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Editorial

Du dialogue aux actes…

Faut-il le rappeler ? Avec l’ensemble des soignants, les médecins, pharmaciens, biologistes et odontologistes sont la cheville ouvrière du fonctionnement des hôpitaux publics dont les personnels de direction et administratifs sont les gestionnaires. Ces derniers assurent l’ordonnancement et le bon usage des dépenses au montant fixé par les Pouvoirs Publics.

Chacune à leur place, ces trois entités sont à l’entier service des usagers. Préserver les médecins et soignants est un enjeu majeur pour la santé de nos concitoyens. En appui, viennent, l'administration et,  avec des rôles différents,  des organisations syndicales regroupées en intersyndicales (IS) pour les praticiens, comme Avenir Hospitalier et la CPH, et des associations comme la FHF et les Conférences pour les directeurs et présidents de CME.

Les pouvoirs publics sont à l’interface du dialogue social. Qu’il se grippe et c’est le conflit social : jusqu’à la grève. Ce fut le cas le 26 septembre dernier, à l’appel du SNPHAR-E, soutenu par AH et CPH. Au-delà d’un simple ras-le-bol, la très forte médiatisation de votre mobilisation a exprimé la nécessité d’une réelle écoute de la part du ministère et celle de joindre les actes aux paroles. A défaut de quoi, parler de confiance et d’un pacte qui en porterait le nom, serait vain.

La concrétisation du 26 septembre s’est traduite dans la consolidation de cinq mesures décidées par la ministre depuis un an, puis concertées avec les IS :

  • harmonisation des droits sociaux et d’exercice en début de carrière
  • création d’une prime d’engagement de carrière hospitalière
  • prime d'exercice territorial dans les GHT
  • harmonisation du paiement au tarif de jour du temps de travail additionnel sous forme de gardes ou astreintes opérationnelles. Cette mesure (arrêté du 4 novembre 2016) permet une augmentation de 100 € pour toute période de TTA réalisée en garde sur place ou de 50 € par astreinte déplacée et autorise le maintien de l’indemnité de sujétion, jusqu’à présent déduite de l’indemnité de TTA.
  • valorisation du travail médical réalisé en début de soirée, (arrêté du 4 novembre) qui donnera lieu à une instruction ministérielle. Nous pensons qu’elle peut, non seulement faciliter la reconnaissance d’un travail jusqu’alors statutairement invisible, mais de plus, ouvrir une voie vers la pleine reconnaissance du travail de nuit et de sa pénibilité.

Votre grève a aussi permis la création d’un second montant de l’Indemnité d’Enga­gement de Service Public Exclusif, portée à 700 € pour tout praticien justifiant de la perception de la prime depuis au moins 15 ans et qui s’engagera à poursuivre cette exclusivité.  Cette mesure touche un plus grand nombre de praticiens et plus précocement que le 14ème échelon que nous réclamions.

D’autres textes sont attendus pour rasséréner ceux qui ne bénéficieront pas de cette reconnaissance. Nous vous demandons de ne pas baisser la garde jusqu’à la satisfaction de vos attentes par la traduction réglementaire de mesures d’attractivité cibles. C’est tout le sens de notre signature du protocole d’accord de méthode qui, avec ce nouveau cycle, nous projette à l’horizon de mars 2017 pour le passage de nouveaux textes en Conseil d ‘Etat avant promulgation au J.O.

Si les discussions s’annoncent ardues, nous sommes prêts pour aborder les trois points suivants :

  • valences non cliniques, vrai travail dans la mission du PH pour retrouver une respiration et une autonomie au sein de nos équipes.
  • reconnaissance de l’impact de la garde pour tout le temps que vous y consacrez.
  • application effective de la Directive DETT 88-CE : comme l’exige la Cour de Justice de l’UE. C’est-à dire permettre à tout PH de maîtriser son temps de travail en jour ou en nuit.

De la même façon, seul un dialogue social fructueux pourra forger les outils nécessaires à la mise en œuvre de la stratégie nationale sur la Qualité de Vie au Travail (QVT) annoncée par la ministre le 5 décembre dernier. La QVT doit être conquise au plus près du travail, y-compris par la voix des organisations syndicales dont la culture et la plus-value sociale doivent être reconnues pour mieux se défendre d’organisations génératrices de mal-être. C’est là, un vrai virage culturel à prendre.

Enfin, le socle du recrutement médical des hôpitaux depuis 1984 est le statut de Praticien Hospitalier. Plusieurs programmes électoraux veulent l’abattre, au bénéfice de contrats individuels. À la veille des prochaines échéances électorales majeures pour notre pays, une privatisation sauvage qui livrerait notre système de santé à tous les vents mauvais du profit et de la rentabilité, trouvera, avec vous, au sein des organisations syndicales comme la nôtre, un rempart déterminé.

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Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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