A la Une

Editorial - Ni sourds, ni aveugles !

Après cette première année du quinquennat Macron, on peut discerner ses objectifs pour la santé en général, l’hôpital et ses praticiens en particulier. Là où le quinquennat Hollande était fait de tergiversations, de stagnation et de verbiage creux, le nouveau gouvernement va visiblement mettre de l’action brutale, de la régression des salaires et des postes, et du mensonge permanent. Alors que l’hôpital n’en peut plus des brimades qu’il a subies tout en devant accueillir de plus en plus de patients que la ville ne veut plus prendre en charge (malgré un ONDAM systématiquement favorisé par rapport à l’Hôpital), nous voyons arriver en même temps la poursuite du gel des salaires pour 5 ans, la hausse de la CSG mal compensée, la diminution drastique du nombre des postes (annoncée discrètement le 8 mai ) et l’hôpital-bashing tous azimuts. Le tout accompagné d’un discours dégoulinant de bienveillance et d’empathie, toujours démenties par les faits.
 

Que nous promet-on, et qu’arrivera-t-il plus probablement ?

 
Les promesses : un système de santé rénové, plus efficace, plus ambulatoire, plus fluide, plus pertinent (après « l’efficience » du quinquennat précédent, celui-ci sera « pertinent »), avec moins d’actes mieux rémunérés.
 
Ce qui arrive : on l’a vu, un essorage jamais vu des services publics, la santé étant la cible prioritaire (les deux quinquennats précédents s’étaient chargés d’attaquer la justice et la police, puis l’Éducation Nationale). Chaque annonce de destruction de la santé est précédée quelques jours avant d’une nouvelle exonération pour les 1 % des plus riches, avec une prédilection pour ceux qui exilent leurs revenus, sans aucun intérêt pour le pays : on a vu la baisse de l’impôt sur les dividendes et les plus-values suivies de la reconduction du blocage des salaires des agents publics, la suppression de l’ISF suivie de la hausse de la CSG, la fin de l’Exit-Tax sur les exilés fiscaux, suivie donc de l’annonce de la suppression de 30 000 postes dans les hôpitaux.
Les Français aiment leur hôpital et risquent-ils de protester ? Qu’à cela ne tienne ! On vous servira sur un plateau télévisé une histoire par semaine de « ratage » de SAMU, de mort anormale aux urgences, d’une personne âgée mal surveillée et, au lieu d’en tirer les bonnes conclusions, on déroulera le discours habituel de celui qui veut tuer son chien et commence par l’accuser d’avoir la rage : on pointe des responsabilités individuelles !
 
Parmi les évolutions qui seront proposées et qu’Avenir Hospitalier se propose d’accompagner au sein de la grande intersyndicale Action Praticiens Hôpital qu’il forme avec la CPH, plusieurs axes stratégiques se dégagent :
- la poursuite de la logique de territoire : actuellement limité au GHT (avec le H d’hôpital), le territoire pourrait s’étendre à l’ensemble du dispositif de santé : les PH pourraient aussi bien exercer à l’hôpital qu’en dispensaire voire à domicile, pour suivre les parcours de soins. Il appartiendrait alors aux équipes hospitalières de s’inscrire avec volontarisme dans cette organisation, sous peine de devenir un garage de la filière de soin sans levier d’action sur la dite organisation.
- la numérisation accélérée : depuis le temps qu’on la promet… Il apparaîtrait enfin un dossier patient, qu’il pourrait porter avec lui, sous forme d’une clé USB ou d’un mot de passe sur un espace de stockage, consultable par qui il choisirait.
- la réforme de la tarification : là encore, le double discours est roi : on nous annonce (comme Hollande en son temps) la fin de la T2A, inefficace, poussant à la sur-prescription d’actes, injuste et obsolète, et on nous annonce la venue de la T2A sur le champs du SSR voire de la psychiatrie, qu’on rebaptise DMA (Dotation Modulée à l’Activité) histoire de ne pas dire qu’on étend la T2A au lieu de la restreindre !
- la réforme des CHU : pour fêter l’ordonnance qui les fonda il y a 60 ans, il est question de décloisonner la recherche et l’enseignement. Par exemple en créant des valences permettant de reconnaître l’investissement des PH envers la recherche et l’enseignement, en relation ou pas avec un CHU. Ce chantier est lancé mais pour l’instant, on peut dire qu’il y a une certaine opacité dans la direction recherchée…
- la réforme des rémunérations : elle découle du reste. En effet, entre les valences hospitalières et les exercices mixtes ou hors les murs, il y aura obligatoirement des évolutions, sur lesquelles AH restera particulièrement vigilant. S’il s’agit d’ajuster un salaire sur l’implication réelle de chaque praticien dans les parcours de santé, au sein d’un statut rendu plus souple et plus attractif pour les PH les plus impliqués, on ne peut qu’applaudir. S’il s’agit au contraire de faire exploser le statut pour ensuite faire la course au moins-disant, et saupoudrer des primes à la tête du client pour favoriser les médecins les plus serviles avec un directeur-distributeur de primes, nous nous y opposerons farouchement.
 
Le Praticien Hospitalier est l’âme de l’hôpital, sa fierté et sa colonne vertébrale. C’est le médecin qui a les plus grandes responsabilités, et le plus haut niveau d’études, il est anormal qu’il ne soit plus en haut de l’arbre décisionnel et de la grille de salaires ! L’hôpital est l’endroit où on choisit de travailler parce qu’on se retrouve dans les valeurs de service public. Qu’on ne vienne pas nous servir le discours anti-fonctionnaire à base de sécurité de l’emploi ! Quel médecin craint vraiment actuellement de se retrouver au chômage alors que 30 % des postes de PH sont vacants ? Que l’intérim prospère tellement qu’un syndicat ose se créer pour lutter contre les hôpitaux qui appliquent la Loi en plafonnant leur rémunération !?
 
Il n’y a aucune raison que nous soyons ainsi méprisés ou rabaissés, il n’y a aucune raison que nous acceptions d’être écartés des décisions concernant les hôpitaux, et la profession est désormais prête à se défendre : que le gouvernement n’aille pas trop loin dans ses attaques au plus essentiel des services publics, ou il s’en mordra les doigts ! Nous accepterons et accompagnerons les réformes, toujours, mais nous refuserons vigoureusement la casse de l’hôpital !
 
Renaud Péquignot (Président d'AH)
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

----------------------------------------------------------------

Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

Retrouvez toute l'information dans le communiqué de presse (cliquez ici)

www.cfar.org/didoc/ 

 

----------------------------------------------------------------

 
 

  

       

Pour lire le sommaire et les articles cliquez ici

Pour télécharger la revue, cliquez ici

----------------------------------------------------------------

     Les annonces de recrutement 
Juin 2019

      retrouver ces annonces sur le site reseauprosante.fr

 

Les dernières actus

Elections professionnelles : du 25 juin au 2 juillet VOTEZ APH+JM

Pourquoi voter Action Praticiens Hopital + Jeunes Médecins ? AH + CPH + JM = APH&JM

Nos propositions : la plateforme d’APH & JM

Nous vous envoyons régulièrement des lettres d'information. Si vous ne les recevez pas, adressez un mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. en nous donnant l'adresse mail à laquelle vous désirez recevoir ces informations.

Réintégration des PH experts judiciaires au sein des collaborateurs occasionnels du service public

Communiqué Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins du 3 Mai 2019

Actions Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins se félicitent de la publication au Journal Officiel du 2 mai 2019 du décret qui réintègre les experts psychiatres dans la catégorie des collaborateurs occasionnels du service public (COSP).

Cette publication est le résultat de la mobilisation conjointe des associations et compagnies d’experts et des syndicats de praticiens hospitaliers, en particulier Actions Praticiens Hôpital, Jeunes Médecins et le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH). La saisine par certains d’entre nous du Conseil d’État et la procédure juridictionnelle lancée par cette dernière a contribué à accélérer l’élaboration et la publication du décret. A deux reprises en décembre 2015 par le biais d’un décret puis en octobre 2018 par le truchement d’un amendement déposé en catimini au projet de loi de financement de la sécurité sociale, la Chancellerie a tenté de faire passer des dispositions réglementaires et législatives visant à nous exclure des COSP.

Nous devons donc rester vigilants car le Ministère de la Justice ne semble pas avoir renoncé à son projet d’imposer un statut libéral à l’ensemble des experts. Sous prétexte de permettre l’accès des médecins experts à un « statut libéral simplifié » du type du « microsocial », la Chancellerie voudrait de nouveau imposer un « statut unique » qui la dispenserait de verser les charges sociales.

APH et JM poursuivent avec le SPH le combat pour la défense de l’expertise médicale et psychiatrique et pour une meilleure rémunération des missions confiées aux experts notamment une revalorisation des dépositions aux Assises, la modification des critères et l’accès aux « expertises hors normes » de l’ensemble des experts indépendamment de leur statut.

Contact

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Président CPH, Président APH 
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Président AH, Vice-président APH
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Secrétaire général APH
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Trésorier APH
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Présidente d'honneur APH
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.Présidente SNPHARE
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Vice-présidente Syngof
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Président Jeunes Médecins

Suite à l’enquête " équilibres vie privée - vie professionnelle à l’hôpital public ", des mesures urgentes s’imposent pour améliorer la vie professionnelle à l'hôpital : Mme Buzin et Mme Courrèges, écoutez les praticiens !

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins ont lancé une enquête courant février, sur les équilibres vie privée vie professionnelle pour les médecins hospitaliers.
Nous vous avons tenu au courant des résultats par newsletter (http://www.avenir-hospitalier.fr/images/Resume_Enquete_APH-JM_Vie_Privee_Vie_Professionnelle.pdf) et cette enquête a été très bien relayée par la presse. Les constats sont lourds, pour les hommes et pour les femmes, et peuvent en partie expliquer le désenchantement face aux carrières hospitalières.
 
Nous avons identifié des pistes de travail pour vaincre ces difficultés. Elles doivent impérativement être travaillées avec les pouvoirs publics.
 
Nous avons dans ce sens demandé un rendez vous urgent avec la Ministre, qui n’a pas daigné nous répondre (il est sans doute plus urgent de précariser nos statuts  !!! ( https://aph-france.fr/Statut-de-praticien-hospitalier-oui-a-la-refondation-non-a-la-precarisation.html ).
Nous avons également envoyé un courrier à la Directrice de la DGOS, que nous vous mettons en pièce jointe à titre d’information. Ce courrier contient toutes les pistes de travail que nous avons fait émerger de vos réponses à cette enquête. Ce courrier n’a pas non plus reçu de réponse depuis le 19 mars ! Là aussi, on voit bien où sont les priorités!
 
Il s’agit d’un mépris caractérisé, que nous ne pouvons accepter : pour la première fois, la parole des praticiens à l’hôpital s’est ouverte sur les sensations de discriminations, sur les renoncements, sur le plafond de verre, sur les difficultés à trouver un équilibre de vie, sur les non applications de la réglementation. Cette parole, nous la porterons grâce à vous, et cette absence de réponse ne va pas pouvoir durer.
 
 
Contacts :
Dr Nicole Smolski Présidente d’honneur APH 
Dr Marie-Josée Cortes Membre CA CPH et APH 
Dr Lamia Kerdjana Jeunes Médecins 
Dr Pascale Le Pors, Membre CA AH et APH
Dr Jacques Trévidic Président APH et CPH
Dr Renaud Péquignot Président Avenir Hospitalier 
Dr Emanuel Loeb Président Jeunes Médecins
 

 

© Avenir Hospitalier - VA Solutions 2012 - Tous droits réservés