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Hommage à Max-André Doppia

 
Le 13 novembre 2017, nous avons brutalement perdu un ami, un collègue et un président d’intersyndicale qui nous était très cher. Lui qui construisait tout sur le long terme a été terrassé par un accident soudain. Lui qui avait consacré une énergie et un temps colossaux pour lutter contre la souffrance au travail, contre le fait terrible que des collègues y meurent tous les ans, a perdu la vie en pleine promotion de sa création, l’Observatoire de la Souffrance au Travail. Quelle ironie grinçante du sort que cette sortie prématurée ! Quelle terrible illustration de la nécessité de cette démarche !
 
L’OSAT est un aboutissement fondamental de l’engagement de Max-André Doppia : ce n’est pas qu’un observatoire performant pour évaluer l’intensité, la cause, et les risques des situations de souffrance au travail, c’est également un outil réactif permettant d’aider efficacement des collègues qui ont un besoin vital de ce que le syndicalisme produit de meilleur pour la défense énergique et permanente des collègues Praticiens Hospitaliers.
 
Praticien Hospitalier : Max-André avait embrassé ce statut peu après sa création en 1984. C’était la fin des contrats d’exception érigés en règle, et la consécration pour ceux qui voulaient dédier leur énergie et leurs compétences au service du public.
 
Parisien d’origine, Normand d’adoption, et heureux de l’être, Max-André avait retrouvé la capitale du fait de son action syndicale, commencée tôt dans sa carrière, tant la défense de ses collègues et de ce magnifique statut de PH lui tenait à cœur. 
 
Mais son amour de la justice avait même dépassé les frontières de notre pays lors de la guerre en ex-Yougoslavie : avec moins d’ostentation que certains dont l’action n’aurait pu s’envisager sans caméra, Max-André avait obtenu des résultats tangibles grâce à des actions de sensibilisation sur la misère des hôpitaux et des malades de Bosnie. Ces actions volontaristes – incluant l’achat d’un panneau publicitaire ! - avaient permis de récolter du matériel qui était réellement parvenu aux professionnels de santé. On aurait pu voir dans cette action un coup politique, ou de manière plus neutre une autre facette de Max-André, mais ce n’est pas ainsi qu’il la décrivait : il y avait quelque chose d’humaniste au sens large dans cet engagement, et le primum movens était fait de la même solidarité entre soignants, entre médecins hospitaliers au service des malades, que celle qui l’avait amené au syndicalisme.
 
La liste est longue des ses engagements institutionnels et sociétaires, au service de l’Anesthésie-Réanimation, des Praticiens Hospitaliers en général, ou de l’Hôpital dans son ensemble. 
L’aventure que nous avons vécue ensemble, c’est celle d’Avenir Hospitalier : une aventure syndicale mais aussi – et grâce à ça – une transmission philosophique sur ce que nous pouvons faire tant que nous sommes ici-bas. Max-André se consacrait à un grand nombre de sujets, au sein desquels apparaissait souvent quelque chose « d’important » qui méritait un coup de collier, une veille ou un bout de weekend pour faire le travail. C’est d’ailleurs le mot qu’il avait employé au téléphone quand je lui faisais remarquer avec un brin d’inquiétude que sa tournée pour la promotion de l’OSAT lui imposait des déplacements à un rythme rapide, enchaînés avec son activité clinique : « Oui Renaud, mais ça c’est important »… Un penseur célèbre fondateur de notre ère a dit il y a 2000 ans qu’il n’y a rien de plus grand que de donner sa vie pour son prochain, je suis confiant dans le fait que Max-André a été exemplaire sur ce chemin.
 
Sa remarquable faculté à accepter chacun avec sa part d’humanité faisait qu’il était difficilement imaginable d’être son ennemi, malgré les luttes qui font la vie syndicale. Même les adversaires habituels au sein des réunions ministérielles ont dû ressentir une affliction non-feinte à l’annonce de son décès : on ne pouvait avoir autre chose que du respect face à Max-André qui ne nourrissait aucun ressentiment vis-à-vis de personne. Ce n’était pas de l’oubli, c’était de la tolérance. Son ouverture d’esprit et l’écoute attentive de ses interlocuteurs lui permettaient d’intégrer leurs idées, même hostiles, pour promouvoir les siennes. Le bien-fondé de cette façon de réfléchir m’est apparu assez clairement pour que j’en fasse un parti-pris lors de mes discussions animées.
Max-André et moi échangions naturellement de nombreux mails, qu’on commençait souvent par « mon PV/ mon SGP » : Président vénéré/Secrétaire Général préféré : au-delà de la résonance volontairement ronflante, l’asymétrie d’adjectif, traduisait une relation quasi filiale. D’emblée, Max-André avait pris la présidence d’AH dans l’idée très claire d’en transmettre les rennes deux ans plus tard. Il était l’un des rares qui – vu sa taille ! – pouvait m’appeler « mon petit Renaud ». Ce ton paternaliste n’était pas là pour rappeler qui présidait mais plutôt « bientôt ça sera à toi d’y aller ».
 
Il pensait qu’il vaut mieux « obtenir ce qu’on veut qu’avoir raison ». Son but n’était pas de faire valoir son expertise ou son ouvrage, mais bien que ce qu’il construisait se réalise. Ses capacités et son expertise étaient au service de ses objectifs et non à celui de sa promotion personnelle. 
 
Comment rendre hommage à Max-André sans parler de bons plats ? Il était gourmet et gourmand, appréciant joyeusement la bonne nourriture, pas forcément la plus diététique… Une réunion de travail était toujours plus productive avec ou avant/après un repas de qualité, qu’il préférait prendre assis en bonne compagnie plutôt que debout dans la foule d’un cocktail. Autant de moments auxquels je repenserai avec émotion !
Max-André Doppia nous laisse une belle œuvre au service des collègues, des patients et de l’Humanité, souffrante ou pas. Chacun trace sa route, mais la sienne éclairera et inspirera la mienne, à cette présidence d’Avenir Hospitalier à laquelle il m’imaginait bien, élu après son départ à la retraite si méritée. Mais je sais qu’elle aurait été au service de ce qui était important !
 
Renaud Péquignot, Président d’Avenir Hospitalier
 
 
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
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Les annonces de recrutement 
Février 2020

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SÉGUR DE LA SANTÉ : LES 5 AXES DE NÉGOCIATIONS AVANCÉS

LETTRE D'INFORMATION APH-JM-INPH

du 19 juin 2020

Le Ségur de la Santé a démarré le 25 mai 2020 et s’articule autour de 4 « piliers » :

Pilier 1 : Carrières et rémunérations

Pilier 2 : Financements et investissements

Pilier 3 : Simplification du quotidien (gouvernance)

Pilier 4 : Territoires

Sur ces 4 piliers, les intersyndicales de praticiens hospitaliers ainsi que plusieurs syndicats constitutifs ont fourni des contributions.

Les concertations autour des piliers 2, 3 et 4 sont rendues difficiles par le nombre d’intervenants (hôpital, libéraux, usagers, institutionnels) et donnent l’impression d’une grande improvisation. Toutefois, nos organisations essaient de faire passer quelques idées.

Le pilier 1 est de loin le plus important. Un espace de négociation entre le Ministère et les organisations syndicales représentatives a été ouvert.

Ce mardi 16 juin nous ont été exposés les axes de la négociation, et nous avons pu faire des contre-propositions. Mardi 23 juin, un chiffrage va nous être annoncé pour chacune des propositions, et mardi 30 juin nous devrions avoir une proposition de protocole d’accord en présence du ministre Olivier Véran, pour une signature des « Accords de la Santé » dans la première quinzaine de juillet 2020. Il est prévu des mesures immédiates et le lancement de groupes de travail pour des mesures plus complexes.

Voici les 5 axes de négociations avancés :

  • La revalorisation salariale des personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologiques est à l’ordre du jour. Alors que la suppression des 3 premiers échelons de PH est déjà engagée de longue date et va être prochainement publiée, le salaire de tous les praticiens – milieu et fin de carrière, mais aussi internes et contractuels – devrait être revalorisé dans le cadre du Ségur, ainsi bien sûr que pour les personnels non médicaux.
  • Dans ce chapitre, la clarification sur le décompte du temps de travail a été de nouveau réclamée. C’est en particulier la nécessité d’une définition claire de la durée des obligations de service des PH en une unité de compte définie, a priori l’heure de travail.
  • Une juste valorisation du temps de travail de nuit dont la pénibilité doit être reconnue a été à nouveau réclamée. La reconnaissance du principe d’une nuit = 3 demi-journées ou 24 heures = 5 demi-journées est soutenue par toutes les intersyndicales et de la FHF.
  • Un relèvement important de l’indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE) est demandée. Nous demandons de même, qu’elle redevienne identique pour tous les praticiens quelle que soit leur ancienneté.
  • La création d’échelons supplémentaires (3 sans doute) qui permettrait aux PH d’obtenir de l’avancement durant toute leur carrière est demandée.
  • Une revalorisation du temps de travail additionnel (TTA) et les indemnités liées à la permanence des soins est proposée à la négociation.
  • Nous demandons également que la retraite et protection sociale des HU soient revalorisées à la hauteur de celle des PH.
  • Des propositions chiffrées seront présentées par les pouvoirs publics le 23 juin.
  • Développement et valorisation des compétences
    • Seraient ouvert à la négociation la création de valences rémunérées pour l’enseignement et la recherche, le management.
    • Possibilité élargie aux PH d’avoir des missions universitaires et aux HU de travailler en CH.
    • Le financement de la formation continue sera intégré dans la négociation avec des mesures qui facilitent l’accès à la formation continue et à des passerelles pour les deuxièmes parties de carrière.
  • Diversification des modes d’exercice
    • ​Réaffirmation d’un véhicule commun statutaire quand bien même il y a une attente exprimée pour des exercices « mixtes » avec un statut unique de PH temps plein ou temps partiel, avec possibilité d’exercice mixte public ou privé, tout au long de la carrière.
    • La proposition du développement de profession médicale intermédiaire est une modalité d’évolution des métiers qui a été retoquée par l’ensemble des participants. En revanche, l’émergence d’une science paramédicale autonome et sa reconnaissance est une nécessité reconnue.
  • Qualité de vie au travail
    • L’idée est de se recentrer sur la notion de service (et non d’unité fonctionnelle ou de pôle) et ses moyens de fonctionnements collectifs (temps de réunion inclus dans les obligations de service).
    • Principe d’une protection sociale complémentaire financée par l’établissement, garantissant une compensation des revenus (salaires, permanence des soins, primes).
    • Le principe d’une reconnaissance de la pénibilité (en particulier de la permanence des soins) fait consensus.
  • Santé au travail
    • Visite médicale annuelle obligatoire pour tous les PH.
    • Principe d’une protection sociale complémentaire financée par l’établissement, garantissant une compensation des revenus (salaires, permanence des soins, primes).

Mercredi dernier, la Commission des statuts du conseil supérieur des personnels médicaux, odontologistes et pharmaceutiques des établissements publics de santé (CSPM) a examiné un décret qui supprime les 3 premiers échelons de la carrière de PH ce qui permettra à un jeune PH de rentrer directement au 4e échelon (devenu le 1er) et de bénéficier ainsi d'un gain en matière d'ancienneté. Un autre projet de décret vise à octroyer aux praticiens hospitaliers dès la période probatoire l'indemnité d'engagement de service public exclusif, et l'indemnité d'activité sectorielle et de liaison pour ceux nommés dans la spécialité psychiatrie.

Ces propositions sont encourageantes pour l’avenir des praticiens hospitaliers et de l’hôpital public. Nous devons toutefois faire preuve d’un optimisme prudent. Si ces annonces n’étaient finalement pas honorées, nous vous appellerons bien sûr à vous mobiliser.

Nous continuerons à donner toute l’énergie nécessaire durant le marathon du Ségur pour défendre vos intérêts. Merci de votre confiance.

Dr Jacques Trévidic, Président APH, Président CPH

Dr Jean-François Cibien, Vice-président APH, Président AH

Dr Rachel Bocher, Présidente INPH

Dr Emanuel Loeb, Président JM

 
 

Communiqué unitaire des organisations syndicales et des collectifs hospitaliers publics : crise du Covid-19.

 

Lire le communiqué  

L’OSAT s’adapte à la crise sanitaire

L’Observatoire de la souffrance au Travail d’APH est un outil d’appréciation et d’écoute de la souffrance au travail des médecins et pharmaciens hospitaliers en France. Parce que le contexte actuel est particulièrement difficile, que cette crise se surajoute à un hôpital public déjà dégradé et à des soignants à bout de souffle, l’OSAT  a souhaité se pencher  sur les difficultés soulevées par cette crise et comment elles sont vécues par les soignants : manque de moyens mettant en jeu la sécurité individuelle, obligation de prises de décisions non éthiques, surcharge de travail, non-respect des rythmes physiologiques, manque d’effectifs, épuisement émotionnel, syndrome de stress post traumatique… L’OSAT propose à travers une déclaration en ligne sur le site https://osat.aph-france.fr  une expression des difficultés rencontrées pendant cette crise sanitaire. Les praticiens qui le souhaitent pourront bénéficier d’une assistance téléphonique pour une écoute et une aide psychologique ou syndicale par l’un des observateurs de l’OSAT, médecins ou pharmaciens.

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