A la Une

Numerus Clausus : histoire d'une réforme dévoyée puis contre-productive

 
Le Numerus Clausus (NC) fut créé en 1971 (à plus de 8000 par an jusqu'en 1978), puis utilisé comme un objectif à abattre par les ministres qui se sont succédés jusque dans les années 90. Après un nadir à 3500, il a ré-augmenté pour atteindre environ 8000 par an. Ou comment le principe de réalité est si loin des préoccupations de ceux qui nous gouvernent...
 

L'histoire et ses raisons

Jusqu'en 1971, le nombre de médecins formés était basé sur le volontariat doublé d'un contrôle des connaissances par examen. Ce système est encore en vigueur dans la plupart des pays développés, dont l'Allemagne, qui consacre la même part de son PIB que la France à son système de santé. Le numerus clausus a été instauré à la demande des médecins qui voulaient limiter la concurrence, mais le chiffre initial de 8000 par an qui était suffisant à cette époque, a été diminué par les gouvernements successifs de tous bords, avec une vision bien libérale de l'offre de soins : si vous supprimez les vendeurs de voitures, vous n'aurez plus de dépenses automobiles, de même si vous supprimez les médecins, il n'y aura plus de malades consommateurs. C'est énarquement imparable... On arrive ainsi à 3500 étudiants en PCEM2 de 1993 à 1998, auxquels il faut retrancher en moyenne 10 % qui ne finissent jamais leurs études (décès, abandons, échecs).
Cette période a vu également se succéder des attaques répétées contre le pouvoir médical dans les hôpitaux, confié aux administratifs avec le succès que l'on sait, aussi bien en termes de santé publique (n°1 des systèmes de santé du monde en 2000, 11° aujourd'hui), que financier (dernier exercice excédentaire de la Sécu : 2001).
En 1998, le ministre de la santé demande un audit sur le nombre nécessaire de médecins, faisant apparaître en creux l'incurie invraisemblable des trente années précédentes en termes de pilotage. La réponse est qu'en dessous de 8000, le pays court à la crise. Le NC est alors très progressivement remonté jusqu'à ce chiffre, limité officiellement par les conditions d'accueil des étudiants...
 

Aujourd'hui

Désormais, la crise est patente : pendant ces années de creux démographique, les importations de médecins étrangers ont pris un rythme inédit, conduisant à la fois à une spoliation des ressources de pays en voie de développement qui en auraient eu besoin bien plus que nous, alors que ces médecins n'arrivent pas au même niveau de formation initiale que ceux qui sortent de nos facultés, et à la frustration de milliers d'étudiants français qui obtiennent pourtant un excellent niveau, mais n’atteignent pas la « barre » fatidique.
 

La démographie reste dramatiquement déficitaire face à l'accroissement et au vieillissement de la population française :

le nombre de malades chroniques explose et exige une prise en charge permettant de répondre aux promesses d'une transition démographique heureuse.
Et lorsqu'on a diminué le nombre de médecins en USLD (pour diminuer la « DMS », c'est-à-dire... l'espérance de vie!), qu'on arrive à 30 % de postes vacants chez les Praticiens hospitaliers, que le secteur libéral n'assure plus les urgences la nuit, et que les urgentistes hospitaliers sont en nombre gravement insuffisant, que faut-il faire ?
Le gouvernement a fait voter l'interdiction de conventionnement dans des lieux considérés comme riches en médecins (en fait les moins pauvres : on ne voit pas encore de médecin désœuvré...), ce qui revient à une interdiction d'installation en dehors du remplacement d'un collègue partant à la retraite.
Forcer les médecins à s'installer dans les déserts médicaux où il n'y a plus ni école, ni transports en commun, ni Poste, ni service public, ni d'ailleurs aucun magasin ? Et là où ils seront « prélevés » comment fera-t-on ? Il y a désormais des déserts même en proche banlieue parisienne !
 
Le bon sens voudrait surtout qu'on remonte le numerus Clausus, non ?
Quand aurons-nous à nouveau des gouvernants capables de prévoir à long terme ? 
 
 
Renaud Péquignot, Secrétaire Général d'AH
 
 
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

----------------------------------------------------------------

Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

Retrouvez toute l'information dans le communiqué de presse (cliquez ici)

www.cfar.org/didoc/ 

 

----------------------------------------------------------------

 
 

  

       

Pour lire le sommaire et les articles cliquez ici

Pour télécharger la revue, cliquez ici

----------------------------------------------------------------

     Les annonces de recrutement 
Juin 2019

      retrouver ces annonces sur le site reseauprosante.fr

 

Les dernières actus

Elections professionnelles : du 25 juin au 2 juillet VOTEZ APH+JM

Pourquoi voter Action Praticiens Hopital + Jeunes Médecins ? AH + CPH + JM = APH&JM

Nos propositions : la plateforme d’APH & JM

Nous vous envoyons régulièrement des lettres d'information. Si vous ne les recevez pas, adressez un mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. en nous donnant l'adresse mail à laquelle vous désirez recevoir ces informations.

Réintégration des PH experts judiciaires au sein des collaborateurs occasionnels du service public

Communiqué Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins du 3 Mai 2019

Actions Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins se félicitent de la publication au Journal Officiel du 2 mai 2019 du décret qui réintègre les experts psychiatres dans la catégorie des collaborateurs occasionnels du service public (COSP).

Cette publication est le résultat de la mobilisation conjointe des associations et compagnies d’experts et des syndicats de praticiens hospitaliers, en particulier Actions Praticiens Hôpital, Jeunes Médecins et le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH). La saisine par certains d’entre nous du Conseil d’État et la procédure juridictionnelle lancée par cette dernière a contribué à accélérer l’élaboration et la publication du décret. A deux reprises en décembre 2015 par le biais d’un décret puis en octobre 2018 par le truchement d’un amendement déposé en catimini au projet de loi de financement de la sécurité sociale, la Chancellerie a tenté de faire passer des dispositions réglementaires et législatives visant à nous exclure des COSP.

Nous devons donc rester vigilants car le Ministère de la Justice ne semble pas avoir renoncé à son projet d’imposer un statut libéral à l’ensemble des experts. Sous prétexte de permettre l’accès des médecins experts à un « statut libéral simplifié » du type du « microsocial », la Chancellerie voudrait de nouveau imposer un « statut unique » qui la dispenserait de verser les charges sociales.

APH et JM poursuivent avec le SPH le combat pour la défense de l’expertise médicale et psychiatrique et pour une meilleure rémunération des missions confiées aux experts notamment une revalorisation des dépositions aux Assises, la modification des critères et l’accès aux « expertises hors normes » de l’ensemble des experts indépendamment de leur statut.

Contact

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Président CPH, Président APH 
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Président AH, Vice-président APH
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Secrétaire général APH
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Trésorier APH
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Présidente d'honneur APH
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.Présidente SNPHARE
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Vice-présidente Syngof
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Président Jeunes Médecins

Suite à l’enquête " équilibres vie privée - vie professionnelle à l’hôpital public ", des mesures urgentes s’imposent pour améliorer la vie professionnelle à l'hôpital : Mme Buzin et Mme Courrèges, écoutez les praticiens !

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins ont lancé une enquête courant février, sur les équilibres vie privée vie professionnelle pour les médecins hospitaliers.
Nous vous avons tenu au courant des résultats par newsletter (http://www.avenir-hospitalier.fr/images/Resume_Enquete_APH-JM_Vie_Privee_Vie_Professionnelle.pdf) et cette enquête a été très bien relayée par la presse. Les constats sont lourds, pour les hommes et pour les femmes, et peuvent en partie expliquer le désenchantement face aux carrières hospitalières.
 
Nous avons identifié des pistes de travail pour vaincre ces difficultés. Elles doivent impérativement être travaillées avec les pouvoirs publics.
 
Nous avons dans ce sens demandé un rendez vous urgent avec la Ministre, qui n’a pas daigné nous répondre (il est sans doute plus urgent de précariser nos statuts  !!! ( https://aph-france.fr/Statut-de-praticien-hospitalier-oui-a-la-refondation-non-a-la-precarisation.html ).
Nous avons également envoyé un courrier à la Directrice de la DGOS, que nous vous mettons en pièce jointe à titre d’information. Ce courrier contient toutes les pistes de travail que nous avons fait émerger de vos réponses à cette enquête. Ce courrier n’a pas non plus reçu de réponse depuis le 19 mars ! Là aussi, on voit bien où sont les priorités!
 
Il s’agit d’un mépris caractérisé, que nous ne pouvons accepter : pour la première fois, la parole des praticiens à l’hôpital s’est ouverte sur les sensations de discriminations, sur les renoncements, sur le plafond de verre, sur les difficultés à trouver un équilibre de vie, sur les non applications de la réglementation. Cette parole, nous la porterons grâce à vous, et cette absence de réponse ne va pas pouvoir durer.
 
 
Contacts :
Dr Nicole Smolski Présidente d’honneur APH 
Dr Marie-Josée Cortes Membre CA CPH et APH 
Dr Lamia Kerdjana Jeunes Médecins 
Dr Pascale Le Pors, Membre CA AH et APH
Dr Jacques Trévidic Président APH et CPH
Dr Renaud Péquignot Président Avenir Hospitalier 
Dr Emanuel Loeb Président Jeunes Médecins
 

 

© Avenir Hospitalier - VA Solutions 2012 - Tous droits réservés