GHT

Il était une fois un GHT ... réussi

D’après le témoignage de Cynthia Garignon (Saint-Brieuc)
 
L’histoire de notre GHT a débuté avec une communauté hospitalière de territoire, et c’est ce qui a vraiment facilité sa création et sa mise en place puisqu’il y avait déjà des collaborations importantes dans certaines équipes. 
 
Cet historique nous permet de nous différencier des autres structures autour de nous, c’est un de nos points forts. 
  • Nous nous sommes basés sur la définition de plusieurs filières de soins qui sont très transversales : l’oncologie, la chirurgie digestive, la périnatalité, la filière urgences… Au sein de ces filières, des consultations avancées ont été mises en place : l’hôpital support vient en appui aux établissements plus périphériques. Disons pour résumer que c’est donnant donnant : nous apportons notre expertise de spécialistes dans les hôpitaux dits périphériques et en contrepartie les spécialistes drainent une population supplémentaire.
  • Nous avons consolidé ces acquis avec l’idée de créer des filières complètes avec des parcours de patients identifiés, pour qu’au sein d’un même territoire tous les patients puissent accéder à la même qualité de soins, quel que soit leur point d’entrée. Par exemple dans note filière oncologie : le patient doit pouvoir être pris en charge par la même équipe hémato-oncologie qui consulte dans l’hôpital de référence ou dans un hôpital de proximité. Nous avons ouvert un hôpital de jour d’oncologie, dans un des hôpitaux périphériques et ce sont les médecins de l’équipe de référence qui font tourner cet l’hôpital de jour, les patients sont  pris en charge à côté de chez eux par la même équipe.
  • Nous avons créé des indicateurs pour savoir où on allait en termes de filières : le délai d’accès à la première consultation a été diminué dans tout le territoire, l’offre a été augmentée en proximité, on diminue la tension sur l’hôpital de référence, on améliore l’accès à la première consultation et on diminue le temps d’attente pour TOUT le monde.
 
Mais ceci n’est qu’un début et nous devons poursuivre nos efforts de structuration d’autres filières. Nous sommes confrontés à de graves problèmes de démographie médicale qui devraient, entre autres, justifier des réorganisations qui sont difficiles à faire accepter politiquement et médicalement.

Au cœur des CRP

Un rapporteur raconte…

 
La rédaction a souhaité donné la parole à un membre  d’une CRP afin qu’il puisse faire part de son expérience. Il témoigne de façon anonyme après avoir eu à gérer un dossier difficile et complexe.  
 
« J’ai été missionné comme rapporteur auprès de la sous-commission de gestion des conflits par la direction de l’ARS après sollicitation par la direction d’un établissement dépassé par les conséquences d’un conflit entre deux praticiens. 
Pour nous « préparer », mon co-rapporteur, un directeur fraîchement retraité et moi même avons eu accès aux noms des praticiens concernés ainsi qu’à un synopsis réduit des circonstances des contentieux. Autant dire peu d’informations...
Nous avons décidé de nous concerter avant le début de la mission afin d’établir une stratégie d’enquête : qui rencontrer dans l’établissement en plus des protagonistes, dans quel ordre… quelles questions poser ?
Il faut savoir qu’aucun des membres de la CRP ne voulait prendre part à l’enquête. Ainsi, pendant six ou sept mois, l’affaire est restée en suspens. Le prétexte ? Des actions en justice engagées par les protagonistes, dont certaines en cours.
La direction de l’hôpital dans lequel je travaille avait évidemment été prévenue par l’ARS et n’a montré aucun signe d’opposition à cette mission. Néanmoins, il a fallu que mes collègues s’organisent différemment. Leur planning s’en est trouvé modifié, voire chamboulé et il a été difficile pour certains de libérer du temps pour pouvoir me remplacer
Après plus d’une heure de route nous sommes donc arrivés sur les lieux du conflit, un lundi à 10h30 et nous en sommes repartis le mardi vers 17h30. Sur place, nous avons pu mener l’enquête à notre façon puisque personne ne nous a prêté assistance méthodologique, ni l’ARS, ni le CNG tout juste informé de la situation. Pour résoudre ce conflit bien ancré qui s’enflammait depuis un an déjà, nous étions donc en possession d’une feuille de mission et de plusieurs copies de documents et courriers qu’on avait bien voulu nous transmettre. 
La tension ambiante nous a permis de réaliser, dès les premièers heures, que la plupart des acteurs n’avaient pas vraiment compris l’objet de notre visite. Aucun d’entre eux  ne voyait d’intérêt à  une démarche de conciliation, de médiation. Cette situation difficile, la radicalité des positions, y compris des personnels paramédicaux, n’étaient malheureusement pas mentionnées et à ce point perceptibles dans le peu de documents que nous avions eu en mains. 
Chaque représentant de CRP peut lire les textes règlementaires, encore faut il avoir le temps de se renseigner sur tous les types de conflits. Je pense que pour faciliter la médiation, il faudrait que le cadre initial soit bien défini. C’est un véritable travail d’enquête qui demande précision et minutie, en tout cas si on veut être un rapporteur sincère. 
Parfois les acteurs du conflit se contredisent réciproquement, d’autres n’ont même pas constitué de dossier alors que certains ont élaboré des dossiers bien trop fournis. C’est ce qui s’est passé dans le cas précis du plaignant qui avait une montagne de documents à nous présenter et nous n’avons pu les lire que dans les grandes diagonales, faute de temps. 
L’intitulé pour cette mission était l’édition d’un rapports. Les infos très nombreuses, certaines surprenantes, sont tombées pêle-mêle et de ce fait notre travail a été encore plus délicat. 
Je crois qu’un ordre de mission ne suffit pas, il faut que les médiateurs puissent identifier le nœud du conflit en amont pour être efficaces, sans perdre de temps.  Une expérience quelle qu’elle soit est toujours bonne à prendre mais je reste insatisfait à la fin de cette mission puisque notre intervention n’a pu aider ni l’hôpital, ni les intéressés. Selon moi, ce genre de situations s’embrase très facilement et vite lorsqu’il s’agit d’une petite structure au sein de laquelle tout le monde se croise et se côtoie. La réactivité est capitale et nous sommes manifestement arrivés bien trop tard… dans le cadre d’une mission mal identifiée, une conciliation qu’à ce stade de conflit multipartite plus personne, à par la direction, ne souhaitait. La lenteur de réaction des différentes structures institutionnelles concernées a aussi dangereusement impacté l’activité de l’établissement. »
 
Propos recueillis par Saveria Sargentini

Réforme du 3ème cycle

 

Le pour et le contre

 
En novembre 2016, est paru le décret réformant le 3ème cycle des études médicales. Certaines spécialités semblent satisfaites, d’autres non. Nous avons interrogé le Président de SAMU et Urgences de France (Frrançois Braun) et Michel Salom, Président du Syndicat National de Gérontologie Clinique.
 
AH : Pourriez-vous nous expliquer en quoi cette réforme est délétère pour la spécialité de gériatrie ?
 
Michel Salom : Avant la réforme du troisième cycle il y avait un diplôme d’études spéciales complémentaires de type 2 et un diplôme de capacité. Le premier était celui qui était visé par les universitaires, par l’élite de la profession soit assez peu de personnes. La plupart des futurs gériatres visaient la capacité de gériatrie qui pouvait être obtenue en deux ans. Demain avec ce DES la capacité n’existera plus. Etant donné que la gériatrie n’est pas une spécialité qui est choisie en début de carrière (plutôt en deuxième partie de carrière) cela pose de sérieux problèmes. 
Le dimensionnement du nombre de places pour la gériatrie est de 250 par an, ce qui ne permet même pas d’alimenter les services de l’hôpital. 
La spécialité semble vouée à disparaître, cette réforme tarie le réservoir naturel des futurs gériatres formé par la capacité de gériatrie.  
 
AH : Quelles actions prévoyez-vous de mettre en place ?
 
MS : J’ai essayé de lancer une réunion regroupant l’ensemble des parties prenantes à la validation des acquis de l’expérience professionnelle au conseil national de l’ordre ; le conseil était tout à fait d’accord pour réunir tout le monde sauf que les professeurs de la gériatrie ont refusé de venir. Ils considèrent que ce n’est pas leur problème, ou alors si ça l’est c’est en catimini entre eux. Malgré tout, le syndicat va faire du lobbying partout, auprès du Conseil de l’Ordre, dans les ministères, auprès des sociétés savantes des autres spécialités, nous allons écrire des articles contre les gens qui bloquent le système. On va se battre ! 
Habituellement les syndicats et les professionnels sont plutôt d’accord mais là il faut déjà qu’on arrive à faire bouger les représentants savants de la spécialité, ce qui n’est pas banal. La réforme du 3ème cycle ne changera pas, nous voulons simplement discuter de diplômes de bases créés pour l’usage des personnes qui ne choisiront pas cette spécialité en première partie de carrière. La gériatrie devient une spécialité majeure notamment en raison du vieillissement de la population, la plupart des gens en sont conscients sauf peut-être les professionnels de la spécialité. 
 
AH : Quels sont les atouts de la réforme du 3ème cycle ?
 
François Braun : Cette réforme présente de nombreux atouts. Tout d’abord, la création du DES médecine d’urgence qui devient un DES comme les autres soit une spécialité qui pourra être choisie dès les résultats en fin de  formation. C’est quelque chose que nous  souhaitions depuis près de 20 ans afin de pouvoir, entre autres,  s’aligner sur nos voisins  européens et internationaux. Aux Etats-Unis  par exemple, la médecine d’urgence est reconnue comme une spécialité depuis les années 70. Cela s’inscrit dans le cadre global de suppression des DESC, 12 ou 13 nouvelles spécialités on été ajoutées et nous finirons par avoir des cursus qui ressemblent à ce se qui se fait au niveau international. 
Le dernier point qui me semble essentiel : la construction du 3ème cycle avec ses trois phases : phase socle, phase d’apprentissage et la phase de mise en responsabilité qui sont maintenant bien définies et qui permettront la progression des connaissances, des compétences et des responsabilités.  
 
AH : Existe t-il des points négatifs et si oui quels sont-ils ?
 
FB : Il y a la présentation de la réforme en elle même qui est très séduisante et puis vient la mise en application. 
Certaines choses devront évidemment être précisées mais globalement ce qui va être mis en place sera très intéressant. Notamment, le suivi et l’accompagnement des futurs spécialistes grâce à un portfolio électronique qui suivra les étudiants tout au long de leur formation. Nous allons avoir accès à des outils intéressants. La réforme permettra de faire évoluer les choses et de se doter d’outils modernes. 
 
Propos recueillis par Saveria Sargentini

Le SNJAR

Le DESARMIR inquiète les jeunes Anesthésistes-réanimateurs : création du SNJAR

Le 4 janvier 2017, les jeunes médecins anesthésistes-réanimateurs (internes et jeunes thésés) annoncaient la création du SNJAR.
C’est l’arrêté de décembre 2016 qui a motivé la création du SNJAR. Dans la foulée, tous les jeunes ont voulu se mobiliser car cette décision du nombre d’internes à former en anesthésie-réanimation et en médecine intensive et réanimation a été prise sans aucune concertation à la fois sur le plan régional et national, alors que ces deux spécialités sont intimement liées. 
 
Les chiffres proposés leur semblent déconnectés des capacités de formation actuelles, et le SNJAR  craint également que  les données disponibles actuellement et la répartition du flux soient déconnectées des besoins démographiques à prévoir et prévisible en réanimation. 
De fait, la filière anesthésie-réanimation risque d’être mise à mal par cette répartition, perdant ainsi la double qualification. Pour Franck Verdonk, président du SNJAR, « elle aura « perdu » cette interaction très noble qui fait la force de notre métier. Cela entachera également la qualité des soins. Un anesthésiste ne pourra sûrement plus faire de réanimation, et un réanimateur ne pourra plus faire d’anesthésie. Les jeunes sont particulièrement sensibles à cette question puisque cela va déterminer leur exercice futur ainsi que la qualité des soins qu’ils vont prodiguer aux patients.» 
 
D’après les propos receuillis auprès de Franck Verdonk par Saveria Sargentini
Leur site internet : http://www.snjar.fr/

Santé et justice

C’est dans un esprit d’ouverture que nous avons souhaité accueillir l’Union Syndicale des Magistrats (USM) dans nos colonnes et sur notre site. Il nous est apparu nécessaire et utile que nos organisations syndicales se rapprochent et partagent ce qui nous rassemble pour la défense de ces deux services publics essentiels à notre pays.  Vous pourrez constater combien, bon nombre de préoccupations et 
Pascale Loue-Willaume, chargée de mission, aborde la souffrance au travail dans un contexte général. Puis elle se focailise sur la justice, « Pour nous magistrats, on peut même parler de double paradoxe. Comment concilier notre serment, l’engagement professionnel que nous devons avoir d’impartialité, de loyauté avec des objectifs chiffrés qui ne tiennent généralement aucun compte des moyens et au détriment souvent de la qualité de la motivation de nos décisions »… 
« Et que dire des situations que nous rencontrons dans nos unions régionales : des collègues épuisés, qui ne parviennent plus à prendre leurs congés, qui renoncent à leurs formations obligatoires en raison d’un emploi du temps professionnel qui ne leur laisse aucune marge de manoeuvre quand on ne leur demande pas d’assurer eux-mêmes leur remplacement.»… « Comment admettre que nous soyons témoins, voire parfois même victimes, de ce que nous sommes statutairement en charge de poursuivre ou de sanctionner ? »
 
Ça vous rappelle quelque chose ?
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

Retrouvez toute l'information dans le communiqué de presse (cliquez ici)

www.cfar.org/didoc/ 

 

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Les revues AH et CPH fusionnent pour devenir Actu'APH
       

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