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Réforme du 3ème cycle

 

Le pour et le contre

 
En novembre 2016, est paru le décret réformant le 3ème cycle des études médicales. Certaines spécialités semblent satisfaites, d’autres non. Nous avons interrogé le Président de SAMU et Urgences de France (Frrançois Braun) et Michel Salom, Président du Syndicat National de Gérontologie Clinique.
 
AH : Pourriez-vous nous expliquer en quoi cette réforme est délétère pour la spécialité de gériatrie ?
 
Michel Salom : Avant la réforme du troisième cycle il y avait un diplôme d’études spéciales complémentaires de type 2 et un diplôme de capacité. Le premier était celui qui était visé par les universitaires, par l’élite de la profession soit assez peu de personnes. La plupart des futurs gériatres visaient la capacité de gériatrie qui pouvait être obtenue en deux ans. Demain avec ce DES la capacité n’existera plus. Etant donné que la gériatrie n’est pas une spécialité qui est choisie en début de carrière (plutôt en deuxième partie de carrière) cela pose de sérieux problèmes. 
Le dimensionnement du nombre de places pour la gériatrie est de 250 par an, ce qui ne permet même pas d’alimenter les services de l’hôpital. 
La spécialité semble vouée à disparaître, cette réforme tarie le réservoir naturel des futurs gériatres formé par la capacité de gériatrie.  
 
AH : Quelles actions prévoyez-vous de mettre en place ?
 
MS : J’ai essayé de lancer une réunion regroupant l’ensemble des parties prenantes à la validation des acquis de l’expérience professionnelle au conseil national de l’ordre ; le conseil était tout à fait d’accord pour réunir tout le monde sauf que les professeurs de la gériatrie ont refusé de venir. Ils considèrent que ce n’est pas leur problème, ou alors si ça l’est c’est en catimini entre eux. Malgré tout, le syndicat va faire du lobbying partout, auprès du Conseil de l’Ordre, dans les ministères, auprès des sociétés savantes des autres spécialités, nous allons écrire des articles contre les gens qui bloquent le système. On va se battre ! 
Habituellement les syndicats et les professionnels sont plutôt d’accord mais là il faut déjà qu’on arrive à faire bouger les représentants savants de la spécialité, ce qui n’est pas banal. La réforme du 3ème cycle ne changera pas, nous voulons simplement discuter de diplômes de bases créés pour l’usage des personnes qui ne choisiront pas cette spécialité en première partie de carrière. La gériatrie devient une spécialité majeure notamment en raison du vieillissement de la population, la plupart des gens en sont conscients sauf peut-être les professionnels de la spécialité. 
 
AH : Quels sont les atouts de la réforme du 3ème cycle ?
 
François Braun : Cette réforme présente de nombreux atouts. Tout d’abord, la création du DES médecine d’urgence qui devient un DES comme les autres soit une spécialité qui pourra être choisie dès les résultats en fin de  formation. C’est quelque chose que nous  souhaitions depuis près de 20 ans afin de pouvoir, entre autres,  s’aligner sur nos voisins  européens et internationaux. Aux Etats-Unis  par exemple, la médecine d’urgence est reconnue comme une spécialité depuis les années 70. Cela s’inscrit dans le cadre global de suppression des DESC, 12 ou 13 nouvelles spécialités on été ajoutées et nous finirons par avoir des cursus qui ressemblent à ce se qui se fait au niveau international. 
Le dernier point qui me semble essentiel : la construction du 3ème cycle avec ses trois phases : phase socle, phase d’apprentissage et la phase de mise en responsabilité qui sont maintenant bien définies et qui permettront la progression des connaissances, des compétences et des responsabilités.  
 
AH : Existe t-il des points négatifs et si oui quels sont-ils ?
 
FB : Il y a la présentation de la réforme en elle même qui est très séduisante et puis vient la mise en application. 
Certaines choses devront évidemment être précisées mais globalement ce qui va être mis en place sera très intéressant. Notamment, le suivi et l’accompagnement des futurs spécialistes grâce à un portfolio électronique qui suivra les étudiants tout au long de leur formation. Nous allons avoir accès à des outils intéressants. La réforme permettra de faire évoluer les choses et de se doter d’outils modernes. 
 
Propos recueillis par Saveria Sargentini

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Les dernières actus

Réintégration des PH experts judiciaires au sein des collaborateurs occasionnels du service public

Communiqué Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins du 3 Mai 2019

Actions Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins se félicitent de la publication au Journal Officiel du 2 mai 2019 du décret qui réintègre les experts psychiatres dans la catégorie des collaborateurs occasionnels du service public (COSP).

Cette publication est le résultat de la mobilisation conjointe des associations et compagnies d’experts et des syndicats de praticiens hospitaliers, en particulier Actions Praticiens Hôpital, Jeunes Médecins et le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH). La saisine par certains d’entre nous du Conseil d’État et la procédure juridictionnelle lancée par cette dernière a contribué à accélérer l’élaboration et la publication du décret. A deux reprises en décembre 2015 par le biais d’un décret puis en octobre 2018 par le truchement d’un amendement déposé en catimini au projet de loi de financement de la sécurité sociale, la Chancellerie a tenté de faire passer des dispositions réglementaires et législatives visant à nous exclure des COSP.

Nous devons donc rester vigilants car le Ministère de la Justice ne semble pas avoir renoncé à son projet d’imposer un statut libéral à l’ensemble des experts. Sous prétexte de permettre l’accès des médecins experts à un « statut libéral simplifié » du type du « microsocial », la Chancellerie voudrait de nouveau imposer un « statut unique » qui la dispenserait de verser les charges sociales.

APH et JM poursuivent avec le SPH le combat pour la défense de l’expertise médicale et psychiatrique et pour une meilleure rémunération des missions confiées aux experts notamment une revalorisation des dépositions aux Assises, la modification des critères et l’accès aux « expertises hors normes » de l’ensemble des experts indépendamment de leur statut.

Contact

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Suite à l’enquête " équilibres vie privée - vie professionnelle à l’hôpital public ", des mesures urgentes s’imposent pour améliorer la vie professionnelle à l'hôpital : Mme Buzin et Mme Courrèges, écoutez les praticiens !

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins ont lancé une enquête courant février, sur les équilibres vie privée vie professionnelle pour les médecins hospitaliers.
Nous vous avons tenu au courant des résultats par newsletter (http://www.avenir-hospitalier.fr/images/Resume_Enquete_APH-JM_Vie_Privee_Vie_Professionnelle.pdf) et cette enquête a été très bien relayée par la presse. Les constats sont lourds, pour les hommes et pour les femmes, et peuvent en partie expliquer le désenchantement face aux carrières hospitalières.
 
Nous avons identifié des pistes de travail pour vaincre ces difficultés. Elles doivent impérativement être travaillées avec les pouvoirs publics.
 
Nous avons dans ce sens demandé un rendez vous urgent avec la Ministre, qui n’a pas daigné nous répondre (il est sans doute plus urgent de précariser nos statuts  !!! ( https://aph-france.fr/Statut-de-praticien-hospitalier-oui-a-la-refondation-non-a-la-precarisation.html ).
Nous avons également envoyé un courrier à la Directrice de la DGOS, que nous vous mettons en pièce jointe à titre d’information. Ce courrier contient toutes les pistes de travail que nous avons fait émerger de vos réponses à cette enquête. Ce courrier n’a pas non plus reçu de réponse depuis le 19 mars ! Là aussi, on voit bien où sont les priorités!
 
Il s’agit d’un mépris caractérisé, que nous ne pouvons accepter : pour la première fois, la parole des praticiens à l’hôpital s’est ouverte sur les sensations de discriminations, sur les renoncements, sur le plafond de verre, sur les difficultés à trouver un équilibre de vie, sur les non applications de la réglementation. Cette parole, nous la porterons grâce à vous, et cette absence de réponse ne va pas pouvoir durer.
 
 
Contacts :
Dr Nicole Smolski Présidente d’honneur APH 
Dr Marie-Josée Cortes Membre CA CPH et APH 
Dr Lamia Kerdjana Jeunes Médecins 
Dr Pascale Le Pors, Membre CA AH et APH
Dr Jacques Trévidic Président APH et CPH
Dr Renaud Péquignot Président Avenir Hospitalier 
Dr Emanuel Loeb Président Jeunes Médecins
 

 

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