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Soigner l’hôpital, par Agnès Buzyn, Acte I

 
 
En décembre 2017, durant un entretien accordé au journal Libération, Agnès Buzyn affirmait : « L’hôpital arrive au bout d’un système ». Elle ajoutait : « je compte bien réunir les acteurs concernés dès 2018 ». Nous y sommes ! 
À quel système faisait-elle référence ? À quels sujets compte-t-elle s’attaquer ? 
La rédaction revient sur les déclarations phares de la Ministre des Solidarités et de la Santé à travers l’œil du président d’Avenir Hospitalier. Economies à l’hôpital, lits en trop, ambulatoire : Renaud Péquignot commente la (future) méthode et le constat !
 
Avenir Hospitalier : Qu’avez-vous à répondre à Agnès Buzyn lorsqu’elle affirme qu’il faut supprimer des lits à l’hôpital ?
 
Renaud Péquignot : Certes, dans certains services, il arrive que des lits ne soient pas utilisés. Lorsqu’on recherche les causes, il faut se rappeler que dans notre pays, près de 30 % des postes de praticiens hospitaliers ne sont pas pourvus (chiffres du Conseil National de Gestion). De fait, certains lits sont fermés par manque de personnel médical mais certainement pas parce qu’ils sont inutiles ! 
Je demanderai à la Ministre, de me donner les preuves, chiffres à l’appui, des lits qui ne servent à rien. En prenant comme exemple mon hôpital, dans mon service, pour une place qui se libère, j'ai douze demandes.
Beaucoup de services sont saturés, notamment les urgences. En interrogeant les SAMU, on se rend compte des difficultés qu’ils ont à placer certains patients, notamment les patients âgés. De nombreux lits et de nombreux emplois passent déjà à la trappe chaque année, l’hôpital public est de plus en plus essoré. 
La situation s’aggrave au lieu de s’améliorer. Alors la question est de savoir où sont ces fameux lits qui ne servent à rien ? 
 
" Demander l’avis des syndicats est la meilleure façon de concilier les objectifs de qualité et de maîtrise des coûts ! "
 
Avenir Hospitalier : La Ministre avait d’abord évoqué 30 % d'actes inutiles puis elle s’est ravisée et le chiffre a baissé de 25 %, qu’est-ce que cela signifie selon vous ? 
 
Renaud Péquignot : Juste avant l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2018, fin octobre, la Ministre disait en septembre: « On sait bien que 30 % des dépenses sont inutiles ». Je ne sais pas qui est ce « on ». J'ai remarqué qu'en politique, quand on sort des chiffres de nulle part, on dit souvent « on sait bien que »… 
Un mois plus tard, elle passe à 25 % de dépenses inutiles... Cette manière de se rétracter prouve que ces chiffres étaient sujets à caution dès le départ. Il y a des choses qu'il faut revoir à la marge c’est vrai. Il faudrait revoir les termes utilisés et les chiffres annoncés afin de trouver des solutions adaptées aux réalités de l’hôpital public qui n’en finit plus de tirer la sonnette d’alarme. 
La seule enquête sur le sujet est déclarative (TNS pour la FHF en 2012) et montre que les praticiens hospitaliers sont 15 % à penser que plus de 20 % de leurs actes sont inutiles, et la moitié que 5 à 20 % de leurs actes le sont : au total ça fait moins de 10 % des actes qui sont inutiles au doigt mouillé : mais l’enquête se garde bien d’évoquer les causes. Protocoles rigides ? Pression des patients ? Cette dernière piste est à envisager sérieusement puisque les chiffres en médecine libérale sont plus élevés. 
 
Avenir Hospitalier : Favoriser la « chirurgie ambulatoire » comme le préconise la Ministre vous semble-il être une des solutions pour désengorger les hôpitaux et faire des économies ? 
 
Renaud Péquignot : Le virage ambulatoire semble être la « cause nationale » depuis quelques années. D’une part, il faut savoir que toutes les spécialités et tous les patients ne sont pas compatibles avec l’ambulatoire. 
Si on habitait tous dans des grandes métropoles, ce serait réalisable. Il existe des difficultés pour certains patients pour se rendre tôt le matin à l'hôpital et pour rentrer à domicile le soir, dans des territoires plus éloignés et moins desservis par les transports publics. 
D’autre part, le virage ambulatoire, ça n’est pas que des économies ! Outre le plus grand nombre de complications non détectées à temps, la Sécurité sociale nous rappelle régulièrement sa préoccupation de voir le nombre de prescriptions de transport s’envoler.
Les technocrates qui entourent le président raisonnent avant tout en termes d’argent disponible pour les plus aisés : les meilleurs soins ne sont pas leur première préoccupation. Mais les syndicats de médecins ont une expertise dans le domaine de l’optimisation des soins, et demander notre avis est la meilleure façon de concilier les objectifs de qualité et de maîtrise des coûts. Sans doute la seule qui soit réelle !
 
Saveria Sargentini, journaliste
 
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

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Les annonces de recrutement 
Février 2020

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Les dernières actus

Manifestation parisienne du 14 février

Retour en vidéo sur la manifestation parisienne du 14 février 2020 avec les interviews de Renaud Péquignaud (Vice-Président d'APH, Président d'AH et administrateur du SNPHARE) et de Jacques Trévidic (Président d'APH et de CPH).

Tribune unitaire

 

Tribune inter-organisations pour la défense de l’hôpital public, des établissements de Santé et d’Action Sociale
 
Par cette tribune, les organisations signataires veulent alerter la population : l’hôpital public est exsangue et n’est plus capable d’assurer son rôle de service public, mettant en cause l’égalité d’accès, d’accueil et une prise en charge de qualité sur tout le territoire. Aujourd’hui, des pans entiers de l’activité hospitalière et des établissements de santé et de l’Action Sociale s’effondrent et les réponses du gouvernement ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux.
 
Depuis plusieurs mois, les professionnel.le.s tous métiers confondus de l’hôpital public et des établissements de Santé et de l’Action Sociale sont engagé.e.s dans un mouvement social afin d’exiger des pouvoirs publics les moyens nécessaires à une refondation du service public hospitalier, de notre système de Santé et d’Action Sociale. Parti de la mobilisation dans les EHPAD, suivi de celles des services des urgences, ce mouvement atteint aujourd’hui la totalité des secteurs d’activité des établissements du sanitaire, médico-social et social, exsangue après des années de restriction budgétaire. 
 
Nous exigeons les mesures immédiates qui permettront d’endiguer l’hémorragie qui met en péril l’hôpital public, fleuron de notre système de santé,  et les missions de services publics dans les autres établissements du sanitaire, médico- social et social:
 
  • L’augmentation du budget consacré à l’hôpital au moins égal à l’évolution naturelle des dépenses (4,4%) ; Il faut un correctif budgétaire sur l’ONDAM dans la loi de la sécurité sociale allant dans ce sens ;
  • La reconnaissance et la revalorisation générale des carrières médicales et non médicales, notamment en début de carrière se traduisant par une augmentation salariale ;
  • Le recrutement immédiat de professionnel.le.s supplémentaires et plan de formation pluridisciplinaire ;
  • La reconnaissance de la pénibilité de nos métiers ;
  • L’arrêt des fermetures de services, d’établissements et des réouvertures de lits, partout où cela est nécessaire ;
  • Une gouvernance des hôpitaux, des établissements plus ouvertes aux professionnel.le.s,  aux personnels et aux usagè.re.s ;
  • L’égalité d’accès, d’accueil et de prise en charge de qualité pour la population sur tout  territoire.
 
Nous exigeons l’ouverture de véritables négociations sur l’avenir de l’hôpital public et des établissements de Santé et de l’Action Sociale avec le Premier Ministre et le Président de la République, seuls capables de débloquer la situation afin de sortir de la crise actuelle.
 
Les organisations, professionnel.le.s et personnes signataires de cette tribune réaffirment aujourd’hui leur volonté d’avancer ensemble avec au cœur de leurs préoccupations d’assurer la qualité et la sécurité d’accueil, d’accompagnement et de soins de nos concitoyens, cela passe par des nécessaires mesures d’améliorations  des conditions de travail de tous les personnels et la prise en compte des besoins de la population.   
 
Elles appellent à une nouvelle journée de grèves et de manifestations le 14 février 2020 pour que le gouvernement réponde concrètement par des actes forts, aux exigences d’ouvertures urgentes de négociations.
 

Grève du 17 décembre

 
Communiqué commun des organisations syndicales des personnels médicaux hospitaliers,
des internes et des étudiants
 
 
La mobilisation des professionnels de l’hôpital public ne faiblit pas.
 
Face à l’inertie du Gouvernement, les organisations syndicales des personnels médicaux, des internes et des étudiants appellent une nouvelle fois tous les professionnels hospitaliers à cesser le travail le 17 décembre pour exiger les mesures immédiates de sauvegarde de l’hôpital public :
 
-  augmentation du budget hospitalier au moins égal à l’évolution naturelle des dépenses (4,4%) ;
-  revalorisation massive des carrières médicales et non médicales, notamment en début de carrière ;
-  gouvernance partagée plus ouverte aux professionnels médecins et soignants.
 
Tous les professionnels sont invités à rejoindre les manifestations unitaires qui permettront l’expression des revendications propres au service public hospitalier. A Paris, un cortège « Santé » est organisé à 11 heures depuis l’hôpital Lariboisière jusqu’à la Place de la République. Compte tenu des difficultés de transport, la participation aux actions locales est aussi privilégiée.
 
Nous exigeons des pouvoirs publics l’ouverture immédiate de négociations sur tous les sujets qui occupent aujourd’hui le champ social afin de sortir de la logique d’évitement du gouvernement.
 
Dr Jacques Trévidic, Président CPH, Président APH
Dr Renaud Péquignot, Président AH, Vice-Président APH
Dr Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins
Dr Sadek Beloucif, Président SNAM-HP
Dr Rachel Bocher, Présidente INPH
Dr Norbert Skurnik, Président CMH
Dr Jérémie Zerbit, Président AJPH
Justin Breysse, Président ISNI
Lucas Denis, Co-président FNSIP-BM
Aurélie Truffot, Co-présidente FNSIP-BM
Roxane Hellandsjö-Prost, Présidente de l’ANEMF
 

 

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