. Dans quelque secteur du soin que ce soit, le geste technique – qui rapporte à l’hôpital – n’est rien sans la relation du soignant avec le patient, sans le travail d’équipe, sans la réflexion sur son propre travail. C’est pourtant bien cette perte de sens qui fait fuir ou qui épuise les professionnels de santé.
  • Considérer que le professionnel de santé est un pion qui joue individuellement et que l’on peut balader d’un service à l’autre, d’un établissement à l’autre, d’une région à l’autre est encore une fois oublier le sens du soin à l’hôpital. Une équipe se construit, a une histoire, un projet, elle se renouvelle, mais doit savoir garder ceux qui s’investissent pour elle et doit donner la possibilité à chacun de s’investir, pour se sentir partie prenante de l’œuvre commune de soigner, d’accompagner et du vivre ensemble.
  • Considérer l’hôpital sans la ville oublie que le système de santé doit être centré autour du patient, et de son médecin traitant, et non du CHU parisien. Le champ du médico-social semblerait aussi avoir été omis… Le passage à l’hôpital d’un patient ne devrait se faire que lorsque les moyens de la ville et du premier recours sont dépassés : compétences spécialisées, plateaux techniques et maternités.
  • Défier les corps intermédiaires élus et donc légitimes, c’est-à-dire les syndicats – ce terme n’est même pas mentionné dans sa note – comme ne défendant pas les intérêts des praticiens est particulièrement déplacé. L’exemple de la discussion lors du Ségur sur la permanence des soins… à laquelle il n’a pas participé, contrairement à nous ! – en dit long sur sa vision du dialogue social…

Ainsi, ses propositions sont-elles également en décalage avec les métiers du soin hospitalier.

  • L’attractivité (jamais nommée dans la « note ») ne peut se résumer au problème des rémunérations. Il est si facile d’occulter les réelles difficultés : permanence des soins, temps de travail, reconnaissance de la pénibilité, équilibre vie professionnelle et personnelle, adaptation des contraintes à la parentalité… Le Ségur a été insuffisant, quand il n’a pas été insultant pour les praticiens hospitaliers. Le chantier de l’attractivité est à ouvrir réellement, courageusement : c’est une des priorités à mettre en œuvre immédiatement.
  • La mobilité versus la carrière à vie ? Destructrice de l’équipe et de tout projet professionnel, la perpétuelle mobilité contribuerait à envoyer les praticiens vers des carrières « à vie » dans les établissements qui le proposent : les établissements privés. Si nous sommes d’accord sur le fait que la concentration des prérogatives « clinique, enseignement, recherche et management » sur les seuls hospitalo-universitaires n’a pas de sens, il n’y a en revanche aucune honte à être praticien hospitalier toute sa vie, ou pendant un temps long, dans un même établissement. Il n’y a aucune honte à y travailler sans aspiration hospitalo-universitaire. Le travail hospitalier des praticiens implique la constitution de projets à long terme, d’investissements financiers, mais aussi de création de réseaux avec la ville, le médico-social et de suivi des patients porteurs de pathologies chroniques complexes. Monsieur Hirsch sait-il seulement ce qu’est le travail d’un praticien hospitalier, d’un soignant ?
  • La casse du statut ? Oui, les professionnels de santé gagneraient à être reconnus ou assimilés à des fonctionnaires « régaliens », plutôt que de poursuivre leur engagement dans l’hôpital public tout en voyant des collègues faire de l’intérim pour des rémunérations qui vont jusqu’à dix fois la leur, pour produire de l’acte sans contribuer aux piliers essentiels de l’hôpital que sont l’équipe, les liens entre services et la vie institutionnelle. Tous ces nouveaux contrats dont rêve Monsieur Hirsch ne font pas avancer l’hôpital : ils continuent à le détruire davantage. Les professionnels de santé engagés dans l’hôpital public demandent seulement à être rémunérés en fonction du travail qu’ils réalisent, où pénibilité et responsabilité doivent être prises en compte.
  • La gouvernance souffre en tout premier lieu de démocratie, notamment dans la désignation des chefs de service et de pôle. Aucun projet de réforme de gouvernance ne peut voir le jour sans ce prérequis. L’évocation des instances médicales et paramédicales des instances de gouvernance n’appelle pas la comparaison suggérée par Martin Hirsch : ni leur composition ni leurs missions ne sont comparables, ce d’autant qu’aucune représentation syndicale médicale locale n’est actée dans les établissements publics de santé. Cette absence d’implication des syndicats de praticiens hospitaliers à l’échelon du territoire de santé est une anomalie qui interroge…

Action Praticien Hôpital ne cesse d’appeler à réformer le système de santé et continuera à porter les principes de la qualité de vie des praticiens hospitaliers ; c’est l’intérêt de l’hôpital public : ceux qui y travaillent, ceux qui y sont soignés. Pour nous, le statut de praticiens est un gage de sûreté pour ce corps mais également d’équité sur l’ensemble du territoire national. Contrairement aux propos de Monsieur Hirsch, le cadre qu’il définit comme « rigide » de l’hôpital public ne l’empêche pas d’évoluer. Au contraire, il sécurise une réforme nécessaire, tout en gardant les prérogatives du service public comme les valeurs de la République pour défendre notre système solidaire de santé.

Nous défendrons des actions pour promouvoir un renouveau du système hospitalier et de celui de la santé en conservant les fondamentaux comme ceux des statuts, des engagements par conviction au service des patients et dans un esprit d’équipe et avec une rémunération revalorisée mais sans lien avec de l’intéressement et de la spéculation.

Cette réforme sera coûteuse mais elle est nécessaire, et elle sera efficace.

Ayons le courage de définir la place de l’hôpital public dans le système de santé : il n’est en concurrence ni avec la médecine de ville, ni avec l’activité des cliniques lucratives dont les missions et les objectifs sont différents.

Ayons le courage de mettre sur la table le problème du temps de travail des praticiens hospitaliers, chantier éludé du Ségur, et mettons en regard les rémunérations avec le volume horaire de travail réalisé par les praticiens.

Ayons le courage de corriger l’erreur du Ségur qui a valorisé l’engagement des jeunes sans considérer celui de ceux qui tiennent l’hôpital public depuis des dizaines d’années : donnons à tous la bonification d’ancienneté de 4 ans.

Ayons le courage de mettre sur la table le chantier de la permanence des soins : pas timidement et de manière insultante comme au Ségur, mais par une revalorisation massive à hauteur de la permanence des soins effectuée par les libéraux (le rapport de l’IGAS sur le sujet n’est toujours pas public…), et par une prise en compte des effets collatéraux du travail de nuit : pénibilité, déséquilibre vie professionnelle – vie personnelle, morbidité induite et réduction de l’espérance de vie.

Ayons le courage d’officialiser les mesures d’attractivité plutôt que de laisser perdurer les petits arrangements opaques, à la limite de la légalité, dont le principe et de nombreux exemples sont pourtant connus des tutelles.

Ayons le courage de réformer la gouvernance en imposant une réelle démocratie sanitaire, dans la désignation des chefs de service et de pôle autour d’un projet médico-soignant. Donnons la possibilité de faire exister les syndicats médicaux dans les établissements au même titre que les syndicats paramédicaux. Les syndicats et leurs représentants ont un rôle à joueur pour faire vivre le dialogue social dans les établissements de soins mais également sur les territoires de santé.

Ayons le courage d’un dialogue social équilibré. Les erreurs de trajectoire pour l’hôpital public, et notamment les plus récentes, sont le fruit de négociations tripartites où directeurs et DGOS ont une connivence à peine voilée, tandis que la parole – et même le vote – des praticiens concernant les évolutions est quasiment ignorée. Écouter le terrain sans le suivre nous a conduit dans le mur. Appliquer les propositions des représentants légitimes que sont les syndicats est la seule planche de salut pour l’hôpital public : Action Praticiens Hôpital, union d’Avenir Hospitalier et de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, et ses composantes, représentant l’ensemble des spécialités médicales, odontologiques et pharmaceutiques, majoritaires chez les praticiens hospitaliers et les contractuels aux dernières élections professionnelles, sera présent et force de propositions.

Jean-François Cibien- Président AH, Président APH, 06 07 19 79 83

Carole Poupon - Présidente CPH, Vice-présidente APH ; 06 76 36 56 67

Yves Rébufat - Président exécutif AH , 06 86 87 62 76

[1] https://www.lesechos.fr/economie-france/social/hopital-le-temps-de-la-refondation-1404467

 

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