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Temps continu : et si tout le monde s’y mettait ? - M. Morin

 
 
Le point de vue de Maxime Morin, Directeur de l’hôpital de Cherbourg
 
Le centre hospitalier de Cherbourg est organisé en temps continu depuis les années 2000 (urgentistes et réanimateurs). Pour Maxime Morin, c’était une opportunité et une nécessité compte tenu du rythme de la permanence des soins et de la variabilité des horaires dans ces spécialités.
 
Avenir Hospitalier : En tant que directeur d’hôpital, quel est votre regard sur l’organisation en temps continu ?
 
Maxime Morin : Plusieurs spécialités médicales sont organisées en temps continu dans notre établissement (urgentistes, anesthésistes-réanimateurs et réanimateurs). Dans ces secteurs d’activité c’était une opportunité et une nécessité compte tenu du rythme de la permanence des soins et de la variabilité des horaires. Lorsque les horaires, au sein d’un même service, sont très variés (10 à 24 heures), grâce au temps continu il est possible d’affecter juste le temps nécessaire sur certains postes de travail.
Ainsi, le temps continu est, pour ma part, facilitant en termes de gestion.
Pour les pédiatres et obstétriciens, nous avons fait le choix de ne pas être en temps continu car ce sont des spécialités qui ont certes une obligation de permanence des soins, mais dont une grande partie de l’activité est aussi consacrée aux consultations.
 
Avenir Hospitalier : Cela induit-il des coûts, les quels et pour quels bénéfices ?
 
Maxime Morin : Le temps continu a été mis avant mon arrivée en 2012 et certes il engendre un surcoût par rapport à l’organisation en demi-journées, mais qui est largement contrebalancée par ce que l’on peut observer en termes de motivation et de sérénité au travail. Le fonctionnement horaire correspond à une attente des professionnels. Dans un marché concurrentiel, le temps continu constitue un outil d’attractivité. 
Si on ne le proposait pas, ce serait un véritable obstacle.
Pour les hôpitaux qui recourent à l’intérim médical, il est évident que l’écart financier entre le surcoût du temps continu et le surcoût majeur engendré par l’intérim médical fait pencher la balance en faveur du temps continu.
 
Avenir Hospitalier : Pourrait-on imaginer de modéliser un fonctionnement en temps continu qui ne soit pas stricto sensu la reproduction simpliste de 12-12 ou 24 - 24 ?
 
Maxime Morin : C’est ce qui se fait dans les services d’urgences notamment. L’avantage du temps continu réside dans le calcul des besoins en ressources médicales à l’heure près. Grâce au temps continu, nous pouvons, avec les responsables des services, ajuster au plus fin les besoins médicaux, ce qui permet de cibler également les pics d’activité. Seul le décompte horaire le permet.
 
Avenir Hospitalier : Est-ce un modèle d’organisation en soi ou bien cela nécessite-t-il de prévoir un environnement qui rende supportable une telle organisation dans la vie concrète d’une équipe qui doit bénéficier de temps de respiration à intégrer dans son fonctionnement, donc des temps d’échanges, et pas seulement un enchainement d’équipes qui ne se côtoient plus...?
 
Maxime Morin : C’est un modèle d’organisation en soi qui représente le socle quotidien pour construire les plannings. Il est nécessaire de prévoir un environnement spécifique du fait des temps de présence longs, notamment à des horaires particuliers. De ce fait, on doit être très vigilant à l’accession aux bureaux et chambres de garde des praticiens. 
Concernant les échanges au sein des équipes, les temps nécessaires sont aussi à prévoir et à intégrer dans l’organisation du service. Avec cette organisation en temps continu, avec des praticiens qui ne sont pas toujours tous présents en même temps, j’ai noté que les équipes ont besoin d’organiser, en dehors des staffs médicaux, des réunions de services de façon régulière. Le fonctionnement collectif est plus intense. Par exemple, aux urgences de notre hôpital, au moment où les effectifs étaient au plus bas, l’équipe a décidé d’organiser une réunion de service par semaine. On pourrait penser que l’organisation en temps continu éloigne les praticiens les uns des autres, mais il n’en est rien, ils éprouvent le besoin de discuter, de débattre, de régler les problèmes organisationnels et humains… Ces réunions sont un outil de « vivre avec ». Bien entendu, ces réunions sont comptabilisées en temps de travail.
Au total, l’organisation en temps continu est un modèle réclamé, indispensable en termes de recrutement.
 
Propos recueillis par Christiane Mura

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Réintégration des PH experts judiciaires au sein des collaborateurs occasionnels du service public

Communiqué Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins du 3 Mai 2019

Actions Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins se félicitent de la publication au Journal Officiel du 2 mai 2019 du décret qui réintègre les experts psychiatres dans la catégorie des collaborateurs occasionnels du service public (COSP).

Cette publication est le résultat de la mobilisation conjointe des associations et compagnies d’experts et des syndicats de praticiens hospitaliers, en particulier Actions Praticiens Hôpital, Jeunes Médecins et le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH). La saisine par certains d’entre nous du Conseil d’État et la procédure juridictionnelle lancée par cette dernière a contribué à accélérer l’élaboration et la publication du décret. A deux reprises en décembre 2015 par le biais d’un décret puis en octobre 2018 par le truchement d’un amendement déposé en catimini au projet de loi de financement de la sécurité sociale, la Chancellerie a tenté de faire passer des dispositions réglementaires et législatives visant à nous exclure des COSP.

Nous devons donc rester vigilants car le Ministère de la Justice ne semble pas avoir renoncé à son projet d’imposer un statut libéral à l’ensemble des experts. Sous prétexte de permettre l’accès des médecins experts à un « statut libéral simplifié » du type du « microsocial », la Chancellerie voudrait de nouveau imposer un « statut unique » qui la dispenserait de verser les charges sociales.

APH et JM poursuivent avec le SPH le combat pour la défense de l’expertise médicale et psychiatrique et pour une meilleure rémunération des missions confiées aux experts notamment une revalorisation des dépositions aux Assises, la modification des critères et l’accès aux « expertises hors normes » de l’ensemble des experts indépendamment de leur statut.

Contact

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Suite à l’enquête " équilibres vie privée - vie professionnelle à l’hôpital public ", des mesures urgentes s’imposent pour améliorer la vie professionnelle à l'hôpital : Mme Buzin et Mme Courrèges, écoutez les praticiens !

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins ont lancé une enquête courant février, sur les équilibres vie privée vie professionnelle pour les médecins hospitaliers.
Nous vous avons tenu au courant des résultats par newsletter (http://www.avenir-hospitalier.fr/images/Resume_Enquete_APH-JM_Vie_Privee_Vie_Professionnelle.pdf) et cette enquête a été très bien relayée par la presse. Les constats sont lourds, pour les hommes et pour les femmes, et peuvent en partie expliquer le désenchantement face aux carrières hospitalières.
 
Nous avons identifié des pistes de travail pour vaincre ces difficultés. Elles doivent impérativement être travaillées avec les pouvoirs publics.
 
Nous avons dans ce sens demandé un rendez vous urgent avec la Ministre, qui n’a pas daigné nous répondre (il est sans doute plus urgent de précariser nos statuts  !!! ( https://aph-france.fr/Statut-de-praticien-hospitalier-oui-a-la-refondation-non-a-la-precarisation.html ).
Nous avons également envoyé un courrier à la Directrice de la DGOS, que nous vous mettons en pièce jointe à titre d’information. Ce courrier contient toutes les pistes de travail que nous avons fait émerger de vos réponses à cette enquête. Ce courrier n’a pas non plus reçu de réponse depuis le 19 mars ! Là aussi, on voit bien où sont les priorités!
 
Il s’agit d’un mépris caractérisé, que nous ne pouvons accepter : pour la première fois, la parole des praticiens à l’hôpital s’est ouverte sur les sensations de discriminations, sur les renoncements, sur le plafond de verre, sur les difficultés à trouver un équilibre de vie, sur les non applications de la réglementation. Cette parole, nous la porterons grâce à vous, et cette absence de réponse ne va pas pouvoir durer.
 
 
Contacts :
Dr Nicole Smolski Présidente d’honneur APH 
Dr Marie-Josée Cortes Membre CA CPH et APH 
Dr Lamia Kerdjana Jeunes Médecins 
Dr Pascale Le Pors, Membre CA AH et APH
Dr Jacques Trévidic Président APH et CPH
Dr Renaud Péquignot Président Avenir Hospitalier 
Dr Emanuel Loeb Président Jeunes Médecins
 

 

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