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Le DPC au niveau des territoires

Un entretien avec Michèle Lenoir Salfati, Directrice générale de l’ANDPC
 
Le décret 2016-942 du 8 juillet 2016 a créé l'Agence nationale du DPC à laquelle  Michèle Lenoir Salfati a été nommée Directrice générale. Elle avait auparavant été chargée par Marisol Touraine de conduire la préfiguration de l'Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC).
 
Avenir Hospitalier : En quoi une équipe territoriale doit elle penser à un DPC territorial ?
 
Michèle Lenoir Salfati : Il faut être attentif à ne pas réduire la notion d’équipe territoriale au sens d’équipe territoriale médicale de GHT telle que la pose la loi de modernisation de notre système de santé et d’avoir une vision territoriale élargie.

À l’Agence nationale du DPC nous pensons que le DPC doit être ancré au plus près du territoire, des besoins de la population d’un territoire et au plus près des enjeux de santé dans un territoire. Mais, quand on parle de territoire, nous développons l’idée d’envisager le DPC dans des logiques beaucoup plus larges que l’équipe territoriale hospitalière, en impliquant aussi bien la ville que l’hôpital. Nous sommes donc dans une logique ville/hôpital, une logique de réseau de soins et d’interface et de coordination entre les professionnels.
L’enjeu très fort du DPC est d’améliorer la coordination des soins sur les territoires en dépassant le simple sujet de « comment faire un plan de DPC d’un hôpital ».

Si le DPC est une obligation individuelle, le médecin hospitalier devrait articuler son DPC autour de trois axes:
  • un axe individuel : construire le parcours de DPC qui lui est nécessaire en termes de mise à jour de ses connaissances et de ses compétences par rapport à sa patientèle et aux actes qu’il réalise.
  • un axe de dynamique de travail d’équipe : toute la dimension d’évaluation des pratiques est concernée par cette dynamique, et ce, à trois niveaux : l’équipe hospitalière à la fois médicale (évaluation des pratiques hospitalières, même quand il ne s’agit pas d’une équipe territoriale), mais aussi l’équipe au sens élargie du terme (par exemple pour l’anesthésie réanimation, penser le DPC avec les chirurgiens, les IADE, les IBODE et les praticiens de l’équipe d’hygiène…).
  • un axe territorial qui va au-delà du GHT. Il me semble important que l’équipe hospitalière se projette à l’interface avec les professionnels libéraux ou à exercice mixte, et que ce soit aussi l’occasion d’évaluer des pratiques de coordination des soins sur un territoire donné.
Il sera majeur d’accompagner les professionnels dans cette construction progressive de leur parcours de DPC. Il faut déjà réfléchir à des dynamiques simples, y compris au sein d’un même établissement.

Il est nécessaire que chaque professionnel s’approprie la dimension individuelle de son obligation et petit à petit l’amener à penser la dimension collective d’équipe puis la dimension collective territoriale. Cette nouvelle démarche demande beaucoup de discussions, d’explications et pour ce faire, il sera nécessaire de s’appuyer sur les réseaux déjà constitués, sur les liens qui existent déjà entre la ville et l’hôpital et sur les dynamiques de CME. Il est indispensable de redonner à l’équipe, au-delà des pôles et des services, un vrai sens à l’hôpital pour que les praticiens puissent se réapproprier ce travail d’équipe et un DPC qui porterait leur travail d’équipe de façon valorisante.

A ce titre, dans le cadre de leur DPC, les médecins peuvent s’appuyer sur l’accréditation des spécialités à risque qui peut conduire à développer le travail d’équipe. Elle permet de travailler sur les trois axes que j’aie cités précédemment et est porteuse de cette dynamique d’équipe.
 
Une des volontés de la réforme du DPC est que la dynamique soit portée par les professionnels et par ceux qui les incarnent, c’est-à-dire les collèges professionnels et non par l’Agence.
 
Avenir Hospitalier : L'objectif de l'ANDPC ne serait-il pas d’assurer les moyens pour garantir à une population que tous les professionnels aient vérifié leur compétence et leur donner les moyens de la rétrocontrôler eux mêmes
 
Michèle Lenoir Salfati : Oui, l’objectif du DPC est de répondre à la question essentielle pour tout professionnel de santé de savoir s’il a entretenu et développé les connaissances et compétences nécessaires à son exercice, après l’obtention de son  diplôme de formation initiale. Comment être sûr que le médecin reste compétent tout au long de son parcours professionnel, c’est-à-dire qu’il a enrichi sa compétence, qu’il continue à être au plus près des données actualisées de la science, qu’il évalue sa pratique et gère les risques qui lui sont inhérents ? Au total c’est donner des garanties de sa compétence.
 
Tout médecin doit s’engager dans une démarche de construction continue de sa compétence qui va consister à en apporter la preuve, à lui-même, mais également à l’équipe et plus largement aux usagers.
 
J’ai été pendant plusieurs années à la HAS en charge de la certification des établissements de santé. Tous les échanges que j’avais alors avec les associations de patients montraient qu’ils avaient un intérêt fort pour la démarche mais qu’ils ne retrouvaient pas, au travers d’une démarche très systémique portant sur la qualité d’une organisation, la réponse à la question essentielle pour un patient hospitalisé : le professionnel qui me prend en charge est-il compétent ? Et le diplôme obtenu ne suffit pas à le garantir.

La certification a évolué, notamment autour des démarches de patient traceur pour répondre à cette question. Le DPC est également un levier puisque c’est un levier pour le professionnel pour travailler sur sa compétence individuelle ou d’équipe et pour le garantir aux patients.
À ce titre, l’ANDPC travaille sur un document de traçabilité qui suivra le professionnel tout au long de sa carrière et dans lequel il aura à consigner toutes ses actions en termes de parcours de DPC. Ce document a vocation à être le document traceur de la démarche d’amélioration continue de sa pratique pour chaque professionnel.l
 
Propos recueillis par Christiane Mura
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Réintégration des PH experts judiciaires au sein des collaborateurs occasionnels du service public

Communiqué Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins du 3 Mai 2019

Actions Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins se félicitent de la publication au Journal Officiel du 2 mai 2019 du décret qui réintègre les experts psychiatres dans la catégorie des collaborateurs occasionnels du service public (COSP).

Cette publication est le résultat de la mobilisation conjointe des associations et compagnies d’experts et des syndicats de praticiens hospitaliers, en particulier Actions Praticiens Hôpital, Jeunes Médecins et le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH). La saisine par certains d’entre nous du Conseil d’État et la procédure juridictionnelle lancée par cette dernière a contribué à accélérer l’élaboration et la publication du décret. A deux reprises en décembre 2015 par le biais d’un décret puis en octobre 2018 par le truchement d’un amendement déposé en catimini au projet de loi de financement de la sécurité sociale, la Chancellerie a tenté de faire passer des dispositions réglementaires et législatives visant à nous exclure des COSP.

Nous devons donc rester vigilants car le Ministère de la Justice ne semble pas avoir renoncé à son projet d’imposer un statut libéral à l’ensemble des experts. Sous prétexte de permettre l’accès des médecins experts à un « statut libéral simplifié » du type du « microsocial », la Chancellerie voudrait de nouveau imposer un « statut unique » qui la dispenserait de verser les charges sociales.

APH et JM poursuivent avec le SPH le combat pour la défense de l’expertise médicale et psychiatrique et pour une meilleure rémunération des missions confiées aux experts notamment une revalorisation des dépositions aux Assises, la modification des critères et l’accès aux « expertises hors normes » de l’ensemble des experts indépendamment de leur statut.

Contact

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Suite à l’enquête " équilibres vie privée - vie professionnelle à l’hôpital public ", des mesures urgentes s’imposent pour améliorer la vie professionnelle à l'hôpital : Mme Buzin et Mme Courrèges, écoutez les praticiens !

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins ont lancé une enquête courant février, sur les équilibres vie privée vie professionnelle pour les médecins hospitaliers.
Nous vous avons tenu au courant des résultats par newsletter (http://www.avenir-hospitalier.fr/images/Resume_Enquete_APH-JM_Vie_Privee_Vie_Professionnelle.pdf) et cette enquête a été très bien relayée par la presse. Les constats sont lourds, pour les hommes et pour les femmes, et peuvent en partie expliquer le désenchantement face aux carrières hospitalières.
 
Nous avons identifié des pistes de travail pour vaincre ces difficultés. Elles doivent impérativement être travaillées avec les pouvoirs publics.
 
Nous avons dans ce sens demandé un rendez vous urgent avec la Ministre, qui n’a pas daigné nous répondre (il est sans doute plus urgent de précariser nos statuts  !!! ( https://aph-france.fr/Statut-de-praticien-hospitalier-oui-a-la-refondation-non-a-la-precarisation.html ).
Nous avons également envoyé un courrier à la Directrice de la DGOS, que nous vous mettons en pièce jointe à titre d’information. Ce courrier contient toutes les pistes de travail que nous avons fait émerger de vos réponses à cette enquête. Ce courrier n’a pas non plus reçu de réponse depuis le 19 mars ! Là aussi, on voit bien où sont les priorités!
 
Il s’agit d’un mépris caractérisé, que nous ne pouvons accepter : pour la première fois, la parole des praticiens à l’hôpital s’est ouverte sur les sensations de discriminations, sur les renoncements, sur le plafond de verre, sur les difficultés à trouver un équilibre de vie, sur les non applications de la réglementation. Cette parole, nous la porterons grâce à vous, et cette absence de réponse ne va pas pouvoir durer.
 
 
Contacts :
Dr Nicole Smolski Présidente d’honneur APH 
Dr Marie-Josée Cortes Membre CA CPH et APH 
Dr Lamia Kerdjana Jeunes Médecins 
Dr Pascale Le Pors, Membre CA AH et APH
Dr Jacques Trévidic Président APH et CPH
Dr Renaud Péquignot Président Avenir Hospitalier 
Dr Emanuel Loeb Président Jeunes Médecins
 

 

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