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Retour d'expérience d'un administrateur d'Avenir Hospitalier candidat aux législatives de juin 2017

Raphaël Briot (MCU-PH de médecine d'urgence et administrateur d'Avenir Hospitalier) a été candidat (France Insoumise) aux élections législatives de juin 2017. Il a été battu (au 2ème tour) par une candidate de « En Marche » .
 
Comment vit-on une campagne électorale en tant que médecin syndiqué ? 
 
L'activité syndicale nous cantonne plus ou moins dans une « neutralité politique ». Cette neutralité est nécessaire pour que l'essentiel du travail syndical que l'on fait pour nos mandants et avec nos collègues administrateurs du syndicat ne soit pas vu comme de l'entrisme pour tel ou tel parti. La majorité des actions syndicales visant à défendre les membres d'un corps professionnel (leurs salaires, leurs conditions de travail, leur retraite) ainsi que la qualité des soins pour nos patients, ne nécessitent pas forcément une unité de vue politique. Néanmoins, cet « égoïsme » professionnel et le consensus (nécessaire) avec les collègues sur les principales revendications et modalités d'action sont quelque part source de frustration si l'on est par ailleurs porteur d'opinion sur les modalités de mise en œuvre de ces revendications, si l'on souhaite des changements dans les priorités budgétaires et dans la vie démocratique du pays. Cet engagement-là dépasse l'action syndicale puisqu'il a volonté à transformer le pays.
Historiquement le mélange des genres entre syndicat et parti politique (par ex  CGT et PCF), n'est pas bien vu, en tous cas chez un même individu.
Il faut donc accepter de « franchir le pas » au risque d'être désormais trop marqué par les collègues de travail, les camarades du syndicat.
Ma décision d'être candidat n'a pas surpris mon entourage tant mes prises de positions ont toujours été proches de la « gauche radicale ».
La campagne en elle-même a été un moment extraordinaire ! Un temps suspendu… J'ai rencontré des gens merveilleux : les militants politiques bien sûr mais aussi les responsables d'associations ou tout simplement les gens qui viennent spontanément vous rencontrer.
 
Quels sont les retours de vos électeurs ?
 
La circonscription sur laquelle je me présentais (3ème circonscription de l'Isère) était tenue historiquement par un « baron » du PS qui se présentait pour la 7ème fois. Depuis 30 ans il avait voté toutes ces lois qui ont petit à petit réduit les acquis sociaux sur les retraites, la loi Macron sur le travail le dimanche, la loi El Komri sur les heures supplémentaires etc … L'avoir battu dès le premier tour et se retrouver en tête des candidats de la gauche pour le second tour sur notre circonscription a été un succès un peu inattendu et très galvanisant. On se sent porteur des espoirs de tous les habitants. Beaucoup de gens sont venus donner un coup de main entre les deux tours pour les distributions de tracts, les collages d'affiches.
Malheureusement, la lassitude électorale, l'abstention (plus de 50 %) et le rouleau compresseur de la machine électorale « En Marche » nous ont fait échouer au 2ème tour.
 
Qu'est-ce que cela vous a apporté en termes d'expérience (vie syndicale, professionnelle, etc...) ?
 
C'est une expérience citoyenne extraordinaire que chacun devrait tenter au moins une fois dans sa vie. Être syndicaliste est plutôt un avantage car les combats syndicaux nous ont rendu pertinents sur bien des sujets, notamment dans la connaissance des processus législatifs. L'habitude de parler en public, de débattre avec des adversaires (pas toujours de bonne foi !) sont aussi des atouts pour un syndicaliste dans ce type d'aventure. D'autres citoyens investis dans la vie associative ont aussi des choses à dire et des projets à porter. C'est en utilisant les forces vives de la société, en limitant les mandats d'élus, en réformant la constitution, que l'on se débarrassera des « politicards » professionnels et que nos concitoyens reprendront le goût du débat public et l'envie de participer à la vie politique (au sens noble) de notre pays.
 
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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