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La parole au SPH : psychiatrie publique, le temps de la colère

Je marche seul… 

 
Lors du Conseil National ce 27 novembre 2018 nous avons demandé à tous nos représentants syndicaux de présenter le tour de France des mobilisations.
Nous avons mesuré les effets destructeurs sur le dispositif de soins en psychiatrie publique de l’abandon de la politique de secteur, amplifié par les attaques massives sur le plan des moyens alloués par l’État aux soins de santé mentale. 
 
Les mouvements de ruptures idéologiques impactent violemment toutes nos organisations et références. 
Ce mouvement de dé liaison entraine partout des ruptures des réseaux que les équipes avaient mis des années à construire et des replis vers des structures morcelées où les collègues, psychiatres des hôpitaux, se retrouvent de plus en plus seuls.
 
C’est bien l’organisation spécifique associant proximité par des implantations au cœur de la cité et continuité des soins par une même équipe œuvrant dans les différents temps d’un parcours de soins coordonné qui avait permis les avancées majeures de notre discipline en pratiques ambulatoires.
 

Invisibilité 

Agnès Buzyn a annoncé dans sa feuille de route le 28 juin 2018, la « préservation » des financements de la psychiatrie !
Cette annonce du maintien en précarité du parent pauvre de la médecine selon ses termes de janvier, était totalement inacceptable ! 
Préserver le financement ! Mais de quoi parlons-nous ? Quand chacun vit dans son exercice quotidien les effets dévastateurs de mesures d’économie imposées à notre discipline !
Dans son discours « Ma santé 2022 » et ses 54 promesses le Président Macron n’a prononcé qu’une fois le mot psychiatrie et le résultat sur papier est quasiment nul. 
Aucune ligne politique affirmée pour la discipline, une reprise au gout du jour de quelques orientations antérieures et surtout une absence de volonté de répondre avec force à la réalité des besoins de soins.
Les diminutions autoritaires ou les gels des DAF pérennisés par les ARS et les Plans de Retour à l’Equilibre suite à ces déficits organisés ne sont plus acceptables ! 
 

Du besoin de reconnaissance…

Agnès Buzyn avait affirmé en juillet 2017 : "Nous avons un déficit démographique en psychiatres et notamment en pédopsychiatres, c'est une véritable catastrophe pour l'accès au dépistage précoce et la prévention"
Le niveau démographique des psychiatres et de leurs équipes dans le cadre général de la politique d’austérité, est le risque majeur !
Le taux de vacance statutaire continue à progresser au-delà de la moyenne des disciplines avec un taux à 28,7 % pour les PH temps plein et à 49,8C% pour les PH temps partiel.
Pour la psychiatrie c’est un total de 2525 postes de praticiens qui ne sont pas occupés par des titulaires !
Les soignants en psychiatrie souffrent du déni par les pouvoirs publics de l’importance de leur apport à la santé de la population. Cette absence grave de reconnaissance, vécue dans une grande souffrance, s’est transformée en colère dans nombreux établissements et ce mouvement ne fait que s’amplifier. 
À quand un Grenelle de la Psychiatrie ? À quand un plan avec un financement objectif en phase réelle avec les besoins en soins ? À quand des mesures fortes et courageuses ?
 
Marc Betremieux, Président SPH 
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Décembre 2018

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La souffrance au travail, un phénomène social qui n'épargne pas la Justice

 
Dans son article paru dans la revue de l'Union Syndicale des Magistrats (USM), Pascale Loue-Willaume, chargée de mission, aborde la souffrance au travail dans un contexte général. Puis elle se focailise sur la justice, « Pour nous magistrats, on peut même parler de double paradoxe. Comment concilier notre serment, l’engagement professionnel que nous devons avoir d’impartialité, de loyauté avec des objectifs chiffrés qui ne tiennent généralement aucun compte des moyens et au détriment souvent de la qualité de la motivation de nos décisions »… 

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