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Lettre à la Ministre sur « les violences obstétricales »

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Le SYNGOF au sein d’Avenir Hospitalier, et avec la CPH a été reçu par la Ministre de la santé. L’accent a été mis sur plusieurs points importants (Lire Communiqué APH).
La polémique sur « les violences obstétricales » a été tout particulièrement dénoncée et cette lettre remise à la ministre qui nous a assurés de son soutien médical plein et entier.

 

Madame la Ministre,

L’Intersyndicale Avenir Hospitalier comprend en son sein notamment les Anesthésistes Réanimateurs (SNPHAR-E) et les Gynécologues Obstétriciens (SYNGOF). Nous nous sentons particulièrement concernés par la campagne médiatique sur « les violences obstétricales » et son relai au sein du gouvernement actuel.
Il n’est pas anodin que l’obstétrique soit en tête des spécialités attaquées. La salle d’accouchement est pour tous ses acteurs un équilibre permanent entre physiologie et pathologie, entre joies et drames. Il est donc facile, sur fond de naturalisme mal compris (cf campagne anti-vaccinale), de reprocher à ses acteurs d’exercer un pouvoir sur les femmes et les enfants. Notre cœur de métier est de détecter le pathologique, de le prévenir, de le traiter. Il est facile de nous traiter de trouble-fêtes, car chaque complication lors d’un accouchement rompt l’harmonie nécessaire à la naissance. Pourtant, comment imaginer revenir au temps de la morbi-mortalité d’il y a encore quelques décennies en France ou celle qui règne aujourd’hui encore dans certains pays ?
Notre propos n’est pas de défendre à tout crin des pratiques connotées dans le temps, car nous sommes persuadés que nos pratiques doivent en permanence évoluer pour répondre aux évolutions de la science et de la société. Ni de défendre des pratiques contraires à l’éthique ou au respect des patients(es). Les comportements déviants de certains professionnels de la naissance ne sont pas acceptables, mais les éradiquer, c’est travailler ensemble, grâce au développement professionnel continu. C’est aussi réfléchir aux conditions d’exercice actuellement dégradées avec un rythme de gardes effréné, des troubles du sommeil, conduisant souvent à un isolement destructeur pour la santé des soignants.
L’écoute des femmes comme celle de tous les patients est indispensable, c’est ainsi que nos pratiques évoluent dans le bon sens, nous le faisons au quotidien et nous continuerons à le faire.
Au quotidien, nous rencontrons les femmes, les couples ; nous sommes à leurs côtés, nous leur faisons profiter des progrès médicaux en termes de sécurité et de confort avec l’analgésie. Nous ne les obligeons pas à demander une péridurale, ni à allaiter et la pratique d’une aide instrumentale, d’une césarienne ou même d’une épisiotomie, est une décision de l’équipe obstétricale confrontée à ce qu’elle estime être un risque. Comme tout geste médical, elles ne doivent être réalisées qu’en cas de nécessité et après information. Les médecines dites « douces » ont leur place pour les femmes qui le désirent, mais ne doivent pas retarder l’intervention des spécialistes de l’accouchement en cas de difficultés ou de complications.
Renvoyer une image de « violence contre les femmes » est paradoxal, alors que plus de 80% des Internes de gynécologie-obstétrique ainsi que la grande majorité des sages-femmes sont des femmes !
Nous savons faire la part des choses quand certain(e)s polémistes se sont fait une spécialité lucrative du dénigrement, de l’opposition aux preuves scientifiques et de la manipulation, et ne pas répondre aux provocations. Les critiques doivent être entendues, mais les reprises de citations, de témoignages, non mis en balance avec des enquêtes globales de satisfaction émanant de l’ensemble des femmes, de l’ensemble des parturientes, conduisent à des attaques diffamatoires et sont alors très mal ressenties par les professionnels de la naissance (Gynécologues, Obstétriciens, Anesthésistes, Pédiatres, Sages-femmes).
Nous ressentons un vif sentiment d’injustice, alors que nous sommes engagés 24/24 h et 365 jours par an, dans des conditions souvent difficiles, dans la sécurité des soins apportée aux femmes et aux enfants, alors que nous remettons sans arrêt en cause nos pratiques et, qu’au quotidien nous recevons de nos patientes de nombreux signes et témoignages de satisfaction. Et puisque ces polémiques destructrices sont reprises au sein du gouvernement par la Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, nous en appelons donc au soutien de notre Ministre de tutelle.
Faire cesser la polémique n’est pas de votre ressort, toutefois, pour que la réalité soit mieux approchée, pourquoi, par exemple, ne pas lancer une enquête nationale de satisfaction ?
Alors que la spécialité de gynécologie-obstétrique ne cesse de reculer dans les choix à l’ECN, ces attaques incessantes, relayées au sein du gouvernement, risquent d’aggraver le mouvement actuel qui conduit à choisir des spécialités « tranquilles » et moins à risque de conflit ou de procès. Plus de 70% des naissances ont lieu dans les Hôpitaux, et le risque est réel, à très court terme, d’une désertification en gynécologues obstétriciens des salles d’accouchement.
Au-delà de cette spécialité particulièrement exposée du fait de son intense côté émotionnel, tous les médecins ne peuvent que se sentir concernés par cette stigmatisation permanente de leur exercice, par des groupes de pression dont les motivations sont souvent bien éloignées des intérêts des patient(es). Ces campagnes incessantes sont une menace dangereuse sur la confiance nécessaire entre usagers et soignants, et ce pour l’ensemble de la médecine.
En espérant votre soutien, nous vous prions de recevoir, Madame la Ministre, l’expression de nos salutations très respectueuses et dévouées.

Max-André DOPPIA - Président AVENIR HOSPITALIER            
Pascale Le PORS-LEMOINE - Vice-Présidente AVENIR HOSPITALIER

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Novembre  2019

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Les dernières actus

Élections au Conseil de discipline des HU: date limite du scrutin : 15 novembre 2019

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Guide du praticien en grève

 

APH répond à vos questions concernant la grève en vue du mouvement organisé le 14 novembre.

Vous trouverez les réponses aux 10 questions les plus courantes :

La grève pour les médecins et pharmaciens des hôpitaux, ça consiste en quoi ?
Le préavis de grève est-il obligatoire pour que je puisse me déclarer gréviste ?
Je ne suis pas syndiqué. Un préavis de grève national adressé au Ministère de la santé lancé par une organisation syndicale nationale me couvre-t-il ?
Je souhaite faire la grève et un préavis local ou national a été lancé. Suis-je obligé de me déclarer officiellement gréviste à l’administration ?
Quelle différence entre réquisition et assignation ?
Peut-on me réquisitionner ou m’assigner ?
En pratique, la réquisition et/ou l’assignation se déroulent comment ?
Je fais grève ½ journée ou une heure. Quelle partie de mon salaire va-t-on me prélever ?
La grève du codage peut-elle être assimilée à une grève ?
Comment sont comptabilisés les grévistes ?
 

 

Appel à la mobilisation le 26 septembre 2019

 
Actions Praticiens Hôpital & Jeunes Médecins déplorent la faiblesse des réponses apportées par le Ministère des solidarités et de la santé au malaise qui règne depuis de nombreux mois au sein des services d’urgence et dans tout l’hôpital public.
 
Les contacts récents que nous avons eus avec les pouvoirs publics n’apportent aucune solution aux problèmes cruciaux qui détruisent peu à peu tout le système hospitalier :
  • l’étranglement financier mené depuis 10 ans conduit, par des économies forcées sur les structures et les personnels, à des conditions de travail insupportables pour les praticiens et les agents hospitaliers.
  • l’absence de revalorisation des carrières hospitalières entraîne la raréfaction des recrutements des personnels médicaux et non médicaux, dont le départ vers l’intérim entraine un surcoût et une perte de temps médical pour la société.
  • la fermeture des lits a engorgé les services d’admission des hôpitaux qui ne peuvent plus répondre aux pics d’activité, conduisant à des situations extrêmement préjudiciables pour les patients.
  • L’hôpital public est en train d’agoniser sous les yeux de nos gouvernants qui refusent de prendre les mesures qui s’imposent. Nous exigeons :
  • un niveau de financement des hôpitaux en rupture avec la gestion par la pénurie en vigueur depuis 10 ans : il faut que l’augmentation du financement consacré aux dépenses de santé atteigne 4,5 % en 2020 !
  • l’engagement de négociations salariales pour toutes les carrières hospitalières, médicales et non médicales, notamment en début et en fin de carrière : suppression des 5 premiers échelons de la carrière de PH, création d’un échelon supplémentaire en fin de carrière, réévaluation des gardes.
  • l’arrêt de la fermeture des lits et la réouverture de ceux nécessaires pour soigner convenablement nos concitoyens.

APH & JM appellent tous les médecins et pharmaciens hospitaliers à soutenir la Journée d’action commune prévue le 26 septembre prochain à l’initiative du Collectif Inter-Urgences, et demandent à tous de se préparer à un mouvement d’ampleur dans le courant de l’automne.
 
Contacts :
Jacques Trévidic, Président CPH, Président APH
Renaud Péquignot, Président AH, Vice-président APH
Marc Bétremieux, Secrétaire général APH
Raphaël Briot, Trésorier APH
Nicole Smolski, Présidente d'honneur APH
Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins

 

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