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DES de gériatrie : chronique d’une catastrophe annoncée

 
 
En 2017, le DESC de gériatrie deviendra un DES, comme pour la médecine d’urgence. Quelles sont les conséquences prévisibles de cette transformation ?
 
Jusqu’à maintenant, il existait deux voies pour devenir gériatre. La première voie est celle du DESC de type 2 (le DESC créé en 1988 est devenu qualifiant en 2004, lorsque la gériatrie a été reconnue officiellement comme spécialité), qui était initialement surtout validée par des DES de médecine interne avec souvent une perspective universitaire. Secondairement, la médecine générale étant devenue une spécialité, ce sont les DES de médecine générale qui ont fourni 90% des effectifs du DESC de gériatrie, au grand désespoir des enseignants de médecine générale qui se sont sentis bien souvent dépossédés de leurs étudiants. La deuxième voie est celle de la capacité de gérontologie créée elle aussi en 1988. Ce système a d’abord permis à des médecins généralistes déjà installés et plus rarement à des spécialistes de se reconvertir à la gériatrie. Depuis quelques années, ce sont aussi les médecins à diplôme étranger qui choisissent cette voie pour valider leur procédure d’autorisation d’exercice (PAE). La capacité a fourni de très nombreux médecins coordonnateurs d’EHPAD, de médecins de SLD et aussi de SSR gériatriques. Dans une étude publiée en 2010 [1], 88,5% des gériatres hospitaliers étaient détenteurs de la capacité de gérontologie et seulement 8% du DESC. En sachant que l’exercice de la gériatrie est exclusivement hospitalier pour 7 gériatres sur 10… La capacité a formé plus de 4000 gériatres ces 15 dernières années. En France, en 2010, 2784 médecins généralistes avaient la compétence en gériatrie grâce à ce diplôme capacitaire. Il est bien sûr évident que le fait que la capacité donne une compétence a beaucoup plus de valeur qu’un Diplôme Universitaire (DU), et qu’un simple DU de médecin coordonnateur ne pourra pas la remplacer. Par ailleurs, cette formation longue (2 ans) et complète, avec des stages dans les différentes structures de gériatrie, était très importante pour les médecins étrangers préparant la PAE de gériatrie. Que va-t-il leur rester ?
Concernant le DESC, il n’y avait pas de limites pour le nombre d’étudiants potentiellement formés. Que va-t-il en être pour le DES ?
Comme on l’a vu, 9 gériatres sur 10 actuellement à l’hôpital sont détenteurs de la capacité. Si on regarde les chiffres de 2012 [2],  il y avait 678 étudiants en 2ème année de capacité (dont 45% en Ile-de-France) dont 550 qui ont validé leur diplôme, contre 50 étudiants en DESC de gériatrie dont 14 en Ile-de-France... Il n’y a pas photo !
 

Combien va-t-il y avoir de postes de DES de gériatrie ouverts en 2017 ?

Personne ne le sait. Entre 150 et 250 ? Sur l’Ile-de-France, il est évoqué 70 postes à ouvrir progressivement… L’objectif à terme serait de 300 à 400 médecins par an formés à la gériatrie. Il faudra aussi prévoir un nombre de postes de chefs de clinique suffisant (40 à 50 postes actuellement). Sur quoi sont basés ces calculs ? Uniquement sur le nombre de postes de praticiens hospitaliers (PH) mis au concours chaque année ! Comme si les seuls besoins de gériatres ne concernaient que les PH ! Rien que pour les médecins coordonnateurs d’EHPAD (mais apparemment ils n’ont pas besoin d’être gériatres), les besoins estimés sont de 6000 médecins pour environ 10000 établissements dans les secteurs publics, privés et associatifs [1]. Sans évoquer non plus le problème des départs à la retraite. Si on ne considère que l’Ile-de-France, une enquête récente des responsables du DESC a montré qu’il y avait au moins 128 postes d’internes en unité de gériatrie aiguë (UGA) (soit 256 par an) et 59 en SSR (soit 118 par an). Or, il n’est prévu d’ouvrir la première année que 30 postes de DES…
 

Comment va fonctionner ce DES ?

Il faudra choisir d’emblée la spécialité de gériatrie à l’issu de l’ECN, alors qu’avec le DESC, bien souvent, c’était un choix plus tardif en fonction des stages dans lesquels étaient passés les étudiants. Ensuite, le nombre de places sera fixe et comme on l’a vu, limité. Majoritairement ces places seront dans les courts séjours (UGA) et bien sûr les services universitaires. Quid pour les autres ? En particulier pour les SSR gériatriques ? Pour le SLD, cela fait longtemps que ces services, jugés peu formateurs (mais est-ce que les universitaires y ont déjà mis un pied ?) n’ont plus d’internes. Par ailleurs, comment va réagir la médecine générale à qui on va enlever des postes pour les donner à la gériatrie et à la médecine d’urgence ? De nombreux services de SSR gériatriques n’auront pas l’agrément pour le DES de gériatrie (ou parfois pour un seul poste). Comment vont-ils pouvoir recruter des étudiants ? Très rapidement, comme en SLD, il n’y aura plus d’internes dans ces services. Comme si la gériatrie ne concernait finalement que le court séjour.
Alors que le nombre de personnes âgées ne cesse d’augmenter, que les besoins de gériatres vont eux aussi augmenter, aussi bien en ville, qu’à l’hôpital ou en clinique, et en EHPAD, la création de ce DES risque paradoxalement d’entraîner une pénurie de médecins spécialisés en gériatrie ! Nos universitaires y-ont-ils bien réfléchi ?
 
Christophe Trivalle, Hôpital Paul Brousse
 
Références
1-Livre blanc de la Gériatrie Française. Gériatries 2011. http://www.cnpgeriatrie.fr/wp-content/uploads/2013/01/Livre-blanc-de-la-g%C3%A9riatrie-modifi%C3%A9.pdf
2-Chassagne P. DESC de Gériatrie, Capacité de Gérontologie, DES de Gériatrie, Perspectives. La Gazette du jeune gériatre, mai 2013 ; 6 : 9-11.

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Réintégration des PH experts judiciaires au sein des collaborateurs occasionnels du service public

Communiqué Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins du 3 Mai 2019

Actions Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins se félicitent de la publication au Journal Officiel du 2 mai 2019 du décret qui réintègre les experts psychiatres dans la catégorie des collaborateurs occasionnels du service public (COSP).

Cette publication est le résultat de la mobilisation conjointe des associations et compagnies d’experts et des syndicats de praticiens hospitaliers, en particulier Actions Praticiens Hôpital, Jeunes Médecins et le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH). La saisine par certains d’entre nous du Conseil d’État et la procédure juridictionnelle lancée par cette dernière a contribué à accélérer l’élaboration et la publication du décret. A deux reprises en décembre 2015 par le biais d’un décret puis en octobre 2018 par le truchement d’un amendement déposé en catimini au projet de loi de financement de la sécurité sociale, la Chancellerie a tenté de faire passer des dispositions réglementaires et législatives visant à nous exclure des COSP.

Nous devons donc rester vigilants car le Ministère de la Justice ne semble pas avoir renoncé à son projet d’imposer un statut libéral à l’ensemble des experts. Sous prétexte de permettre l’accès des médecins experts à un « statut libéral simplifié » du type du « microsocial », la Chancellerie voudrait de nouveau imposer un « statut unique » qui la dispenserait de verser les charges sociales.

APH et JM poursuivent avec le SPH le combat pour la défense de l’expertise médicale et psychiatrique et pour une meilleure rémunération des missions confiées aux experts notamment une revalorisation des dépositions aux Assises, la modification des critères et l’accès aux « expertises hors normes » de l’ensemble des experts indépendamment de leur statut.

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Suite à l’enquête " équilibres vie privée - vie professionnelle à l’hôpital public ", des mesures urgentes s’imposent pour améliorer la vie professionnelle à l'hôpital : Mme Buzin et Mme Courrèges, écoutez les praticiens !

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins ont lancé une enquête courant février, sur les équilibres vie privée vie professionnelle pour les médecins hospitaliers.
Nous vous avons tenu au courant des résultats par newsletter (http://www.avenir-hospitalier.fr/images/Resume_Enquete_APH-JM_Vie_Privee_Vie_Professionnelle.pdf) et cette enquête a été très bien relayée par la presse. Les constats sont lourds, pour les hommes et pour les femmes, et peuvent en partie expliquer le désenchantement face aux carrières hospitalières.
 
Nous avons identifié des pistes de travail pour vaincre ces difficultés. Elles doivent impérativement être travaillées avec les pouvoirs publics.
 
Nous avons dans ce sens demandé un rendez vous urgent avec la Ministre, qui n’a pas daigné nous répondre (il est sans doute plus urgent de précariser nos statuts  !!! ( https://aph-france.fr/Statut-de-praticien-hospitalier-oui-a-la-refondation-non-a-la-precarisation.html ).
Nous avons également envoyé un courrier à la Directrice de la DGOS, que nous vous mettons en pièce jointe à titre d’information. Ce courrier contient toutes les pistes de travail que nous avons fait émerger de vos réponses à cette enquête. Ce courrier n’a pas non plus reçu de réponse depuis le 19 mars ! Là aussi, on voit bien où sont les priorités!
 
Il s’agit d’un mépris caractérisé, que nous ne pouvons accepter : pour la première fois, la parole des praticiens à l’hôpital s’est ouverte sur les sensations de discriminations, sur les renoncements, sur le plafond de verre, sur les difficultés à trouver un équilibre de vie, sur les non applications de la réglementation. Cette parole, nous la porterons grâce à vous, et cette absence de réponse ne va pas pouvoir durer.
 
 
Contacts :
Dr Nicole Smolski Présidente d’honneur APH 
Dr Marie-Josée Cortes Membre CA CPH et APH 
Dr Lamia Kerdjana Jeunes Médecins 
Dr Pascale Le Pors, Membre CA AH et APH
Dr Jacques Trévidic Président APH et CPH
Dr Renaud Péquignot Président Avenir Hospitalier 
Dr Emanuel Loeb Président Jeunes Médecins
 

 

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