Hélène Beringuier (Présidente de l’ANMTEPH) tire la sonnette d’alarme !

Mail d’Helène Beringuier au Conseil d’administration d’Avenir Hospitalier du 11 avril 2018.
 
« On demande de plus en plus aux médecins du travail (MDT) mais, on réduit leur nombre et on limite leurs moyens. À l'hôpital, nous sommes de moins en moins nombreux. Les directions font tout pour ne pas installer la pluridisciplinarité dans nos services pour garder les préventeurs sous leur autorité. La majorité des MDT sont en CDI et les postes de PH ne sont créés qu'au compte goutte. Nous sommes conscients de la situation des personnels médicaux et des risques pour leur santé, nous sommes à leur écoute lorsqu'ils nous sollicitent. Mais mettre en place un suivi régulier alors que nous ne sommes même plus capables de l'assurer pour le personnel non médical me parait un souhait légitime mais impossible à réaliser. Dans mon établissement je rencontre les nouveaux médecins à leur arrivée : cela permet de faire le point sur leur santé et leurs vaccinations (pas toujours OK malgré leurs passé d'étudiant et d'interne), j'essaye de les sensibiliser à la nécessité d'être attentif à leur santé au travail, j'insiste sur le fait que je serai disponible s'ils ont besoin un jour de conseil ou d'aménagement de poste ou simplement de parler. Ensuite, j'essaye de faire passer des messages de prévention souvent par mail. Les AT, les AES, les enquêtes BK sont l'occasion de reparler de la prévention. La présentation de mon rapport annuel à la CME est aussi l'occasion de faire passer des messages, mais je ne peux pas faire mieux. Je suis seule MDT pour 3200 personnels (la réglementation prévoit 1 pour 1500). Mon association, l'ANMTEPH, a une écoute polie mais lointaine de la DGOS. J'ai écrit dernièrement à C. Courège, en qualité de présidente de l'ANMTEPH, pour aborder des points précis de réglementation qui sont problématiques pour le fonctionnement des médecins du travail hospitaliers. Aucune réponse ! Et pourtant, je siège à la CHSCT du conseil supérieur de la FPH qu'elle préside. Max Doppia devait organiser une rencontre avec la Ministre pour aborder tout cela. Quand je pense que le Président de la République dit que la prévention est une priorité ! En attendant tout le personnel hospitalier souffre. Et les suicides ne sont que la partie émergée de l'iceberg. 
Comment stopper cette hécatombe ? » 
 

La réaction de l’intersyndicale Action Praticiens Hôpital 

Ce mail d’Hélène Beringuier est un véritable appel de détresse des Médecins Du Travail (MDT). 

À eux comme à d’autres on demande de faire plus avec moins. 
Aux abords du réacteur en fusion que représente l’hôpital public, ils en perçoivent les radiations dévastatrices, sans pouvoir, ou si peu, agir pour en protéger le personnel.
Placés entre l’écorce des directions et l’arbre des acteurs de soins, leur capacité de mobilisation est minime. Ils sont même dans l’impossibilité matérielle du simple suivi médical des collègues.
Cet appel doit interpeller tous les médecins de l’hôpital public, et au-delà, tous les soignants.
À l’heure où le métier même de MDT est menacé, où son rôle et ses moyens sont drastiquement réduits, où ses effectifs sont squelettiques, il est indispensable que jouent à plein les solidarités des professionnels de santé pour défendre ces collègues. Max Doppia avait bien vu l’importance d’inviter l’an dernier l’ANMTEPH à être partenaire d’AH. 
Faut-il sans réagir laisser appliquer ces forfaitures : disjoindre le rôle des MDT des objectifs affichés par les pouvoirs publics d’amélioration de la qualité de vie au travail ? Oublier le recours qu’ils représentent pour un médecin, un soignant, isolé dans sa souffrance au sein d’un service où il est cerné par l’incompréhension, voire l’agressivité ? Ne pas reconnaître leur place dans la prévention, tant vantée (à juste titre) par nos édiles ? Nier sa capacité d’orientation vers un collègue soignant ? Les déposséder de leur pouvoir de dénonciation les dysfonctionnements organisationnels, les conflits stériles et ravageurs, les harcèlements sournois ? Nous ne voulons pas croire que les pouvoirs publics craignent que les MDT pourraient devenir des lanceurs d’alerte de la souffrance des soignants à l’hôpital en accédant au statut de PH. Ce statut qui les protègerait des abus de pouvoir et des risques d’exclusion. Rappelons-nous que notre collègue Irène Frachon, PH pneumologue du CHU de Brest, a débusqué et rendu public le scandale du Médiator malgré les obstacles et les intimidations, sans qu’on puisse la priver de son métier de médecin. La condition statutaire de PH, bien qu’imparfaite, garantie une autonomie professionnelle minimale et une liberté de parole si tant est que nous osions l’utiliser.
 
Il serait trop facile et odieux de prendre justement pour prétexte les incapacités conjoncturelles du MDT dues aux manques de moyens humains.
 
Par le biais de l’accession généralisée au statut de PH au même titre que les autres disciplines et spécialités, l’intégration dans la communauté médicale hospitalière permettra aux MDT de retrouver une dignité professionnelle à la hauteur de leur formation et de leurs missions. Elle instituera des échanges constructifs au sein de l’hôpital avec les acteurs engagés pour une meilleure qualité du travail. Elle articulera plus aisément l’action des MDT avec celles déjà mises en place, comme les systèmes d’écoute et de traitement de la souffrance au travail , la généralisation progressive du suivi de chaque médecin par un médecin traitant grâce à la campagne « Dis doc t’as ton doc » soutenue par le Ministère de la santé, l’intervention dans les différentes instances, les CME, le CHSCT, le CT. 
Ne décevons pas l’enthousiasme qu’ont manifesté les MDT à nous rejoindre ! Faisons nôtre leur cause !
 
Richard Torrielli et Jacques Trévidic
 
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

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www.cfar.org/didoc/ 

 

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Les annonces de recrutement 
Février 2020

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Les dernières actus

SÉGUR DE LA SANTÉ : LES 5 AXES DE NÉGOCIATIONS AVANCÉS

LETTRE D'INFORMATION APH-JM-INPH

du 19 juin 2020

Le Ségur de la Santé a démarré le 25 mai 2020 et s’articule autour de 4 « piliers » :

Pilier 1 : Carrières et rémunérations

Pilier 2 : Financements et investissements

Pilier 3 : Simplification du quotidien (gouvernance)

Pilier 4 : Territoires

Sur ces 4 piliers, les intersyndicales de praticiens hospitaliers ainsi que plusieurs syndicats constitutifs ont fourni des contributions.

Les concertations autour des piliers 2, 3 et 4 sont rendues difficiles par le nombre d’intervenants (hôpital, libéraux, usagers, institutionnels) et donnent l’impression d’une grande improvisation. Toutefois, nos organisations essaient de faire passer quelques idées.

Le pilier 1 est de loin le plus important. Un espace de négociation entre le Ministère et les organisations syndicales représentatives a été ouvert.

Ce mardi 16 juin nous ont été exposés les axes de la négociation, et nous avons pu faire des contre-propositions. Mardi 23 juin, un chiffrage va nous être annoncé pour chacune des propositions, et mardi 30 juin nous devrions avoir une proposition de protocole d’accord en présence du ministre Olivier Véran, pour une signature des « Accords de la Santé » dans la première quinzaine de juillet 2020. Il est prévu des mesures immédiates et le lancement de groupes de travail pour des mesures plus complexes.

Voici les 5 axes de négociations avancés :

  • La revalorisation salariale des personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologiques est à l’ordre du jour. Alors que la suppression des 3 premiers échelons de PH est déjà engagée de longue date et va être prochainement publiée, le salaire de tous les praticiens – milieu et fin de carrière, mais aussi internes et contractuels – devrait être revalorisé dans le cadre du Ségur, ainsi bien sûr que pour les personnels non médicaux.
  • Dans ce chapitre, la clarification sur le décompte du temps de travail a été de nouveau réclamée. C’est en particulier la nécessité d’une définition claire de la durée des obligations de service des PH en une unité de compte définie, a priori l’heure de travail.
  • Une juste valorisation du temps de travail de nuit dont la pénibilité doit être reconnue a été à nouveau réclamée. La reconnaissance du principe d’une nuit = 3 demi-journées ou 24 heures = 5 demi-journées est soutenue par toutes les intersyndicales et de la FHF.
  • Un relèvement important de l’indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE) est demandée. Nous demandons de même, qu’elle redevienne identique pour tous les praticiens quelle que soit leur ancienneté.
  • La création d’échelons supplémentaires (3 sans doute) qui permettrait aux PH d’obtenir de l’avancement durant toute leur carrière est demandée.
  • Une revalorisation du temps de travail additionnel (TTA) et les indemnités liées à la permanence des soins est proposée à la négociation.
  • Nous demandons également que la retraite et protection sociale des HU soient revalorisées à la hauteur de celle des PH.
  • Des propositions chiffrées seront présentées par les pouvoirs publics le 23 juin.
  • Développement et valorisation des compétences
    • Seraient ouvert à la négociation la création de valences rémunérées pour l’enseignement et la recherche, le management.
    • Possibilité élargie aux PH d’avoir des missions universitaires et aux HU de travailler en CH.
    • Le financement de la formation continue sera intégré dans la négociation avec des mesures qui facilitent l’accès à la formation continue et à des passerelles pour les deuxièmes parties de carrière.
  • Diversification des modes d’exercice
    • ​Réaffirmation d’un véhicule commun statutaire quand bien même il y a une attente exprimée pour des exercices « mixtes » avec un statut unique de PH temps plein ou temps partiel, avec possibilité d’exercice mixte public ou privé, tout au long de la carrière.
    • La proposition du développement de profession médicale intermédiaire est une modalité d’évolution des métiers qui a été retoquée par l’ensemble des participants. En revanche, l’émergence d’une science paramédicale autonome et sa reconnaissance est une nécessité reconnue.
  • Qualité de vie au travail
    • L’idée est de se recentrer sur la notion de service (et non d’unité fonctionnelle ou de pôle) et ses moyens de fonctionnements collectifs (temps de réunion inclus dans les obligations de service).
    • Principe d’une protection sociale complémentaire financée par l’établissement, garantissant une compensation des revenus (salaires, permanence des soins, primes).
    • Le principe d’une reconnaissance de la pénibilité (en particulier de la permanence des soins) fait consensus.
  • Santé au travail
    • Visite médicale annuelle obligatoire pour tous les PH.
    • Principe d’une protection sociale complémentaire financée par l’établissement, garantissant une compensation des revenus (salaires, permanence des soins, primes).

Mercredi dernier, la Commission des statuts du conseil supérieur des personnels médicaux, odontologistes et pharmaceutiques des établissements publics de santé (CSPM) a examiné un décret qui supprime les 3 premiers échelons de la carrière de PH ce qui permettra à un jeune PH de rentrer directement au 4e échelon (devenu le 1er) et de bénéficier ainsi d'un gain en matière d'ancienneté. Un autre projet de décret vise à octroyer aux praticiens hospitaliers dès la période probatoire l'indemnité d'engagement de service public exclusif, et l'indemnité d'activité sectorielle et de liaison pour ceux nommés dans la spécialité psychiatrie.

Ces propositions sont encourageantes pour l’avenir des praticiens hospitaliers et de l’hôpital public. Nous devons toutefois faire preuve d’un optimisme prudent. Si ces annonces n’étaient finalement pas honorées, nous vous appellerons bien sûr à vous mobiliser.

Nous continuerons à donner toute l’énergie nécessaire durant le marathon du Ségur pour défendre vos intérêts. Merci de votre confiance.

Dr Jacques Trévidic, Président APH, Président CPH

Dr Jean-François Cibien, Vice-président APH, Président AH

Dr Rachel Bocher, Présidente INPH

Dr Emanuel Loeb, Président JM

 
 

Communiqué unitaire des organisations syndicales et des collectifs hospitaliers publics : crise du Covid-19.

 

Lire le communiqué  

L’OSAT s’adapte à la crise sanitaire

L’Observatoire de la souffrance au Travail d’APH est un outil d’appréciation et d’écoute de la souffrance au travail des médecins et pharmaciens hospitaliers en France. Parce que le contexte actuel est particulièrement difficile, que cette crise se surajoute à un hôpital public déjà dégradé et à des soignants à bout de souffle, l’OSAT  a souhaité se pencher  sur les difficultés soulevées par cette crise et comment elles sont vécues par les soignants : manque de moyens mettant en jeu la sécurité individuelle, obligation de prises de décisions non éthiques, surcharge de travail, non-respect des rythmes physiologiques, manque d’effectifs, épuisement émotionnel, syndrome de stress post traumatique… L’OSAT propose à travers une déclaration en ligne sur le site https://osat.aph-france.fr  une expression des difficultés rencontrées pendant cette crise sanitaire. Les praticiens qui le souhaitent pourront bénéficier d’une assistance téléphonique pour une écoute et une aide psychologique ou syndicale par l’un des observateurs de l’OSAT, médecins ou pharmaciens.

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