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Le mot du Président

Démocratie sociale à l’hôpital public : bilan et exigences …

Les options syndicales ne se déduisent pas des échéances électorales. Notre continuité s’exerce quels que soient le choix des électeurs, les responsables politiques qu’ils désignent et les équipes avec lesquelles nous discutons et négocions. Cette attitude indépendante est la condition nécessaire pour un engagement syndical efficace, respectueux de ses mandants et des usagers que nous servons chaque jour à l’hôpital public. Cependant, nous examinons avec attention les projets des candidats à l’élection présidentielle. 
 
Dans ce numéro, nous exprimons nos attentes et nos inquiétudes plutôt que reproduire le catalogue des propositions des uns et des autres. Attentes sur le maintien du statut de PH et le désir de travailler à l’hôpital public. Inquiétudes quant aux « clés de déverrouillage » proposées pour l’hôpital public et que nous décryptons sans concession. Questionnements et réponses aussi sur les GHT avec la PCME de St-Brieuc  qui nous livre son expérience alors même que les syndicats de Directeurs se mettent à douter des GHT, victimes d’une bureaucratie accrue. Nous avons voulu des réponses sur la réforme du 3ème cycle (R3C) qui, à quelques mois de sa mise en œuvre, fait beaucoup parler d’elle, de sa finalité et des conditions de son élaboration. Récemment encore, on a vu combien les responsables et militants syndicaux doivent être soutenus et protégés lorsqu’ils prennent des positions qui dérangent. 
 
Dans ces colonnes, nous apprendrons aussi du fonctionnement d’une CRP. Pour les PH, la question des droits et des moyens syndicaux effectifs, non résolue, doit maintenant recevoir des réponses qui satisfassent aux principes fondamentaux de notre démocratie sociale. Même s’ils ont des spécificités d’exercice, les PH doivent pouvoir bénéficier de leur expertise syndicale reconnue, aidée et soutenue comme pour tous les autres salariés de l’hôpital. Les moyens doivent leur être donnés pour être accessibles localement, territorialement, régionalement et au besoin, au niveau national. Cette étape reste à franchir et fera partie du bilan de ce ministère
Nous sommes en effet en droit de poser cette exigence de démocratie auprès de Marisol Touraine, Ministre en place des Affaires sociales et de la Santé. Si la stratégie nationale de Qualité de vie au travail (QVT) annoncée le 5 décembre dernier doit être une avancée dont il faut nous réjouir, elle ne se fera pas en niant ce que peut être le rôle de médiateur social d’une organisation syndicale de PH. Encore faut-il d’urgence fixer les règles de la mesure de la représentativité qui, seule, permettra l’allocation des moyens et la défense des collègues en difficulté.  
Sa présence durant cinq ans à la tête du MASS, permet d’établir un bilan de l’action de la Ministre pour l’hôpital. Avec notre alliée, la CPH, nous avons toujours cherché à enrichir le dialogue social avec ce ministère pour améliorer les conditions d’exercice et de reconnaissance du PH. Nous pouvons dire que ce dialogue a été effectivement soutenu et que les relations avec la DGOS ont été marquées par le respect mutuel. Ça n’avait pas toujours été le cas auparavant… 
 
Mais le bilan est lui plus contrasté dans la déclinaison des mesures qui ont été discutées. Leurs effets restent, à ce jour, peu perçus sur le terrain. En substance, quoi en retenir ? Pourrons-nous dialoguer jusqu’au bout pour remplir le contrat social de ces cinq années ?
Quels progrès réels constatons-nous ? En moyenne, 30 % des postes de PH restent vacants ou ne sont pas occupés par des praticiens statutaires. Les contrats précaires ont atteint 30 % des effectifs et l’intérim légalisé fait toujours sa loi, même dans les fleurons de notre flotte hospitalière que sont les CHU ! C’est dire si nous attendons toujours les effets du plan d’attractivité pour les carrières hospitalières ! Pouvons-nous rester sur notre faim ? La réglementation européenne sur le temps de travail sera-t-elle respectée comme la Ministre elle-même s’y était engagée le 4 octobre dernier ? 
 
Aurions-nous donc eu tort d’attendre beaucoup ? Malgré les graves difficultés qu’ils en perçoivent, via la Presse qui les évoque de plus en plus ouvertement, les usagers continuent de plébisciter l’hôpital public et les services qu’y rendent tous ses personnels médicaux et non médicaux. En ces temps d’insécurité sociale, politique, et sans aucun doute, morale, plus de 85 % de nos concitoyens font toujours confiance à cette institution dont les valeurs doivent être confortées. Les réponses sont dans l’engagement durable à soutenir l’action syndicale qui se poursuivra après le mois de mai prochain.
 
Bienvenue au Syndicat des Jeunes Biologistes Médicaux ! Saluons l’arrivée d’un nouveau constituant pour notre Intersyndicale. 
 
Santé et justice. C’est dans un esprit d’ouverture que nous avons souhaité accueillir l’Union Syndicale des Magistrats (USM) dans nos colonnes.
 
Max-André Doppia - Président d'AH
 

 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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