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Les PH et l’avenir hospitalier

Interview de Max-André Doppia Président d’Avenir Hospitalier

Avec l’installation du nouvel exécutif, de nouveaux chantiers s’ouvrent pour les PH. Action Praticiens Hôpital (APH), avec une délégation d’Avenir Hospitalier (AH), notre intersyndicale, conduite par MA Doppia son président, a rencontré Agnès Buzyn, notre ministre de tutelle. Max-André Doppia répond à nos questions.
 
Que retirez-vous de cette rencontre ? 
MA Doppia : Avenir Hospitalier et la CPH, au même titre que les autres organisations, doivent  connaître les projets ministériels en matière de santé et d’hôpital public. Les échanges ont été directs, sans tabou, avec une écoute de qualité. 
Comme les restrictions budgétaires ont réduit les capacités de recrutement et de valorisations salariales pour les hospitaliers, les établissements retrouvent des marges de manœuvre pour leurs investissements matériels, mais au prix d’une dégradation majeure des conditions de travail. 
 
Le management est-il en question ?
M-A D. : Clairement. L’ambiance hospitalière est plombée dans les établissements par des drames humains qui sont les stigmates d’une situation devenue intenable. Les injonctions à produire plus à effectif constant, voire diminué, sont insupportables, malgré les efforts de chacun pour répondre aux besoins. Nos concitoyens reconnaissent les prouesses médicales médiatisées, mais ils sont conscients des graves difficultés de leur hôpital public car ils en subissent les conséquences. Ce n’est pas dénigrer l’hôpital que témoigner de la réalité quotidienne et son impact sur les soins, par des témoignages, des enquêtes, des documentaires.  
 
Comment Agnès Buzyn, PUPH, peut-elle l’ignorer ? Va-t-elle poursuivre la stratégie de qualité de vie au travail ?
M-A D. : Sûrement. Mais en attendant, les acteurs de l’hôpital  doivent opposer une résistance commune à une politique anti-hospitalière. Comment promouvoir l’hôpital et l’attractivité des carrières tout en précarisant les recrutements de ses médecins ? Le recours permanent à l’intérim témoigne de la fragilité du système. Nous avons réaffirmé avec force la nécessité de revoir de fond en comble cette politique délétère.  
 
Par quel moyen lancer une offensive pour défendre les droits des PH ?
M-A D. : Les hôpitaux sont une zone de non-droit syndical pour le corps médical. Les organisations de PH doivent être reconnues comme des partenaires sociaux à part entière. Nous avons posé l'exigence d’une parution rapide du Décret relatif à la création du Conseil supérieur des professions médicales hospitalières (CSPMH) : la Loi de Santé exige la mesure de la représentativité syndicale pour permettre l'allocation de moyens matériels et humains, localement, territorialement et régionalement. Assurer la défense des intérêts des praticiens, n'est pas du ressort des CME, et nous l’avons rappelé à la Ministre. 
 
Les PH sont-ils assez conscients de l’importance d’un syndicat ? 
M-A D. : Assurément non ! Nous avons fait état de l’augmentation considérable des conflits avec l’administration, aboutissant trop souvent à des décisions de retrait pour les PH. L’action syndicale c’est,
  • un : apporter de l’information au PH sur le terrain ; 
  • deux : assurer sa défense lorsqu’il est malmené, ou lorsque des décisions managériales apparaissent dangereuses. D’où notre demande récurrente d’intégrer les CHSCT. 
La plus-value syndicale se fera valoir par l’engagement des hommes et des femmes sur le terrain. Nous avons affirmé qu’un recours en Conseil d'Etat sera formé si le Décret CSPMH n'est pas rapidement publié.
 
Comment rendre visible ce besoin de syndicalisme proche du terrain ? 
M-A D. : Nous refusons le syndicalisme de salon, loin du terrain, pratiqué par certains. Il faut que les PH s’investissent ! Les élections professionnelles approchent. Les PH doivent relever la tête : ils cesseront ainsi de subir, et notre vision du syndicalisme leur sera une aide précieuse. 
Regardez la prime d’engagement dans la carrière hospitalière : de très nombreuses directions refusent de l’attribuer. C’est inacceptable au moment où les contrats précaires sont devenus légion et où l’intérim fait florès. La dérèglementation sauvage des recrutements a été dénoncée, exemples à l’appui. L’accord des 5 Intersyndicales a été rappelé pour que justice soit rendue en créditant la période de 24 H de 5 plages pour permettre le respect de la DE Temps de travail. APH s’est déclarée prête à faire des propositions innovantes dans le respect d’un cadre statutaire que la ministre a dit vouloir préserver. 
Les GHT peuvent être une opportunité et un espace d’investissement pour les PH. Mais il faut construire de vrais projets médicaux partagés et y associer pleinement les équipes au plus près du terrain... 
 
Dans l’immédiat ? 
M-A D. : La ministre a pris note qu’à la création du statut de PH, en 1984, un PH débutant gagnait 4,2 SMIC, aujourd’hui, c’est 2,8 ! La revalorisation salariale est indispensable et nous sommes prêts à discuter de ses modalités. APH refusera de voir les PH lésés par l’augmentation de la CSG, la suppression des cotisations sociales pour l’IRCANTEC en cas de paiement de jours CET, ainsi que la taxation qui se profile sur les contrats de prévoyance conclus par les PH. Ce sera un premier test pour les relations qui s’établiront avec Agnès Buzyn.
 

Avec le soutien du Groupe Pasteur Mutualité

 

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Campagne nationale
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     Les annonces de recrutement 
Juin 2019

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Les dernières actus

Les parlementaires veulent dissuader les médecins de faire carrière à l’hôpital

 
Les sénateurs ont introduit dans le projet de loi de santé un article, validé en Commission mixte paritaire Assemblée nationale / Sénat, qui impose aux praticiens hospitaliers démissionnaires et aux praticiens hospitaliers à temps partiel une clause leur interdisant d’exercer en secteur libéral s’ils rentrent en concurrence avec leur hôpital, avec des critères larges (rayon maximal de 10 km) dont l’appréciation relève du directeur de l’établissement. Les sanctions financières qui sont prévues en cas de non-respect de cette clause sont dissuasives.
 
Cette mesure est catastrophique pour l’attractivité des carrières médicales hospitalières, déjà largement mise à mal depuis de nombreuses années en raison de l’insuffisance des rémunérations et des conditions de travail qui ne cessent de se détériorer. Quel jeune praticien acceptera de s’engager dans le service public si cela conduit à lui mettre des chaînes et ne plus pouvoir repartir dans le secteur privé à moins de déménager ? Il est incroyable que le caractère dissuasif d’une telle mesure n’ait pas été perçu par les parlementaires et le gouvernement. Pire encore, cette mesure touche également les praticiens hospitaliers à temps partiel alors que jusqu’à présent, aucune disposition en ce sens n’a jamais existé. Tout cela conduira certainement à une vague de départ anticipé avant que les décrets d’application ne soient publiés.
 
Comment de telles dispositions ont pu être introduites dans ce projet de loi alors que le Président de la République et tous nos interlocuteurs au Ministère des solidarités et de la santé n’ont cessé de prôner l’exercice mixte public – privé ? Cette clause de non-concurrence, laissée à l’appréciation du directeur de l’établissement, rend l’exercice mixte particulièrement risqué voire impossible. Elle ne défend en rien l’hôpital public mais va décourager les praticiens de venir y travailler. Ils préféreront s’installer d’emblée dans le privé ou faire de l’intérim pour éviter de ne plus pouvoir exercer en libéral s’ils prennent un poste de praticien hospitalier titulaire ou contractuel.
 
Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins appellent les députés et le gouvernement à revenir à la raison en supprimant cet article délétère lors de la lecture du texte de la Commission mixte paritaire à l’Assemblée Nationale le 10 juillet prochain.
 

 

Action Praticiens Hôpital et Jeunes Médecins remportent les élections professionnelles médicales hospitalières !

 
 
Les élections professionnelles qui se sont déroulées du 25 juin au 2 juillet 2019 pour les médecins, pharmaciens et odontologistes hospitaliers ont permis à APH & JM de devenir la première force syndicale représentative chez les Praticiens Hospitaliers titulaires ainsi que chez les Praticiens non titulaires. De plus APH & JM font une entrée remarquée chez les Hospitalo-Universitaires en obtenant plus de 30 % des voix et un siège, qui sera occupée par la seule femme du collège HU du Conseil Supérieur des Professions Médicales, ceci pour leur première participation ! 
 
Nous remercions tous les collègues qui nous ont fait confiance en Métropole et Outre-Mer, et ont choisi les éléments forts de notre programme proposant un statut unique de Praticien Hospitalier avec quotité modulable, davantage de démocratie dans les nominations hospitalières, une remédicalisation de la gouvernance, et une meilleure représentation syndicale dans les Hôpitaux. Ces propositions phares sont issues des résultats de notre consultation via le site LeGrandDebatSante.fr, que nous avions promis de porter et que nous défendons depuis le début du cycle de négociations en cours avec le Ministère de la Santé et des Solidarités. 
 
Bien entendu, les négociations statutaires interrompues au prétexte de la période électorale en cours devront reprendre sans délai, pour parler des rémunérations, des conditions d’exercice, et notamment des garanties sur le respect du temps de travail de tous les praticiens hospitaliers.
 
La confiance que vous nous avez témoignée a été bien placée : nous vous le démontrerons encore plus fort, que ça soit au service du collectif, ou des situations individuelles de collègues en difficultés. APH & JM assumeront ces responsabilités avec fierté et détermination.
 
Contacts :
Jacques Trévidic, Président CPH, Président APH
Renaud Péquignot, Président AH, Vice-président APH
Emanuel Loeb, Président Jeunes Médecins
Marc Bétrémieux, Secrétaire général APH
Raphaël Briot, Trésorier APH
Nicole Smolski, Présidente d'honneur APH
 

CRISE DE L'HÔPITAL ? La vidéo de l'interview de F. Pierru, Docteur en sciences politiques

LIRE LA VIDÉO

Alors que plus de 140 services d’urgences sont en grève et que le mouvement déborde des urgences, APH-JM interroge le sociologue Frédéric Pierru sur les causes racines de l’implosion actuelle du service public hospitalier.

Le mouvement des urgences est le symptôme d’une crise plus générale.

On nous dit «vous êtes désorganisés ». Il répond «votre financement est insuffisant pour assurer vos missions » «le modèle de l’hôpital-entreprise a touché le fond ».
Une vidéo-choc pour arrêter la culpabilisation et réfléchir à un autre modèle, réflexion autour du livre « la casse du siècle »*.

 

LA CASSE DU SIÈCLE : EN SAVOIR PLUS

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