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« Ma Santé 2022 » : un bon diagnostic… suivi d’un abandon de soin pour l’Hôpital !

 
Le 18 septembre dernier, le président de la République dévoilait le plan attendu et tant repoussé, censé révolutionner le système de santé de notre pays. Cette présentation a commencé par un mensonge classique : « le système de santé français coûte cher et est à la troisième place mondiale » alors que son coût est désormais dans la moyenne des pays développés et qu’il connaît une des croissances les plus faibles de l’OCDE ! Un mensonge suivi de plusieurs omissions : sur les niches sociales qui privent la Sécurité Sociale de plus de 50 milliards d’euros par an (selon la Cour des Comptes), sur les séquences d’essorage successives depuis l’arrivée au pouvoir d’Emannuel Macron, sur les postes vacants à l’Hôpital, sur le coût des solutions de remplacement complètement absurdes (à base d’intérim payé deux à six fois plus cher que le temps de travail des PH).
 
Le diagnostic livré ensuite était plutôt juste, et même émouvant, énonçant la souffrance des soignants, l’absence de reconnaissance, le désarroi des patients face aux déserts de médecine libérale et aux urgences complètement embolisées, sur la volonté des jeunes médecins de pouvoir exercer à la fois à l’hôpital et en ville, et sur la nécessité d’un rééquilibrage de la gouvernance à l’hôpital (maintes fois promis, et jamais mis en œuvre…).
Les mesures annoncées furent également plaisantes à entendre, laissant néanmoins certains auditeurs perplexes, quant à leur financement : 
 
  • Fin du numerus clausus : 
- Pour cesser ce double mouvement absurde qui consiste à recaler de brillants étudiants français au motif qu’ils n’ont obtenu « que » 13,9 de moyenne, quand la barre était à 14/20. 
- Pour remplir très partiellement les postes hospitaliers vacants et essayer de réhabiliter les déserts médicaux, sans avoir à faire venir des wagons de médecins étrangers qui manquent cruellement à leur pays d’origine et qui n’ont pas bénéficié d’une formation à la hauteur de ce qui est prodigué en France.
  • Des assistants médicaux libéraux, pour libérer du temps médical et déléguer les gestes simples et certaines parties de l’interrogatoire à de « super-aides-soignants » formés en un an : l’idée est de permettre à un médecin généraliste de couvrir une plus grande population pour lutter contre les déserts médicaux à moyen médical constant, en attendant 15 ans pour observer les effets de la suppression du numerus clausus.
  • L’accentuation du virage ambulatoire, alors que tout ce qui pouvait être fait facilement l’a déjà été.
  • Une « meilleure reconnaissance du travail » des soignants, ce qui implique de cesser de les matraquer financièrement comme depuis huit ans tous bords confondus.
  • Une réouverture des hôpitaux de proximité grâce à une cohorte de 4000 médecins généralistes d’exercice mixte, réservés à trois services de proximité : médecine polyvalente, SSR polyvalent et gériatrie aiguë.
  • La création de Communautés Profes­sionnelles Territoriales de Santé (un millier de mailles de 20 000 à 100 000 habitants pour couvrir l’ensemble de la France), associant tous les professionnels de santé (pas seulement médicaux) avec un dossier partagé, et en relation étroite avec l’hôpital.
  • Le développement du dossier patient numérique et de la télémédecine.

 
 
Quant à l’annonce du financement, cela nous a laissé perplexe : une réévaluation de l’ONDAM ridicule, pour le faire passer de 2,3 à 2,5 %, soit à peine 400 millions qui ne couvriront même pas la hausse de l’inflation ! Chacune des mesures citées coûtera plusieurs milliards d’euros et permettra d’économiser encore plus, seulement plus tard. Cependant, la mise de départ doit être à la hauteur, sinon aucune de ces évolutions souhaitables ne se fera correctement. Une réforme mal menée coûte de l’argent et ne résout rien.
 
Le coup de grâce survint quelques jours plus tard, avec l’annonce d’une diminution des dépenses de santé de 3,8 milliards d’euros pour 2019, comme si les 50 milliards de niches n’étaient jamais suffisantes ! Ce procédé est habituel de la part de ce gouvernement : on se rappelle tous de la très empathique sortie de la ministre de la Santé et des Solidarité, Agnès Buzyn, sur le personnel hospitalier qui n’en pouvait plus et qu’il fallait cesser d’accabler, suivie quelques jours plus tard de l’annonce par la même Ministre de la suppression de 1,2 milliards d’euros sur la masse salariale des hôpitaux, correspondant à la suppression de 30 000 postes. On se souvient également de l’annonce en grande pompe du lancement de la STSS par le Premier ministre Édouard Philippe, immédiatement suivie de l’annonce d’une nouvelle baisse des tarifs.
 
Cette façon de traiter l’ensemble des professionnels de santé, en combinant des annonces justes qui suscitent de l’espoir, puis des mesures réelles totalement injustes, ne pourra pas durer encore très longtemps sans que s’exprime de plus en plus bruyamment la réalité de la vie au quotidien dans les hôpitaux, pour les PH comme pour les soignants.
 
Le gouvernement doit tenir ses promesses et accorder à la Santé tout le soin qu’exigent les Français de manière continue dans toutes les enquêtes d’opinion comme dans les conversations entendues par les professionnels de santé à leur contact.
 
Renaud Péquignod (Président d'AH)
 
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Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Réintégration des PH experts judiciaires au sein des collaborateurs occasionnels du service public

Communiqué Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins du 3 Mai 2019

Actions Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins se félicitent de la publication au Journal Officiel du 2 mai 2019 du décret qui réintègre les experts psychiatres dans la catégorie des collaborateurs occasionnels du service public (COSP).

Cette publication est le résultat de la mobilisation conjointe des associations et compagnies d’experts et des syndicats de praticiens hospitaliers, en particulier Actions Praticiens Hôpital, Jeunes Médecins et le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH). La saisine par certains d’entre nous du Conseil d’État et la procédure juridictionnelle lancée par cette dernière a contribué à accélérer l’élaboration et la publication du décret. A deux reprises en décembre 2015 par le biais d’un décret puis en octobre 2018 par le truchement d’un amendement déposé en catimini au projet de loi de financement de la sécurité sociale, la Chancellerie a tenté de faire passer des dispositions réglementaires et législatives visant à nous exclure des COSP.

Nous devons donc rester vigilants car le Ministère de la Justice ne semble pas avoir renoncé à son projet d’imposer un statut libéral à l’ensemble des experts. Sous prétexte de permettre l’accès des médecins experts à un « statut libéral simplifié » du type du « microsocial », la Chancellerie voudrait de nouveau imposer un « statut unique » qui la dispenserait de verser les charges sociales.

APH et JM poursuivent avec le SPH le combat pour la défense de l’expertise médicale et psychiatrique et pour une meilleure rémunération des missions confiées aux experts notamment une revalorisation des dépositions aux Assises, la modification des critères et l’accès aux « expertises hors normes » de l’ensemble des experts indépendamment de leur statut.

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Suite à l’enquête " équilibres vie privée - vie professionnelle à l’hôpital public ", des mesures urgentes s’imposent pour améliorer la vie professionnelle à l'hôpital : Mme Buzin et Mme Courrèges, écoutez les praticiens !

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins ont lancé une enquête courant février, sur les équilibres vie privée vie professionnelle pour les médecins hospitaliers.
Nous vous avons tenu au courant des résultats par newsletter (http://www.avenir-hospitalier.fr/images/Resume_Enquete_APH-JM_Vie_Privee_Vie_Professionnelle.pdf) et cette enquête a été très bien relayée par la presse. Les constats sont lourds, pour les hommes et pour les femmes, et peuvent en partie expliquer le désenchantement face aux carrières hospitalières.
 
Nous avons identifié des pistes de travail pour vaincre ces difficultés. Elles doivent impérativement être travaillées avec les pouvoirs publics.
 
Nous avons dans ce sens demandé un rendez vous urgent avec la Ministre, qui n’a pas daigné nous répondre (il est sans doute plus urgent de précariser nos statuts  !!! ( https://aph-france.fr/Statut-de-praticien-hospitalier-oui-a-la-refondation-non-a-la-precarisation.html ).
Nous avons également envoyé un courrier à la Directrice de la DGOS, que nous vous mettons en pièce jointe à titre d’information. Ce courrier contient toutes les pistes de travail que nous avons fait émerger de vos réponses à cette enquête. Ce courrier n’a pas non plus reçu de réponse depuis le 19 mars ! Là aussi, on voit bien où sont les priorités!
 
Il s’agit d’un mépris caractérisé, que nous ne pouvons accepter : pour la première fois, la parole des praticiens à l’hôpital s’est ouverte sur les sensations de discriminations, sur les renoncements, sur le plafond de verre, sur les difficultés à trouver un équilibre de vie, sur les non applications de la réglementation. Cette parole, nous la porterons grâce à vous, et cette absence de réponse ne va pas pouvoir durer.
 
 
Contacts :
Dr Nicole Smolski Présidente d’honneur APH 
Dr Marie-Josée Cortes Membre CA CPH et APH 
Dr Lamia Kerdjana Jeunes Médecins 
Dr Pascale Le Pors, Membre CA AH et APH
Dr Jacques Trévidic Président APH et CPH
Dr Renaud Péquignot Président Avenir Hospitalier 
Dr Emanuel Loeb Président Jeunes Médecins
 

 

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