Pénibilité au travail des médecins hospitaliers: Le courrier de la Ministre

Avenir Hospitalier a pris connaissance du courrier que la Ministre vient de faire parvenir aux Intersyndicales.

Nous la remercions de répondre aux attentes fortes des médecins hospitaliers, qui n’auraient pas compris être exclu du dispositif pénibilité adressé aux salariés du privé, notamment pour ce qui concerne le travail de nuit ou en horaires alternants.


Ce courrier comprend un cadrage avec 3 axes :

  • Quels sont les postes exposés à la pénibilité,?
  • Comment prévient-on cette pénibilité?
  • Comment l’accompagner, on peut l'espérer , comment la compenser?

Il comprend également un calendrier, ce qui était attendu également.

Nous sommes prêts à engager la concertation sur ce calendrier et ce cadrage avec la DGOS. Nos propositions sont connues et nous les porterons fortement.

Nous serons vigilants à ce que l’association à ces travaux de la Fédération Hospitalière et des Conférences ne les freine pas, ni ne les dépouille de leur substance, comme ce qui s’est passé par exemple pour le CHSCT qui ne sera jamais ouvert véritablement aux médecins. Nous souhaitons également que la déclinaison de la Loi au secteur privé avance à un rythme suffisant pour que le grave problème de la pénibilité du travail des médecins hospitaliers, cœur du déficit d’attractivité des carrières hospitalières, trouve des solutions concertées rapides.

Nous attendons donc avec impatience le début de la concertation, et tiendrons régulièrement au courant les médecins hospitaliers des vraies intentions des pouvoirs publics. Ce courrier ne doit pas rester une coquille vide.

 

PENIBILITE DU TRAVAIL : LES AVIS SYNDICAUX CONVERGENT, LE MINISTERE DOIT NOUS ENTENDRE

Avenir Hospitalier se félicite des avis convergents sur le besoin de reconnaissance de la pénibilité de notre travail, et sur le besoin urgent d’ouverture de négociations spécifiques sur ce thème.

Urgent car les débats sur la retraite redémarrent à l’Assemblée Nationale, et que pénibilité et retraite sont des thèmes indissociables dans l’actualité.

Urgent, car désormais nul ne peut ignorer les difficultés que rencontrent les hôpitaux pour recruter et garder des médecins en son sein : la reconnaissance de la pénibilité de notre travail est un des piliers de l’attractivité des carrières, notamment pour toutes les spécialités à forte participation à la permanence des soins.

Urgent, car les annonces de dialogue et d’avancées doivent se concrétiser et ne pas rester lettre morte. Les modifications des deux articles sur les astreintes doivent n’être que le premier pas d’une refonte globale de la réglementation sur le temps de travail, avec meilleure prise en compte de la pénibilité et des horaires atypiques.

Le SNPHAR-E, membre fondateur de Avenir Hospitalier, a posé un préavis de grève pour le 28 novembre. Porteur depuis 2010 de la réflexion sur la pénibilité du travail de nuit et en horaires alternants, c’est lui qui a permis par sa constance et son énergie, que ce sujet ne soit pas enterré, et que le thème de la pénibilité soit désormais devenu incontournable et rassembleur.

Avenir Hospitalier soutient ce mouvement, et exige des négociations très rapides pour que des dispositions statutaires spécifiques permettent la reconnaissance de la pénibilité du travail de nuit et en horaires alternants. On ne peut nous opposer une fois de plus la Fonction Publique dont nous ne faisons pas partie, sauf quand ça arrange les pouvoirs publics ! Ou alors nous voulons un taux de remplacement de 75% du dernier salaire lors du départ en retraite !

La réflexion doit être globale, en urgence dans le contexte de réforme des retraites, mais avec en parallèle un travail de fond qui doit reconnaître que les changements au sein de l’hôpital ont eu de lourdes conséquences sur nos vies. Les contraintes de temps qui désormais gouvernent les organisations hospitalières ont trop modifié nos conditions de travail pour que ça ne conduise pas à se pencher sur des statuts rénovés, reconnaissant les pénibilités, permettant leur prévention, des fins de carrière adaptées au bien vieillir à l’hôpital, un décompte du temps de travail adapté avec 5 demi journées par 24H, dont une nouvelle plage de fin de journée ou de début de nuit.

Nous appelons donc à l’ouverture de négociations urgentes, avec un calendrier clair et serré, et un cadrage ne se limitant pas à des propositions de reconversions professionnelles qui ne sont pas la solution. Sans quoi nous envisageons la possibilité d’actions propres à notre Intersyndicale.

LE SERVICE PUBLIC EXCLU DU CONCEPT DE PENIBILITE ? DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Le premier ministre vient de dévoiler les intentions du gouvernement sur la réforme des retraites.

Pour lui, seul le secteur privé aura accès à un Compte Individuel Pénibilité. Que faut-il en conclure ? Que les agents du service public ne travaillent pas aussi dans des conditions pénibles ? Et que fait-il de l’obligation pour le service public du principe de continuité ?

Nous rappelons fermement à Monsieur Ayrault et à ceux qui vont s’inspirer de son message que, notamment dans les hôpitaux, nous exerçons notre mission de service public de jour comme de nuit. Que certains médecins hospitaliers sont en première ligne de l’exposition à la pénibilité du travail de nuit, toute leur carrière, et au détriment de leur santé.
 

Nous n’avons pas à prouver les effets délétères sur la santé du travail de nuit. Nous n’avons pas à prouver le nombre de nuits que nous avons passées la nuit auprès des patients, pour assurer leur prise en charge H24, ni jusqu’à quel âge nous continuons à travailler la nuit : la démographie médicale hospitalière est connue de tous.

Il n’est pas imaginable que nous soyons exclus du dispositif de Compte Individuel Pénibilité. Les médecins hospitaliers « de la nuit » n’ont jamais eu accès à un quelconque dispositif dit de catégorie active. Ils doivent entrer dans ce dispositif.

La retraite est un sujet très sensible pour les PH, qui ont subi très récemment une réforme de leur Caisse leur baissant leur retraite de 30%, et sont désormais obligés de travailler jusqu’à 67 ans de jour et de nuit.

Nous lançons un avertissement très solennel à Mr Ayrault, ainsi qu’à Mme Touraine : si les médecins hospitaliers sont exclus du dispositif pénibilité du travail de nuit, nous appelons à un mouvement de grève très fort. Ils savent que cet appel sera suivi.

 

Lire et transmettre au plus grand nombre le communiqué en pdf

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

----------------------------------------------------------------

Campagne nationale
" Dis Doc', t'as ton doc' ? "  pour faire évoluer le modèle culturel des médecins !

 

Retrouvez toute l'information dans le communiqué de presse (cliquez ici)

www.cfar.org/didoc/ 

 

----------------------------------------------------------------

 
 

  

    La revue AH 8 est en ligne

       Pour lire le sommaire et les articles cliquez ici

Pour télécharger la revue, cliquez ici

----------------------------------------------------------------

     Les annonces de recrutement 
Octobre 2017

      retrouver ces annonces sur le site reseauprosante.fr

 

Les dernières actus

La souffrance au travail

La souffrance au travail, un phénomène social qui n'épargne pas la Justice

 
Dans son article paru dans la revue de l'Union Syndicale des Magistrats (USM), Pascale Loue-Willaume, chargée de mission, aborde la souffrance au travail dans un contexte général. Puis elle se focailise sur la justice, « Pour nous magistrats, on peut même parler de double paradoxe. Comment concilier notre serment, l’engagement professionnel que nous devons avoir d’impartialité, de loyauté avec des objectifs chiffrés qui ne tiennent généralement aucun compte des moyens et au détriment souvent de la qualité de la motivation de nos décisions »… 

« Et que dire des situations que nous rencontrons dans nos unions régionales : des collègues épuisés, qui ne parviennent plus à prendre leurs congés, qui renoncent à leurs formations obligatoires en raison d’un emploi du temps professionnel qui ne leur laisse aucune marge de manoeuvre quand on ne leur demande pas d’assurer eux-mêmes leur remplacement.»« Comment admettre que nous soyons témoins, voire parfois même victimes, de ce que nous sommes statutairement en charge de poursuivre ou de sanctionner ? »
 
Lire la suite...