Le début d’une nouvelle ère

Première exaltante pour AH et CPH : enfin le Conseil supérieur des personnels médicaux (CSPM) rétablit le Droit constitutionnel de chaque profession d’agents publics à bénéficier d’une instance où porter la parole syndicale avant le vote des textes concernant notre profession ! Bien sûr, il ne s’agit là que du CSPM provisoire nommé par la Ministre, ne devant pas durer plus d’un an avant la mise en place du CSPM voulu par le Conseil d’État, qui lui sera issu d’élections. La ténacité d’AH et de la CPH au sein d’APH aura porté ses fruits. La rédaction tenait à vous raconter les débuts du CSPM, ce qui s’est dit durant cette réunion, les réactions des participants et la position d’APH…
 

Une entrée en matière piquante !

La séance du 27 septembre 2018 commence par un tour de table et se poursuit par l’introduction du président (Dominique Deroubaix, directeur d’hôpital fraîchement retraité des HCL), rappelant le long chemin avant de parvenir à la tenue de cette instance. Enfin, la DGOS via Madame Cécile Courrèges, expose son mode de fonctionnement, et rappelle l’ordre du jour : l ‘exposé des motions préliminaires, puis le vote du règlement intérieur.
 
Le tour de table des réactions par intersyndicale est sans grande surprise : la CMH rappelle qu’elle était contre la création du CSPM « qui nous rabaisse au rang de simples aides-soignants », le SNAM renchérit en expliquant que le CSPM ne sert à rien, et l’INPH reste sur le même ton en expliquant que les commissions spécialisées ne servent à rien.
 
Après ce grand moment d’aigreur réactionnaire, Jacques Trévidic pour la CPH exprime son bonheur de pouvoir enfin admirer cette concrétisation de nos efforts pour être entendus de manière obligatoire avant toute promulgation de texte.
 
Votre « serviteur » surenchérit pour AH en citant notamment l’exemple des discussions sur la CSG qui ont abouti à appliquer le même schéma que les fonctionnaires aux PH alors que les conditions de départ étaient différentes, sans jamais que nous soyons consultés !
 

Du temps syndical…

Dans le collège des employeurs, les conférences et la FHF affirment avec force que ce CSPM est indispensable pour que tout le monde soit autour de la table.
 
Emmanuel Loeb, représentant l’INSCCA devenu « Jeunes Médecins » embraye avec une question pratique sur le fait que les CCA n’ont pas de droit à du temps de représentation syndicale et viennent donc siéger grâce à des arrangements « occultes » ou en posant des jours de congé ! Voilà une excellente transition vers une des premières questions qu’il faudra résoudre : celle des moyens syndicaux. Pour l’instant, vos représentants n’ont pas de locaux, pas de moyens autres que vos cotisations, et un temps syndical ridicule (5 ETP pour 45 000 PH soit un ratio 60 fois moindre que les autres professions !).
 
Après ce tour de table, la DGOS rappelle que les commissions servent à travailler les textes pour que les séances plénières du CSPM ne servent qu’à les entériner. Un brin provocatrice, elle rappelle également que si certains élus ne veulent pas siéger, ils n’y sont pas obligés...
 

Et de l’ordre des priorités !

Commence ensuite l’ordre du jour à proprement dit : le fameux « Examen du texte Règlement intérieur ». On aurait pu imaginer une simple formalité, si ce n’avait été la combativité des autres intersyndicales, faisant feu de tout bois (en commençant par un esclandre sur la position des chaises par collège dans la salle !).
D’entrée de jeu, CMH, SNAM et INPH veulent supprimer l’article autorisant la présence des suppléants. Le représentant de la CPH pour le troisième collège (celui des contractuels) rétorque que c’est dans le décret. La DGOS règle donc la question : on garde les suppléants (sans participation aux débats ni aux votes, comme précisé dans le décret).
 
AH et CPH insistent pour que les votes du CSPM soient impérativement présentés par collège et pas groupés. En effet, les trois collèges sont de même taille alors qu’ils représentent trois corps électoraux forts différents par la taille, le collège HU représentant huit fois moins de praticiens. Amendement accepté par l’ensemble des collèges ! 
 
La CPH demande la création d’un espace collaboratif hébergé sur un site accessible à tous les membres. La DGOS répond que ça existe dans certains CSFP mais que c’est encore peu efficace. Il y a encore du travail pour obtenir la démocratie numérique !
Le règlement intérieur avec les amendements APH est voté à l’unanimité des collèges (AH-CPH-JM votent pour, abstention des autres, en dehors d’un dissident HU de l’INPH qui a voté pour le bon sens malgré les protestations de sa présidente !).
 

Fin de séance 

Que penser de cette première ? Une certaine fierté d’avoir rétabli les PH dans le droit, et la sensation que les choses vont avancer malgré les conservatismes et les volontés de blocage d’en face. En effet, l’intersyndicale « Jeunes Médecins » a décidé au lendemain de cette première séance de faire campagne avec APH ! C’est donc une grande alliance progressiste, et résolument tournée vers l’avenir de notre profession, qui briguera vos suffrages dans un an pour la première élection du CSPM qui nous représentera tous face au Gouvernement et au Parlement. Le CSPM sera clairement un outil d’amplification de la représentation syndicale. Depuis trop d’années, les gouvernements successifs ont régulièrement montré du mépris pour les piliers de l’Hôpital que nous sommes. Désormais, aucun texte modifiant notre statut ne pourra plus être voté sans que nous ayons donné notre avis. Nous aurons le droit d’amender les textes officiellement, et plus par un jeu d’influences auprès des bureaux du Ministère. La vraie démocratie est là, les chantiers sont immenses pour rendre à nouveau attractif notre statut, garant de notre indépendance et donc des meilleurs soins à la population. AH, CPH et Jeunes Médecins espèrent obtenir un large vote de confiance afin d’obtenir le meilleur pour tous les mandants, qu’ils soient PH, HU ou contractuels. 
 
À bientôt pour les prochaines séances consacrées aux textes en attente depuis plus d’un an…
 
 
 
Renaud Péquignot (Président d'AH)
 

« Ma Santé 2022 » : un bon diagnostic… suivi d’un abandon de soin pour l’Hôpital !

 
Le 18 septembre dernier, le président de la République dévoilait le plan attendu et tant repoussé, censé révolutionner le système de santé de notre pays. Cette présentation a commencé par un mensonge classique : « le système de santé français coûte cher et est à la troisième place mondiale » alors que son coût est désormais dans la moyenne des pays développés et qu’il connaît une des croissances les plus faibles de l’OCDE ! Un mensonge suivi de plusieurs omissions : sur les niches sociales qui privent la Sécurité Sociale de plus de 50 milliards d’euros par an (selon la Cour des Comptes), sur les séquences d’essorage successives depuis l’arrivée au pouvoir d’Emannuel Macron, sur les postes vacants à l’Hôpital, sur le coût des solutions de remplacement complètement absurdes (à base d’intérim payé deux à six fois plus cher que le temps de travail des PH).
 
Le diagnostic livré ensuite était plutôt juste, et même émouvant, énonçant la souffrance des soignants, l’absence de reconnaissance, le désarroi des patients face aux déserts de médecine libérale et aux urgences complètement embolisées, sur la volonté des jeunes médecins de pouvoir exercer à la fois à l’hôpital et en ville, et sur la nécessité d’un rééquilibrage de la gouvernance à l’hôpital (maintes fois promis, et jamais mis en œuvre…).
Les mesures annoncées furent également plaisantes à entendre, laissant néanmoins certains auditeurs perplexes, quant à leur financement : 
 
  • Fin du numerus clausus : 
- Pour cesser ce double mouvement absurde qui consiste à recaler de brillants étudiants français au motif qu’ils n’ont obtenu « que » 13,9 de moyenne, quand la barre était à 14/20. 
- Pour remplir très partiellement les postes hospitaliers vacants et essayer de réhabiliter les déserts médicaux, sans avoir à faire venir des wagons de médecins étrangers qui manquent cruellement à leur pays d’origine et qui n’ont pas bénéficié d’une formation à la hauteur de ce qui est prodigué en France.
  • Des assistants médicaux libéraux, pour libérer du temps médical et déléguer les gestes simples et certaines parties de l’interrogatoire à de « super-aides-soignants » formés en un an : l’idée est de permettre à un médecin généraliste de couvrir une plus grande population pour lutter contre les déserts médicaux à moyen médical constant, en attendant 15 ans pour observer les effets de la suppression du numerus clausus.
  • L’accentuation du virage ambulatoire, alors que tout ce qui pouvait être fait facilement l’a déjà été.
  • Une « meilleure reconnaissance du travail » des soignants, ce qui implique de cesser de les matraquer financièrement comme depuis huit ans tous bords confondus.
  • Une réouverture des hôpitaux de proximité grâce à une cohorte de 4000 médecins généralistes d’exercice mixte, réservés à trois services de proximité : médecine polyvalente, SSR polyvalent et gériatrie aiguë.
  • La création de Communautés Profes­sionnelles Territoriales de Santé (un millier de mailles de 20 000 à 100 000 habitants pour couvrir l’ensemble de la France), associant tous les professionnels de santé (pas seulement médicaux) avec un dossier partagé, et en relation étroite avec l’hôpital.
  • Le développement du dossier patient numérique et de la télémédecine.

 
 
Quant à l’annonce du financement, cela nous a laissé perplexe : une réévaluation de l’ONDAM ridicule, pour le faire passer de 2,3 à 2,5 %, soit à peine 400 millions qui ne couvriront même pas la hausse de l’inflation ! Chacune des mesures citées coûtera plusieurs milliards d’euros et permettra d’économiser encore plus, seulement plus tard. Cependant, la mise de départ doit être à la hauteur, sinon aucune de ces évolutions souhaitables ne se fera correctement. Une réforme mal menée coûte de l’argent et ne résout rien.
 
Le coup de grâce survint quelques jours plus tard, avec l’annonce d’une diminution des dépenses de santé de 3,8 milliards d’euros pour 2019, comme si les 50 milliards de niches n’étaient jamais suffisantes ! Ce procédé est habituel de la part de ce gouvernement : on se rappelle tous de la très empathique sortie de la ministre de la Santé et des Solidarité, Agnès Buzyn, sur le personnel hospitalier qui n’en pouvait plus et qu’il fallait cesser d’accabler, suivie quelques jours plus tard de l’annonce par la même Ministre de la suppression de 1,2 milliards d’euros sur la masse salariale des hôpitaux, correspondant à la suppression de 30 000 postes. On se souvient également de l’annonce en grande pompe du lancement de la STSS par le Premier ministre Édouard Philippe, immédiatement suivie de l’annonce d’une nouvelle baisse des tarifs.
 
Cette façon de traiter l’ensemble des professionnels de santé, en combinant des annonces justes qui suscitent de l’espoir, puis des mesures réelles totalement injustes, ne pourra pas durer encore très longtemps sans que s’exprime de plus en plus bruyamment la réalité de la vie au quotidien dans les hôpitaux, pour les PH comme pour les soignants.
 
Le gouvernement doit tenir ses promesses et accorder à la Santé tout le soin qu’exigent les Français de manière continue dans toutes les enquêtes d’opinion comme dans les conversations entendues par les professionnels de santé à leur contact.
 
Renaud Péquignod (Président d'AH)
 
 

Les annonces de recrutement

 

Mars 2019

Anesthésie-réanimation, cardiologie, gériatrie, médecine générale, médecine d'urgence, pédiatrie, psychiatrie

AH n°11

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

Retrouvez toute l'information dans le communiqué de presse (cliquez ici)

www.cfar.org/didoc/ 

 

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     Les annonces de recrutement 
Novembre  2019

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Les dernières actus

Guide du praticien en grève 17 décembre 2019

 

APH répond à vos questions concernant la grève en vue du mouvement organisé le 17 décembre.

Vous trouverez les réponses aux 10 questions les plus courantes :

La grève pour les médecins et pharmaciens des hôpitaux, ça consiste en quoi ?
Le préavis de grève est-il obligatoire pour que je puisse me déclarer gréviste ?
Je ne suis pas syndiqué. Un préavis de grève national adressé au Ministère de la santé lancé par une organisation syndicale nationale me couvre-t-il ?
Je souhaite faire la grève et un préavis local ou national a été lancé. Suis-je obligé de me déclarer officiellement gréviste à l’administration ?
Quelle différence entre réquisition et assignation ?
Peut-on me réquisitionner ou m’assigner ?
En pratique, la réquisition et/ou l’assignation se déroulent comment ?
Je fais grève ½ journée ou une heure. Quelle partie de mon salaire va-t-on me prélever ?
La grève du codage peut-elle être assimilée à une grève ?
Comment sont comptabilisés les grévistes ?
 

 

Mobilisation du 30 novembre : comment faire ?

L’ensemble des organisations syndicales appellent à continuer la mobilisation des hospitaliers face à l’insuffisance des mesures avancées par le gouvernement le 20 novembre.

Pour le 30 novembre, l’objectif est d’alerter la population et les élus locaux sur les conséquences graves pour les usagers du manque criant de moyens des hôpitaux.
 
- À cette fin, vous trouverez en pièce jointe un document qu’il est possible de distribuer sous forme de tract aux différents interlocuteurs ciblés.
- N’hésitez pas à poster ce tract sur les réseaux sociaux, à le faire découvrir à vos amis,à vos abonnés (même non médecins)
- N’hésitez pas à aller samedi matin dans la rue, sur les marchés, et à demander des rendez-vous avec les élus.
 
La mobilisation doit être la plus large possible, jusqu’au 17 décembre où une nouvelle manifestation nationale est prévue.
 
 

Élections au Conseil de discipline des HU: date limite du scrutin : 15 novembre 2019

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