Textes officiels

TEMPS DE TRAVAIL DES MEDECINS HOSPITALIERS : LES NOUVELLES REGLES EXPLIQUEES. RIEN NE DOIT PLUS RETARDER L’APPLICATION DES TEXTES

Le premier volet de réformes sur le temps de travail est publié, avec un arrêté en novembre et sa circulaire d’application.

Si le ministère respecte ses engagements, un deuxième volet de concertation doit s’engager,  visant à refondre l’ensemble de l’arrêté de 2003 pour en gommer les incohérences globales rendant son application variable selon les interprétations des directions. Le premier volet a été concerté sous deux pressions : des contentieux au Tribunal Administratif pour travail dissimulé en astreintes ; et l’injonction de la Communauté Européenne à respecter sa DE temps de travail , après qu’elle ait été saisie par le SNPHAR-E en 2009.

Ces deux textes, bien qu’insuffisants et limités, constituent en eux seuls les germes de profonds bouleversements au sein des hôpitaux, et la possibilité pour les praticiens de faire respecter leurs droits aussi bien pour le travail en astreinte que pour faire respecter la limite des 48 heures hebdomadaires.

Les directions ne s’y sont pas trompées, nous vous conseillons de lire l’article joint pour lire leur incompréhension à notre volonté de ne pas nous tuer au travail.

Astreintes, temps de travail? Qu’est ce qui va changer au fond ?

 

ASTREINTES

Le caractère aléatoire des déplacements en astreintes rend difficile une modélisation du changement. Mais les grands principes sont :

  • Un repos quotidien après chaque déplacement, d’une durée de 11 heures après la fin du dernier déplacement.
  • L’intégration du temps de déplacement et du temps de trajet dans le décompte du temps de travail réalisé sur le quadrimestre.
  • L’intégration du temps de trajet, à raison de 1H par déplacement, plafonné à 2H par nuit.
  • Tout déplacement est indemnisé à l’instar d’une permanence sur place, soit une demi indemnité de sujétion par plage de travail de 5H (132 euros), (avec une dérogation pour les déplacements de 3H qui seront indemnisés également 132 euros sans inclusion du temps de trajet). Ces indemnités de sujétion seront versées chaque mois.
  • Deux possibilités pour ce temps de travail : soit il est intégré dans les obligations de service, à raison d’une demi-journée par tranche cumulée de 5 H qui sera donc rémunérée comme une demi-garde ; soit il est contractualisé comme du temps de travail additionnel, sur la base d’une demi-plage de TTA de nuit. Le bilan en fin de quadrimestre du temps travaillé en astreinte segmenté par plage de 5H (en positif), et du temps passé en repos quotidien (en négatif), permettra de savoir combien de plages seront rémunérées en TTA, ou combien seront à récupérer car incluses dans les obligations de service. Schématiquement, les déplacements de début de nuit sans RQ, ou de samedi et dimanche de jour, généreront du temps payé en TTA ou récupéré. Les déplacements de fin de nuit n’en généreront pas car le repos quotidien viendra en négatif sur le décompte global.
  • Comme pour la garde sur place, le temps de déplacement est plafonné à 2 demi-journées.
  • En aucun cas la valeur de 5 heures donnée à une plage de déplacement ne correspond à une valeur donnée à la demi-journée de travail.
  • Les déplacements exceptionnels sont pris en compte à l’identique, en temps, en rémunération et en repos quotidien.
  • Les astreintes forfaitisées se verront appliquer les mêmes principes obligatoires de décompte du temps de travail et de repos quotidien : la forfaitisation ne concernera donc que la rémunération.
  • Afin de ne pas alourdir les organisations, ni baisser l’activité, il est possible de décliner localement le principe de cette réglementation, à condition que le règlement qui nécessitera l’accord des PH, soit validé par le pôle et la COPS. Par exemple, si vous n’êtes pas assez nombreux pour couper les week ends et assurer le repos, vous pouvez décider que le repos suffisant sera de principe le lundi selon tous les déplacements du week end. Mais vous devez vous-même décider de déroger au principe de repos immédiat après déplacement, avec la compensation que vous avez décidée, et pas vous le faire imposer pour des raisons de rentabilité. Nous accompagnerons tous les collègues qui pourraient se voir imposer des organisations contraires à l’esprit de cette nouvelle réglementation et qu’ils ne valident pas.

 

TEMPS DE TRAVAIL

L’arrêté et la circulaire précisent l’obligation faite aux directions de contractualiser le temps de travail additionnel. Désormais, le directeur est responsable juridiquement de l’organisation du temps de travail, de la surveillance via des registres portés à la connaissance de la médecine du travail, de la CME et de l’ARS que la santé des médecins de son établissement n’est pas mise en jeu par du TTA obligé au delà des 48 heures, et du respect du repos quotidien. Nos directeurs ne s’y sont pas trompés et s’en inquiètent.

Par cette disposition, désormais, la borne des 48 heures devient une vraie borne, et il sera possible de s’opposer à son dépassement sans notre accord. En cas de désaccord, il sera possible d’alerter le CHSCT de l’établissement, qui sera obligé de traiter les causes de ces dépassements, et le directeur devra prendre les mesures qui s’imposent pour le respect de la santé du praticien.


L’AVIS DE AVENIR HOSPITALIER

Cet arrêté constitue les germes du respect de notre santé au travail. Sa rédaction et son application sont complexes du fait de l’absence de prévisibilité des déplacements, et du sous dimensionnement de nombreuses équipes pour effectuer travail de nuit ET travail de jour. Mais il contient suffisamment de précisions pour que localement nous fassions respecter les principes de notre santé au travail. Les « managers » ne s’y sont pas trompés, inquiets des conséquences de cette nouvelle réglementation.

Pour nous, la révision partielle de ce texte (au lieu de revoir dans sa globalité les principes du temps de travail) n’est pas satisfaisante, et nous travaillons pour que le texte soit revu dans sa globalité.

D’ores et déjà, nous ne sommes pas d’accord avec plusieurs éléments de cet arrêté : le plafonnement à 2 demi journées, qui comme en garde sur place, dissimule 4 heures de travail par nuit ; le plafonnement à 2H de trajet par nuit, en cas de déplacements multiples ; l’absence de décompte vrai des heures, le fait que en dessous de 30 mn le temps de travail n’existe pas.

Nous considérons toutefois que c’est une avancée, dont nous devons nous saisir rapidement : son application doit être effective, et non remise aux calendes grecques : les administrations ont eu le temps d’y réfléchir depuis le 8 novembre 2013, et de faire évoluer les logiciels de temps médical. Nos « managers » connaissent suffisamment le droit pour savoir que l’application d’un arrêté ne dépend pas d’une circulaire d’application : nous exigeons donc son application rétroactive à partir du 1er janvier 2014,  afin de tomber sur un quadrimestre entier, et de contractualiser ou non ce temps de travail en TTA. Le temps déplacé doit être inclus a posteriori dans nos obligations de service et récupéré, ou rémunéré comme du TTA. Le repos quotidien doit être appliqué dès ce jour.

Nous connaissons les particularités de notre activité de jour comme de nuit : nous exigeons de conceptualiser le règlement intérieur qui sera validé par le pôle et la COPS : c’est le meilleur moyen de nous organiser en pénalisant le moins possible les patients que nous devons prendre en charge le lendemain de l’astreinte. Tout règlement venant du haut, uniforme sur un établissement, sans prendre en compte notre type d’activité, et voulant surtout simplifier la conceptualisation des logiciels de temps médical, sera à lourd retentissement sur l’activité. C’est le moment de faire confiance aux acteurs.

Les dimensionnements d’équipe, et les mutualisations nécessaires entre équipes doivent aussi recueillir les accords des acteurs.

Nous disposons d’un vecteur réglementaire pour faire respecter notre droit à ne pas dépasser 48 heures max hebdomadaires : le directeur est désormais responsable devant la loi des organisations et du respect des injonctions de l’Europe. Les contrats de TTA sont obligatoires, on ne peut vous imposer d’en faire contre votre avis, et si les termes de contrat ne vous plaisent pas, ne le signez pas. Nous vous conseillons notamment de ne pas accepter tout TTA de nuit.

 

Nous sommes à votre disposition pour vous aider localement à faire respecter  cette nouvelle réglementation, qui est là pour vous PROTEGER. C’est notre combat depuis 10 ans qui l’a permise, à nous de la faire vivre désormais partout.

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

Retrouvez toute l'information dans le communiqué de presse (cliquez ici)

www.cfar.org/didoc/ 

 

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octobre 2022

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Les dernières actus

75 % DES MEDECINS HOSPITALIERS RISQUENT DE QUITTER L’HOPITAL PUBLIC DANS LES 5 ANS… … PARCE QUE PERSONNE NE PREND SOIN DES MEDECINS HOSPITALIERS.

MISSION-FLASH : UN NOUVEAU RATAGE GOUVERNEMENTAL (PREVISIBLE) !

Ce vendredi 1er juillet, Action Praticiens Hôpital dévoilait à la presse les résultats complets de l’enquête « Nuits Blanches » sur la permanence médicale des soins à l’hôpital public : 75 % des praticiens hospitaliers risquent de quitter l’hôpital public dans les 5 ans à cause de la permanence des soins. En parallèle, le rapport de la mission-flash sur les urgences était remis à la Première Ministre. Un rapport sans doute amoindri à la demande de la Première Ministre, puisque seules 41 des multiples propositions [CP1] [WA2] envisagées par la mission ont pu figurer dans le rapport.

le dossier de presse

Lettre aux élus De La République

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Paris, le 22 juin 2022

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Président, Madame la rapporteure de la commission d’enquête sur la situation de l’hôpital et le système de santé en France

Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,


Action Praticiens Hôpital, union d’Avenir Hospitalier et de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, organisation majoritaire aux dernières élections professionnelles pour le Conseil Supérieur des Personnels Médicaux vous remercie pour l’écoute attentive lors de notre audition au Sénat du 9 décembre 2021. Nous vous remercions pour le rapport que vous avez publié le 29 mars 2022 et nous nous permettons de vous rappeler notre proposition de réfléchir ensemble sur les modalités législatives à mettre en œuvre pour faire évoluer la situation de l’Hôpital Public et de l’accès à un juste soin qui se dégradent sur l’ensemble du territoire national.

Nous représentons les médecins, pharmaciens, odontologistes des hôpitaux et faisons partie des corps intermédiaires élus. Nous sommes issus du terrain et des terroirs de notre Nation. Nous appartenons à l’Hôpital Public pour lequel nous œuvrons jour et nuit pour permettre un accès aux soins à tous nos concitoyens, vos électrices et vos électeurs, pour qu’en France vivre en bonne santé soit et reste une réalité.

Dans cette lettre nous vous résumons une partie de notre analyse sur les points de blocage et les leviers que la Loi devra changer pour que demain le pilier Santé retrouve sa juste place dans notre société. Pour que l’ensemble des praticiens et soignants des établissements de santé, du médico-social comme de la ville puissent retrouver la sérénité d’exercice dont ils ont besoin pour répondre aux attentes des patients et de leur famille.

Nous avons subi depuis des décennies le dogme de la rationalisation fiduciaire et notre système est à bout de souffle, au bord d’une rupture irrémédiable. La France qui dans les années 2000 était à la pointe de la médecine dans le monde se retrouve aujourd’hui au 23ème rang.

Notre rôle de corps intermédiaire a été trop souvent ignoré et parfois maltraité par une gangue administrative qui a parfois perdu le sens des valeurs de notre société. Nous connaissons bien les territoires et ce que nous avons à faire pour le bien commun. Nous vous l’avons démontré depuis longtemps et encore plus lors de la première vague Covid. Nous avons alerté également maintes fois pour que les choses évoluent…

Il semble temps aujourd’hui de changer de méthode et de retrouver des objectifs quantitatifs acceptables mais surtout qualitatifs en termes de juste soin pour les patients et d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle pour nous vos soignants. Ces conditions sont indispensables pour que nos concitoyens puissent retrouver une espérance de vie en bonne santé superposable à celle des autres pays et que les acteurs du soin que nous sommes puissent également retrouver le sens de leurs métiers.

Nous ne sommes pas abstentionnistes ou spectateurs passifs mais des acteurs engagés pour construire le renouveau tant attendu par les Françaises et les Français et clairement exprimé ces dernières semaines. Nous sommes et serons là pour vous aider à reconstruire et à moderniser l’existant pour que le vivre ensemble en bonne santé ne soit plus un mirage mais redevienne une réalité pour toutes et tous en tout point du territoire.

APH est à votre disposition pour travailler dans cette direction dans un respect mutuel et autour des valeurs de notre République.

Prenez soin de vous, des vôtres et de la santé de vos administrés comme celle de l’Hôpital Public et de notre système de soin.

 

APH REAGIT A LA « NOTE AU GOUVERNEMENT » DE MARTIN HIRSCH

 

Tribune APH du 9 mai 2022

 

Martin Hirsch, directeur général de l’APHP, s’est autorisé à envoyer une « note au gouvernement » [1] qui ressemble à un acte de candidature au poste de ministre chargé de la Santé. Dans cette note, adressée en copie à la presse, il étale ses réflexions et ses propositions pour l’hôpital public… Nous nous limiterons ici à commenter ses propositions, exposées comme une profession de foi.

Faire le constat du naufrage de l’hôpital public, annoncé par les syndicats depuis longtemps, fait désormais l’unanimité. Les discours des politiques et des administratifs assurant que l’hôpital tient toujours debout, qu’il a tenu pendant la pandémie, que la résilience des hospitaliers est inaltérable ne sont que façade. La réalité de notre quotidien est tout autre : la souffrance des hospitaliers explose, déprogrammations et fermetures de services résultent du manque de professionnels paramédicaux et médicaux, qui fuient en nombre le service public hospitalier. Nombre de celles et ceux qui restent encore sur le front sont rongés par un épuisement professionnel et personnel.

Cependant, les angles de vue proposés par Martin Hirsch sont inquiétants, en profond décalage avec les métiers du soin et la notion de service public.

  • Considérer que le soin se résume à une productivité mesurable est d’une cruelle indécence pour tous ceux dont on salue la vocation, l’humanisme et tout simplement le professionnalisme. Dans quelque secteur du soin que ce soit, le geste technique – qui rapporte à l’hôpital – n’est rien sans la relation du soignant avec le patient, sans le travail d’équipe, sans la réflexion sur son propre travail. C’est pourtant bien cette perte de sens qui fait fuir ou qui épuise les professionnels de santé.
  • Considérer que le professionnel de santé est un pion qui joue individuellement et que l’on peut balader d’un service à l’autre, d’un établissement à l’autre, d’une région à l’autre est encore une fois oublier le sens du soin à l’hôpital. Une équipe se construit, a une histoire, un projet, elle se renouvelle, mais doit savoir garder ceux qui s’investissent pour elle et doit donner la possibilité à chacun de s’investir, pour se sentir partie prenante de l’œuvre commune de soigner, d’accompagner et du vivre ensemble.
  • Considérer l’hôpital sans la ville oublie que le système de santé doit être centré autour du patient, et de son médecin traitant, et non du CHU parisien. Le champ du médico-social semblerait aussi avoir été omis… Le passage à l’hôpital d’un patient ne devrait se faire que lorsque les moyens de la ville et du premier recours sont dépassés : compétences spécialisées, plateaux techniques et maternités.
  • Défier les corps intermédiaires élus et donc légitimes, c’est-à-dire les syndicats – ce terme n’est même pas mentionné dans sa note – comme ne défendant pas les intérêts des praticiens est particulièrement déplacé. L’exemple de la discussion lors du Ségur sur la permanence des soins… à laquelle il n’a pas participé, contrairement à nous ! – en dit long sur sa vision du dialogue social…

Ainsi, ses propositions sont-elles également en décalage avec les métiers du soin hospitalier.

  • L’attractivité (jamais nommée dans la « note ») ne peut se résumer au problème des rémunérations. Il est si facile d’occulter les réelles difficultés : permanence des soins, temps de travail, reconnaissance de la pénibilité, équilibre vie professionnelle et personnelle, adaptation des contraintes à la parentalité… Le Ségur a été insuffisant, quand il n’a pas été insultant pour les praticiens hospitaliers. Le chantier de l’attractivité est à ouvrir réellement, courageusement : c’est une des priorités à mettre en œuvre immédiatement.
  • La mobilité versus la carrière à vie ? Destructrice de l’équipe et de tout projet professionnel, la perpétuelle mobilité contribuerait à envoyer les praticiens vers des carrières « à vie » dans les établissements qui le proposent : les établissements privés. Si nous sommes d’accord sur le fait que la concentration des prérogatives « clinique, enseignement, recherche et management » sur les seuls hospitalo-universitaires n’a pas de sens, il n’y a en revanche aucune honte à être praticien hospitalier toute sa vie, ou pendant un temps long, dans un même établissement. Il n’y a aucune honte à y travailler sans aspiration hospitalo-universitaire. Le travail hospitalier des praticiens implique la constitution de projets à long terme, d’investissements financiers, mais aussi de création de réseaux avec la ville, le médico-social et de suivi des patients porteurs de pathologies chroniques complexes. Monsieur Hirsch sait-il seulement ce qu’est le travail d’un praticien hospitalier, d’un soignant ?
  • La casse du statut ? Oui, les professionnels de santé gagneraient à être reconnus ou assimilés à des fonctionnaires « régaliens », plutôt que de poursuivre leur engagement dans l’hôpital public tout en voyant des collègues faire de l’intérim pour des rémunérations qui vont jusqu’à dix fois la leur, pour produire de l’acte sans contribuer aux piliers essentiels de l’hôpital que sont l’équipe, les liens entre services et la vie institutionnelle. Tous ces nouveaux contrats dont rêve Monsieur Hirsch ne font pas avancer l’hôpital : ils continuent à le détruire davantage. Les professionnels de santé engagés dans l’hôpital public demandent seulement à être rémunérés en fonction du travail qu’ils réalisent, où pénibilité et responsabilité doivent être prises en compte.
  • La gouvernance souffre en tout premier lieu de démocratie, notamment dans la désignation des chefs de service et de pôle. Aucun projet de réforme de gouvernance ne peut voir le jour sans ce prérequis. L’évocation des instances médicales et paramédicales des instances de gouvernance n’appelle pas la comparaison suggérée par Martin Hirsch : ni leur composition ni leurs missions ne sont comparables, ce d’autant qu’aucune représentation syndicale médicale locale n’est actée dans les établissements publics de santé. Cette absence d’implication des syndicats de praticiens hospitaliers à l’échelon du territoire de santé est une anomalie qui interroge…

Action Praticien Hôpital ne cesse d’appeler à réformer le système de santé et continuera à porter les principes de la qualité de vie des praticiens hospitaliers ; c’est l’intérêt de l’hôpital public : ceux qui y travaillent, ceux qui y sont soignés. Pour nous, le statut de praticiens est un gage de sûreté pour ce corps mais également d’équité sur l’ensemble du territoire national. Contrairement aux propos de Monsieur Hirsch, le cadre qu’il définit comme « rigide » de l’hôpital public ne l’empêche pas d’évoluer. Au contraire, il sécurise une réforme nécessaire, tout en gardant les prérogatives du service public comme les valeurs de la République pour défendre notre système solidaire de santé.

Nous défendrons des actions pour promouvoir un renouveau du système hospitalier et de celui de la santé en conservant les fondamentaux comme ceux des statuts, des engagements par conviction au service des patients et dans un esprit d’équipe et avec une rémunération revalorisée mais sans lien avec de l’intéressement et de la spéculation.

Cette réforme sera coûteuse mais elle est nécessaire, et elle sera efficace.

Ayons le courage de définir la place de l’hôpital public dans le système de santé : il n’est en concurrence ni avec la médecine de ville, ni avec l’activité des cliniques lucratives dont les missions et les objectifs sont différents.

Ayons le courage de mettre sur la table le problème du temps de travail des praticiens hospitaliers, chantier éludé du Ségur, et mettons en regard les rémunérations avec le volume horaire de travail réalisé par les praticiens.

Ayons le courage de corriger l’erreur du Ségur qui a valorisé l’engagement des jeunes sans considérer celui de ceux qui tiennent l’hôpital public depuis des dizaines d’années : donnons à tous la bonification d’ancienneté de 4 ans.

Ayons le courage de mettre sur la table le chantier de la permanence des soins : pas timidement et de manière insultante comme au Ségur, mais par une revalorisation massive à hauteur de la permanence des soins effectuée par les libéraux (le rapport de l’IGAS sur le sujet n’est toujours pas public…), et par une prise en compte des effets collatéraux du travail de nuit : pénibilité, déséquilibre vie professionnelle – vie personnelle, morbidité induite et réduction de l’espérance de vie.

Ayons le courage d’officialiser les mesures d’attractivité plutôt que de laisser perdurer les petits arrangements opaques, à la limite de la légalité, dont le principe et de nombreux exemples sont pourtant connus des tutelles.

Ayons le courage de réformer la gouvernance en imposant une réelle démocratie sanitaire, dans la désignation des chefs de service et de pôle autour d’un projet médico-soignant. Donnons la possibilité de faire exister les syndicats médicaux dans les établissements au même titre que les syndicats paramédicaux. Les syndicats et leurs représentants ont un rôle à joueur pour faire vivre le dialogue social dans les établissements de soins mais également sur les territoires de santé.

Ayons le courage d’un dialogue social équilibré. Les erreurs de trajectoire pour l’hôpital public, et notamment les plus récentes, sont le fruit de négociations tripartites où directeurs et DGOS ont une connivence à peine voilée, tandis que la parole – et même le vote – des praticiens concernant les évolutions est quasiment ignorée. Écouter le terrain sans le suivre nous a conduit dans le mur. Appliquer les propositions des représentants légitimes que sont les syndicats est la seule planche de salut pour l’hôpital public : Action Praticiens Hôpital, union d’Avenir Hospitalier et de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, et ses composantes, représentant l’ensemble des spécialités médicales, odontologiques et pharmaceutiques, majoritaires chez les praticiens hospitaliers et les contractuels aux dernières élections professionnelles, sera présent et force de propositions.

Jean-François Cibien- Président AH, Président APH, 06 07 19 79 83

Carole Poupon - Présidente CPH, Vice-présidente APH ; 06 76 36 56 67

Yves Rébufat - Président exécutif AH , 06 86 87 62 76

[1] https://www.lesechos.fr/economie-france/social/hopital-le-temps-de-la-refondation-1404467

 

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